STATISTIQUES
Les statistiques des maisons d'hébergement membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

2006 – 2007

Inspirées de la réalité des femmes victimes de violence et d'une grille d'analyse féministe, les maisons ont développé un ensemble de services inscrits dans une approche globale. L'approche globale se définit ici comme une reconnaissance des femmes et de leurs besoins dans leur entité par opposition à la sectorisation ou au morcellement des services offerts par les institutions.

Ces services tentent donc de répondre aux besoins des femmes et des enfants victimes de violence conjugale et favorisent l'atteinte de l'objectif ultime, soit de leur permettre de retrouver leur dignité et liberté. D'une part, les maisons offriront gratuitement leurs services aux femmes et à leurs enfants : information et référence, accessibilité 24 heures par jour, 7 jours par semaine, accueil et hébergement, soutien, accompagnement, intervention et suivi auprès des femmes et de leurs enfants. Elles leur assurent aussi la confidentialité.

D'autre part, les maisons se doivent d'être présentes à toutes les femmes victimes de violence conjugale, hébergées ou non. C'est pourquoi, elles offrent aussi un service de consultation téléphonique ou de face à face aux femmes non hébergées et à leurs enfants.

De plus, les maisons se doivent de sensibiliser le public, les intervenants et intervenantes ainsi que les élu-e-s à la violence conjugale en vue de faire prendre conscience collectivement de quelle façon les valeurs sociales encouragent et cautionnent la violence faite aux femmes.

Bref, avec relativement peu de moyens financiers, les maisons ont développé une approche alternative qui vise à endiguer le rapport de domination des hommes sur les femmes et ce, en écoutant et respectant les besoins des femmes et enfants victimes de violence conjugale, hébergés ou non, et en participant à des activités de sensibilisation et de prévention.

C'est à partir de ce cadre contextuel que les formulaires des statistiques des maisons ont été conçus. Considérant que les services d'intervention et de sensibilisation ne se délimitent pas dans le temps et sont souvent confondus avec l'ensemble des services, il est plus difficile de les compiler avec justesse. C'est pourquoi seuls les résultats en matière d'hébergement vous seront ici rapportés et interprétés. Pour de plus amples détails sur les services et sur les différences régionales, n'hésitez pas à communiquer avec le Regroupement.

Vous trouverez donc ci-dessous toutes les données illustrant la réalité des femmes et enfants victimes de violence conjugale qui ont recours aux maisons d'hébergement.


 

LES SERVICES D'HÉBERGEMENT

Dans cette section, nous vous rapportons le résultat annuel de la compilation faite par 42 maisons membres.

NOMBRE DE FEMMES ET ENFANTS HÉBERGÉS DURANT L'ANNÉE

RÉSULTAT :2002-2003
(moyenne par maison)
2004-2005
(moyenne par maison)
2005-2006
(moyenne par maison)
2006-2007
(moyenne par maison)
- Femmes2840 femmes 
(72,8 femmes en moyenne)
3146 femmes 
(73,2 femmes en moyenne)
2914 femmes 
(72,9 femmes en moyenne)
2916 femmes 
(69,4 femmes en moyenne)
- Enfants:2555 enfants
(65,5 enfants en moyenne)
2597 enfants
(60,4 enfants en moyenne)
2472 enfants
(61,8 enfants en moyenne)
2396 enfants
(57,1 enfants en moyenne)
DURÉE MOYENNE DE SÉJOUR : 
- Durée moyenne:22,9 jours27 jours24,7 jours25,8 jours

ANALYSE :

Il faut tenir compte dans la moyenne de séjour qu'il y a rarement des séjours qui durent 25,8 jours. C'est une moyenne qui est faite de brefs séjours (2 ou 3 jours) et de longs séjours (environ un mois ou deux). Toutefois, il est fascinant de constater à quel point la durée moyenne a augmenté en 20 ans. En effet, si l'on compare avec les premières années où les maisons compilaient leur statistique, on note une augmentation progressive :

 

