Communiqué de presse

Pour publication immédiate

La Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF)réagit au plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale

 Montréal, le 21 août 2018, La CFVF accueille favorablement les nouvelles mesures visant à informer la population, améliorer les pratiques et adapter les services existants pour répondre aux besoins d’une diversité de femmes violentées vivant différents contextes de vulnérabilité. Le plan réaffirme que l’élimination de la violence conjugale est tributaire d’une plus grande égalité entre les femmes et les hommes. De plus, bien que d’autres mesures à venir aient été annoncées, ce plan s’appliquera aussi aux membres des Premières Nations et aux Inuits. Malgré ces points forts, nous constatons la persistance de plusieurs lacunes dans ce plan d’action 2018-2023 en matière de violence conjugale.

Le financement des services existants en maisons de 2e étape est certes une excellente nouvelle, mais cela ne tient pas compte du fait qu’il faudrait ajouter plus de 30M$ par an à l’enveloppe de 77M$ des maisons d’aide et d’hébergement pour offrir tous les services nécessaires (consultations externes, accompagnement, etc.) à l’ensemble des femmes, notamment aux femmes en situations de handicap, femmes sourdes, femmes immigrantes et racisées, femmes de la diversité sexuelle, femmes ainées, femmes Autochtones, femmes en situation d’itinérance ainsi qu’aux femmes devant composer avec une problématique de santé mentale. Nous constatons avec inquiétude que le plan d’action passe sous silence le plan de développement de nouvelles places en hébergement d’urgence et en 2e étape pour les 5 prochaines années rendu possible par le gouvernement fédéral. Bien que les femmes nécessitant un soutien plus important à l’issue de leur hébergement puissent enfin compter sur les services des maisons de deuxième étape, encore faut-il qu’elles aient d’abord accès aux refuges d’urgence.

De façon plus large, le plan d’action néglige le fait que le sous-financement du réseau de la santé et des services sociaux ne lui permet pas de répondre adéquatement aux besoins des femmes violentées ni de collaborer efficacement avec les ressources spécialisées.  L’exploitation sexuelle, les agressions sexuelles et les autres violences perpétrées envers les femmes font toujours partie des crimes sous dénoncés. Des mesures structurantes auraient dû être incluses au plan d’action, notamment pour donner des dents à l’engagement du gouvernement de réaliser l’analyse différenciée selon les sexes dans le développement des lois et politiques publiques. En ce sens, plusieurs des nouvelles mesures annoncées sont imprécises. Enfin, la Coalition aurait espéré des engagements en vue de modifier les lois qui accentuent les risques de victimisation des femmes (Loi sur la protection de la jeunesse, lois sur l’immigration, Loi sur les Indiens, etc.) et d’appliquer effectivement celles qui les protègent. La violence conjugale engendre des pertes économiques de plusieurs milliards et broie des vies entières. Au cours de la campagne électorale, nous serons là pour rappeler à tous les partis qu’il faut agir.

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La Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF)

La Coalition regroupe une quinzaine de groupes et regroupements œuvrant contre la violence envers les femmes. Leurs membres sont présent.e.s dans toutes les régions du Québec et soutiennent plusieurs dizaines de milliers de femmes annuellement.

Source et info

Yasmina Chouakri

514-504-4400

chouakri@tcri.qc.ca

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