27 avril 2017

Stratégie fédérale contre la violence fondée sur le sexe : Des mesures à coordonner avec les provinces

Montréal, le 27 avril 2017 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue les mesures annoncées hier par la ministre de la Justice du Canada, madame Jody Wilson-Raybould, pour améliorer le traitement judiciaire de la violence…



13 avril 2017

Le gain féministe

Mme Ravary, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale se permet de vous écrire pour rectifier certains faits mentionnés dans votre chronique parue le 13 avril intitulé « L’échec féministe ». Il est vrai que les jeunes…

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1 décembre 2016

Faits saillants sur la violence conjugale

La violence conjugale, un problème répandu

« La forme la plus commune de violence que les femmes subissent partout dans le monde est la violence infligée par un compagnon, violence qui parfois entraîne la mort. […] La violence à l’égard des femmes est lourde de conséquences pour les femmes, leurs enfants et l’ensemble de la société. Les femmes qui sont victimes de la violence ont toute une gamme de problèmes de santé, et leur aptitude à gagner leur vie et à participer à la vie publique s’en trouve diminuée. Leurs enfants sont bien plus exposés à avoir des problèmes de santé, de mauvais résultats scolaires et des troubles de comportement »[1]

De nombreuses victimes à travers le Québec

Selon le ministère de la Sécurité publique :

« En 2014, l’ensemble des services de police du Québec ont enregistré 18 746 infractions contre la personne commises dans un contexte conjugal. Ces infractions représentent le quart de tous les crimes commis envers la personne.

Plus de la moitié de ces infractions concerne des voies de fait de niveau 1[2] (10 588). Dans une moindre mesure, nous trouvons les voies de fait de niveau 2[3] (2 267), les menaces (2 262) et le harcèlement criminel (2 146).

Parmi les crimes les plus graves, notons les homicides (11), les tentatives de meurtre (30) ainsi que les voies de fait de niveau 3[4] (57).

Les femmes sont les principales victimes (78,5 %). Par rapport aux enlèvements et aux homicides, elles représentent 100 % des victimes. Dans des proportions tout aussi considérables, elles sont victimes de séquestration (97,8 %), d’agressions sexuelles (97,2 %), de harcèlement criminel (86 %), de voies de fait graves (82,5 %) et d’intimidation (82,4 %).

Plus du cinquième des victimes a entre 18 et 24 ans (21,5 %) et plus du quart entre 30 et 39 ans (30,4 %). Ce pourcentage tend toutefois à diminuer dans les groupes plus âgés.

Dans 47,1 % des cas, les auteurs présumés sont les conjoints ou conjointes des victimes, tandis que 33,9 % sont les ex-conjoints ou ex-conjointes et 19 % sont les amis ou amies intimes.

Lors de l’infraction, 41,4 % des victimes ont été blessées, 89,7 % ont subi des blessures physiques légères tandis que 2,4 % ont souffert de lésions beaucoup plus sévères. »[5]

Des victimes indirectes

« Selon les données policières, en 2008 : “les événements criminels dans lesquels se sont opposés des partenaires actuels ou passés ont fait 1677 victimes indirectes. Plus du tiers (590) d’entre elles étaient âgées de moins de 18 ans et, parmi celles-ci, la majorité étaient les enfants de l’auteur présumé.[6]” On rapporte également que “Ces jeunes victimes ont principalement subi des voies de fait de niveau 1 (5 sur 10), des menaces (3 sur 10) et des voies de fait de niveau 2 (1 sur 10)”.[7]

Des agressions sous dénoncées

Toutefois, le phénomène serait beaucoup plus répandu. En effet selon Statistique Canada : « en 2009, 22 % des victimes de violence conjugale ont déclaré que la police avait été mise au courant de l’incident, comparativement à 28 % en 2004. Ce recul du taux de signalement s’est produit essentiellement chez les victimes de sexe féminin[8] ».

Les demandes adressées aux maisons d’aide et d’hébergement

En 2014-2015, les 42 maisons membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale ont accueilli 2 885 femmes et 2 177 enfants. Elles ont offert près de 12 000 services externes (consultations sans hébergement ou posthébergement, accompagnement dans les démarches, etc.) à des femmes violentées et ont répondu au total à plus de 49 000 demandes d’aide ou d’information de la part de victimes, de proches ou de professionnels.