  •  
    • 1985-1986 : 12,3 jours
    • 1987-1988 : 16 jours
    • 1988-1989 : 17 jours
    • 1996-1997 : 21,9 jours
    • 2000-2001 : 22,5 jours
    • 2001-2002 : 21,8 jours
    • 2002-2003 : 22,9 jours
    • 2004-2005 : 27 jours
    • 2005-2006 : 24,7 jours
    • 2006-2007 : 25,8 jours

Comment expliquer cette progression ? De façon générale, les maisons l'expliquent par le fait que les démarches auprès des institutions sont de plus en plus longues : pour un mandat de l'aide juridique, pour des mesures provisoires quant à la garde des enfants, pour les formalités de l'immigration, etc. Une autre explication est la pauvreté grandissante des femmes qui viennent en hébergement et qui sont sur l'aide sociale de sorte qu'elles doivent retarder le moment du départ de la ressource de façon à amasser le plus d'argent possible pour être en mesure de se réinstaller dans un nouvel appartement (achat de meubles, dépôt du premier loyer, etc.). On pourrait aussi parler de la difficulté à trouver des logements à prix raisonnable en raison de la discrimination que vivent les femmes assistées sociales et les femmes immigrantes ou simplement la pénurie de logements dans les grandes villes.

Une des répercussions de l'augmentation de la durée moyenne des séjours est bien évidemment la diminution du nombre de personnes hébergées. Plus les familles restent longtemps et moins il y aura de familles hébergées durant l'année.

 

  •  
    • 1987-1988 : 99 femmes et 91 enfants
    • 1996-1997 : 82,7 femmes et 78,9 enfants
    • 2001-2002 : 77 femmes et 69,3 enfants
    • 2002-2003 : 72,8 femmes et 65,5 enfants
    • 2004-2005 : 73,2 femmes et 60,4 enfants
    • 2005-2006 : 72,9 femmes et 61,8 enfants
    • 2006-2007 : 69,4 femmes et 57,1 enfants

 


TAUX D'OCCUPATION DES LITS :

DÉFINITION :

C'est le calcul du nombre de jours dont les lits furent occupés durant l'année par rapport au nombre maximal de jours où ils auraient pu l'être, pour 42 maisons.

RÉSULTAT :

TAUX D'OCCUPATION :2002-20032004-20052005-20062006-2007
74,2 %81 %75,8 %72,1 %

ANALYSE :

Le taux d'occupation des lits est le seul critère actuellement reconnu par le ministère de la Santé et des Services Sociaux pour évaluer le rendement des maisons. Par contre, ces dernières n'entassent pas les femmes et enfants dans des dortoirs sans égard à l'intimité familiale. Au contraire, elles sont des ressources à caractère familial où l'on attribue habituellement une chambre par famille. Dans ce contexte, il arrive souvent par exemple qu'une chambre de trois lits soit occupée par une mère et son enfant, laissant ainsi un lit vacant tout au long de leur séjour, question de préserver leur intimité familiale. Avec des statistiques basées sur les lits, cette chambre serait occupée à 66 % alors que dans les faits, elle l'est à 100 %. Par conséquent, un taux d'occupation des lits à 72,1 % nous indique un taux d'occupation réel (basé sur l'occupation des chambres) certainement très élevé.

Quant à l'évolution du taux d'occupation des lits, on constate qu'il est relativement stable. De 71 % en 1987-88 et 72 % en 1988-89, il a passé à 77 % en 1997-98. En 2006-2007, il est de 72,1 %.

Bref, avec un taux d'occupation des lits de 72 %, on peut soutenir que les maisons hébergent à pleine capacité avec une moyenne de 69,4 femmes et 57,1 enfants par maison par année pour une durée moyenne de 25,8 jours par famille.



SERVICES RENDUS DE CONSULTATION EXTERNE

Dans cette section, nous rapportons le résultat annuel de la compilation faite par 39 maisons. En plus des services rattachés à l'hébergement, les maisons offrent aux femmes de leur communauté un service de consultation. Cette relation d'aide peut se faire par téléphone ou lors d'une rencontre avec une intervenante. Certaines femmes vont d'abord rechercher de l'aide et des conseils concernant leur situation; elles veulent parler à une personne habilitée à la comprendre. En 2006-2007, les maisons ont répondu à 37 518 demandes, soit environ 962 demandes par maison.


MOTIFS DE CONSULTATION
 2004-20052005-20062006-2007
Violence physique22,7 %22,1 %19,7 %
Violence psychologique39,3 %43,5 %40,7 %
Violence verbale7,7 %7,9 %9,8 %
Harcèlement5,8 %5,7 %6,8 %
Violence sexuelle2,9 %2,1 %2,1 %
Violence économique1,8 %1,6 %2,4 %
Problématique autre20,6 %17,2 %18,5 %

LES FEMMES ET ENFANTS HÉBERGÉS

Les maisons d'hébergement ont pris conscience depuis longtemps qu'aucune femme n'est à l'abri de la violence conjugale quelque soit son statut, sa nationalité, son âge, etc. De ce fait, il ne peut exister un profil-type de la femme victime de violence.

Il n'est donc pas question de tracer ici un portrait de la femme victime de violence conjugale mais bien de recueillir certaines informations sur les femmes et les enfants qui sont venus en maison d'hébergement durant l'année 2006-2007.

Ces données sont présentées par des résultats en pourcentage, spécifiant le nombre de maisons ayant répondu à chaque catégorie. Il est à noter que pour l'analyse, les pourcentages sont répartis de façon à exclure les catégories suivantes : ne s'applique pas, inconnue et autres. Ce qui explique que dans les résultats, vous trouverez parfois un pourcentage différent de celui qui apparaît dans l'analyse.


 

NOMBRE DE FOIS QUE LES FEMMES ONT ÉTÉ HÉBERGÉES EN MAISON

RÉSULTATPour 38 maisons
2002-2003
Pour 43 maisons 
2004-2005
Pour 40 maisons 
2005-2006
Pour 40 maisons 
2006-2007
Première fois50,7 %53,8 %53,7 %50,5 %
Deuxième fois23,4 %21,7 %22 %25,7 %
Troisième fois et plus21,7 %21,1 %22,6 %20,7 %
Inconnu4,2 %3,4 %1,7 %3,1 %
TOTAL100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

Si l'on compare avec les années précédentes, on remarque peu de fluctuation dans le nombre de femmes qui en sont à leur premier séjour. Toutefois, si on compare voilà deux décennies, on remarque une tendance à la baisse : de 62 % en 1987-88, nous avons 50,5 % en 2006-2007. Ces résultats rappellent d'une part que les maisons existent depuis plus de 25 ans et que le nombre de femmes déjà hébergées augmente nécessairement d'année en année. D'autre part, cela confirme que certaines femmes sont inscrites dans un cycle qui rend la rupture difficile; c'est pourquoi très souvent, on constate que celles-ci doivent s'y prendre à plusieurs reprises.

Avant de rompre définitivement, les femmes peuvent vivre différents sentiments ambivalents provoqués entre autres par la phase de rémission du cycle de la violence (la lune de miel) ainsi que par la pression de l'entourage et le déni des agressions subies. Ainsi, l'espoir que le conjoint change, l'ambivalence, l'impression de ne pas pouvoir vivre seule ou dans la pauvreté avec ses enfants, la peur du harcèlement ou du rapt d'enfant, le sentiment d'échec face à sa vie conjugale, l'impression de n'avoir aucune valeur personnelle, l'isolement social, les démarches à faire, etc. toutes des raisons qui expliquent une rupture graduelle et qui feront que le nombre d'hébergement nécessaire pour en arriver à une rupture définitive ne se limitera pas à un seul. D'autres femmes évalueront par contre que la situation serait moins dangereuse pour elles et leurs enfants en retournant vivre avec leur conjoint violent. On sait que les homicides conjugaux sont exercés pour la plupart suite à des ruptures définitives.