Une violence qui a des conséquences importantes

La violence conjugale a des conséquences graves sur la santé des femmes et de leurs enfants.

Femmes Enfants
Santé physique

·       Blessures physiques à la suite d’une agression : ecchymoses, coupures, brûlures, fractures, lésions internes, etc.;

·       Fausses couches à la suite d’une agression;

·       Problèmes chroniques de santé qui demandent de nombreuses consultations médicales, notamment : fatigue générale, maux de tête, problèmes gastro-intestinaux, insomnie, somatisation;

·       Diminution de 20 % de l’espérance de vie en bonne santé chez les femmes violentées de 15 à 44 ans;

·       Décès par meurtre.

Santé psychologique

·       Difficultés sur les plans psychologique et relationnel : colère, peur, prudence accrue, perte de l’estime de soi, angoisse, honte, culpabilité, problèmes dans les relations avec les hommes (85 % des femmes violentées);

·       Séquelles graves : dépression, état de stress post-traumatique, troubles psychotiques, surconsommation de tranquillisants, d’alcool ou de drogues, tentatives de suicide, etc. [9].

Santé physique

·       Blessures lors de l’agression sur la mère;

·       Troubles de l’alimentation, maux de ventre, maux de tête, insomnie, allergie, asthme, etc.;

·       Taux d’accidents avec blessures graves presque trois fois plus élevé, à la maison ou à l’extérieur;

·       Victimisation directe (abus physiques, sexuels, négligence parentale);

·       Décès par meurtre.

Santé psychologique

·       Problèmes intériorisés : troubles de l’anxiété, troubles de l’humeur ou dépression;

·       Problèmes extériorisés (plus fréquents chez les garçons que chez les filles, et cinq fois plus fréquents que pour l’ensemble des autres enfants) : troubles de comportement, agressivité, délinquance, état de stress post-traumatique;

·       Problèmes cognitifs : troubles d’apprentissage, déficit de l’attention;

·       Difficultés dans les habiletés sociales.[10]

Un problème qui coûte cher

Selon une étude non publiée du ministère de la Justice du Canada, les coûts sociaux de la violence conjugale au Canada seraient estimés à 7,4 milliards de dollars. [11]

[1] Nations-Unies (2006). Mettre fin à la violence à l’égard des femmes, Des paroles aux actes, New York, p. 5.

[2] Employer la force contre une autre personne sans son consentement, tenter ou menacer d’employer la force contre une autre personne.

[3] Voies de fait armé ou causant des lésions corporelles.

[4] Aussi appelé voies de fait graves : blesser, mutiler ou défigurer une personne ou encore mettre sa vie en danger.

[5] Ministère de la Sécurité publique (2016), Statistiques 2014 sur les infractions contre la personne commises dans un contexte conjugal au Québec consulté en ligne le 13 novembre 2016 : http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/police/publications-et-statistiques/violence-conjugale/2014.html

[6] Ministère de la Sécurité publique. (2010). La criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec Statistiques 2008, Gouvernement du Québec, p. 4.

[7] Ibid, p. 34.

[8] Ministère de la Justice du Canda, Établir les liens dans les cas de violence familiale : Collaboration entre les systèmes de droit de la famille, de protection de la jeunesse et de justice pénale, consulté en ligne le 13 novembre 2016 : http://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/jp-cj/vf-fv/elcvf-mlfvc/vol2/p1.html#ftn9

[9] Genest, M., Labranche, A., Alarie, F., Godbout, D., Riendeau, L., Hénault, L., Asselin, M. (2003). Rapport du Groupe de travail sur les services offerts aux femmes victimes de violence conjugale et à leurs enfants, Ministère de la Santé et des Services sociaux, Québec, p. 6 à 8.

[10] Genest, M., Labranche, A., Alarie, F., Godbout, D., Riendeau, L., Hénault, L., Asselin, M. (2003). op cit, p. 8

[11] La Presse canadienne Étude – La violence conjugale au Canada coûte des milliards, in Le Devoir, 23 décembre 2012, consulté en ligne le 13 novembre 2016 : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/367041/etude-la-violence-conjugale-au-canada-coute-des-milliards

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