Les maisons connaissent et comprennent cette situation; c'est pourquoi elles donnent la possibilité aux femmes de vivre plusieurs hébergements sans aucun jugement de leur part, percevant ces demandes comme faisant partie du cheminement vers l'autonomie à partir duquel chaque séjour consolide les acquis.



MOTIF D'HÉBERGEMENT

RÉSULTAT :
Les choix de motifs sont:
37 maisons en 2002-200339 maisons en 2004-200538 maisons en 2005-200640 maisons en 2006-2007
Violence physique39,3 %37,2 %35,2 %41,4 %
Violence psychologique37 %38,7 %39,9 %35,7 %
Violence verbale (menace)9,8 %10,5 %10,4 %9,3 %
Harcèlement3,5 %3,5 %3,7 %3,5 %
Violence sexuelle en milieu conjugal1,5 %2,3 %1,8 %1,1 %
Violence économique1,2 %1 %1,4 %1,4 %
Problématique autre7,8 %6,9 %7,6 %7,2 %
Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE:

Ces résultats confirment de façon explicite le rôle des maisons face à la violence conjugale. Les maisons répondent à leur mission puisque les femmes leur reconnaissent cette compétence. 92,8 % demandent et obtiennent un hébergement pour violence conjugale. Le 7,2 % indique une fois de plus qu'il existe d'autres besoins qui ne sont pas comblés par les autres ressources.



SOURCE DE RÉFÉRENCE

RÉSULTAT38 maisons
en 2002-2003
43 maisons
en 2004-2005
39 maisons
en 2005-2006
40 maisons
en 2006-2007
SOS Violence conjugale7,1 %8,3 %7,8 %8,9 %
Services sociaux CPEJ et CLSC14,3 %14,6 %14,6 %15,9 %
Services médicaux3,8 %3,6 %4,3 %3,1 %
Services légaux1,2 %1,4 %1,4 %1,1 %
Services policiers12  %11,3 %12,8 %13,1 %
Ressource pour femmes8,1 %9,1 %9,4 %9,3 %
Elle-même27,4 %23 %25,2 %26 %
Une ancienne résidente3,9 %5,7 %3,7 %2,2 %
Parent ou ami(e)11 %11,1 %11,8 %10,4 %
Organisme communautaire5,1 %4,5 %4,4 %4,1 %
Média0,8 %1,3 %1 %0,8 %
Autre2,2 %2,5 %1,8 %1,7 %
Inconnue3,1 %3,7 %1,7 %3,3 %
Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE:

Ces statistiques confirment le lien qui peut être fait entre la reconnaissance de la maison par le milieu et la référence. Il ressort de ces résultats la force de l'auto-dépistage des femmes. En effet, 57,6 % (SOS, Ressources pour femmes, Elle-même, Ancienne résidente, Parent ou ami(e), Média) proviennent de l'initiative des femmes elles-mêmes contrairement aux références de la part des organismes qui s'élèvent à 42,4 % (Services sociaux, Médicaux, Légaux, Policiers et Communautaires).


 

ÂGE DES FEMMES HÉBERGÉES

RÉSULTAT38 maisons 
en 2002-2003
43 maisons 
en 2004-2005
40 maisons 
en 2005-2006
40 maisons 
en 2006-2007
Moins de 18 ans0,5 %1,2 %0,4 %0,4 %
18 à 30 ans31,4 %29,3 %31,5 %31 %
31 à 40 ans32,5 %33 %32 %30,2 %
41 à 50 ans22,8 %21,5 %23,3 %23,7 %
51 à 60 ans7,7 %8 %8,6 %10,1 %
61 ans et plus2,5 %3 %2,3 %2,5 %
Inconnu2,5 %4 %1,9 %2,1 %
Total100 %100 %100 %100 %


ÂGE DES ENFANTS HÉBERGÉS

RÉSULTAT :36 maisons 
en 2002-2003
40 maisons 
en 2004-2005
37 maisons 
en 2005-2006
37 maisons 
en 2006-2007
Fille
Garçon
Fille
Garçon
Fille
Garçon
Fille
Garçon
Moins de 1 an
9,2 %
9,4 %
8,8 %
11,7 %
10,4 %
11,1 %
8,9 %
10,2 %
1 à 6 ans
34,4 %
39,8 %
37,7 %
34,5 %
36,9 %
38,5 %
39,9 %
39,2 %
7 à 12 ans
39,5 %
38,7 %
33,6 %
41,4 %
33,1 %
34,6 %
34,7 %
37 %
13 à 17 ans
14,7 %
10,6 %
16,6 %
10,2 %
16,9 %
14,1 %
15,2 %
11,9 %
18 ans et plus
0,8 %
0,3 %
0,9 %
0,2 %
1,6 %
0,8 %
0,6 %
0,3 %
Inconnu
1,4 %
1,2 %
2,4 %
2,1 %
1,1 %
0,9 %
0,8 %
1,4 %
TOTAL :
100 %
100 %
100 %
100 %
100 %
100 %
100 %
100 %

ANALYSE :

Le fait que quelques 85% des enfants aient 12 ans implique des démarches spécifiques à entreprendre : changement d'école, planification du transport scolaire, organisation des droits de garde, etc.



LIEN AVEC LE CONJOINT VIOLENT

RÉSULTAT38 maisons 
en 2002-2003
42 maisons 
en 2004-2005
40 maisons 
en 2005-2006
40 maisons 
en 2006-2007
 
- De mariage24,3 %23,8 %19,6 %20,7 %
Cette catégorie réfère au fait qu'au moment de son admission, elle est mariée ou en voie de séparation ou de divorce. Le lien qui la rattache à son conjoint relève principalement du fait qu'elle est mariée avec lui.
 
- D'union de fait50 %50,8 %55,7 %55 %
Cette catégorie réfère au fait qu'au moment de son admission, sans être mariée, elle vit avec le conjoint violent; elle partage avec lui un logement ou une maison. Le lien qui la rattache à son conjoint relève principalement du fait qu'elle est sa conjointe.
 
- De relation passée (ex-conjoint)6,4 %5,2 %6,5 %6,5 %
Cette catégorie réfère au fait qu'au moment de son admission, la violence persiste ou resurgit alors qu'il y a déjà eu rupture par le passé de la relation "amoureuse". Par exemple, du harcèlement exercé sous prétexte d'une responsabilité parentale qui les unit encore.
 
- De fréquentation8 %7,8 %8,3 %8,4 %
Cette catégorie réfère au fait qu'au moment de son admission, elle fréquente le conjoint violent sans vivre avec lui. Le lien qui la rattache au conjoint violent relève du fait qu'elle est son amoureuse.
 
- Ne s'applique pas5,7 %6,8 %6,3 %5,7 %
Cette catégorie réfère au fait qu'au moment de son admission, elle n'a pas de conjoint violent, donc cette section ne s'applique pas à elle.
 
- Autre1,4 %2,2 %1,7 %1,8 %
Cette catégorie réfère au fait qu'au moment de son admission, elle a un lien de violence autre que conjugal, l'agresseur n'étant pas son conjoint mais par exemple un voisin, le propriétaire, un frère, etc.
 
- Inconnu4,1 %3,4 %1,9 %1,9 %
 
- Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

75,7 % des femmes hébergées pour violence conjugale vivaient avec le conjoint violent alors que 14,9 % ne vivaient pas avec lui. On peut donc supposer que parmi les femmes hébergées, près d'une femme sur cinq ne vit pas avec son agresseur et pourtant, ne se sent pas plus en sécurité dans sa propre demeure .


DURÉE DE L'UNION

RÉSULTAT38 maisons 
en 2002-2003
43 maisons 
en 2004-2005
40 maisons 
en 2005-2006
40 maisons 
en 2006-2007
Moins de 1 an13,9 %13,8 %14,6 %14,7 %
1 à 5 ans33,9 %35,8 %37,7 %36,9 %
6 à 10 ans15,1 %15,1 %15,2 %15,8 %
11 à 15 ans9.7 %7,4 %8,1 %8,6 %
16 à 20 ans4,9 %5,1 %4,8 %4,7 %
21 ans et plus10 %9,6 %8,2 %9 %
Ne s'applique pas7,8 %8,8 %8,2 %6,9 %
Inconnue4,6 %4,5 %3,2 %3,3 %
Total:100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

Si l'on fait abstraction du nombre qui paraît dans les cases : ne s'applique pas, et inconnue, on retrouve plus de 16 % des femmes qui vont en hébergement dans la première année de leur union, 58 % des femmes dans les 5 premières années de l'union et 75 % dans les 10 premières années. Chiffres éloquents quant à la diminution de la tolérance des femmes à la violence conjugale. En effet, la majorité des femmes ne tolère plus aussi longtemps la violence et ceci, sans doute grâce à l'existence des ressources et à la dénonciation publique de la violence conjugale.

Toutefois, si l'on compare avec des données antérieures, on peut constater sans peine que la tolérance des femmes s'abaisse de plus en plus.

 1987-19882002-20032004-20052005-20062006-2007
Dans la première année10 %16 %16 %16 %16 %
Dans les 5 premières années44 %55 %57 %58 %58 %
Dans les 10 premières années66 %72 %75 %75 %75 %

Voilà de quoi encourager le mouvement des maisons à poursuivre son travail pour que les femmes victimes de violence conjugale connaissent leurs droits et l'existence des ressources !



NIVEAU DE SCOLARITÉ OBTENU PAR LES FEMMES HÉBERGÉES

RÉSULTAT38 maisons 
en 2002-2003
40 maisons 
en 2004-2005
40 maisons 
en 2005-2006
40 maisons 
en 2006-2007
- Aucun niveau complété3,6 %2,6 %1,9 %1,1 %
- Primaire28,5 %23,9 %32,4 %25,1 %
- Secondaire37,1 %37,9 %35,6 %38,5 %
- Collégial (CEGEP)11,1 %10,9 %11,1 %12,2 %
- Universitaire6,4 %7,9 %5,7 %6,5 %
- Formation professionnelle4,6 %5,7 %6 %7,7 %
- Inconnue8,7 %11,1 %7,3 %9 %
Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

Ces résultats nous démontrent que les femmes victimes de violence conjugale qui viennent en hébergement sont relativement peu scolarisées par rapport à la moyenne des femmes québécoises. (voir le tableau comparatif ci-dessous)

 Femmes du Québec (1)Femmes hébergées
2002-2003
Femmes hébergées
2004-2005
Femmes hébergées
2005-2006
Femmes hébergées
2006-2007
Moins d'une 9e année
15,9 %
35 %
30 %
37 %
26 %
9e année à la 13e année
34,1 %
41 %
43 %
38 %
38 %
Études post-secondaires partielles*
36,7 %
17 %
19 %
18 %
20 %
Grade universitaire**
13,3 %
7 %
8 %
6 %
6 %

* Études post-secondaires partielles comprend : certificat ou diplôme d'une école de métiers, études collégiales, études universitaires sans baccalauréat ou diplôme supérieur.

** Grade universitaire comprend : baccalauréat, certificat ou diplôme supérieur au baccalauréat, maîtrise et doctorat.

(1) Statistique Canada. Recensement 2001. Compilations spéciales préparées pour le Conseil du statut de la femme, Institut de la statistique du Québec, mai 2003.



LIEU DE NAISSANCE DES FEMMES HÉBERGÉES

RÉSULTAT38 maisons en 2002-200343 maisons en 2004-200540 maisons en 2005-200640 maisons en 2006-2007
Québec83,2 %77,3 %81,8 %77,6 %
Ailleurs au Canada2,9 %2,7 %3,1 %3,1 %
États-Unis0,5 %1 %0,1 %0,3 %
Amérique du Nord (autochtone)5,7 %5,5 %6,8 %7,6 %
Europe1,6 %1,8 %1,8 %1,3 %
Asie 0,8 %1,5 %1 %1,2 %
Afrique0,8 %3,6 %1,8 %2,2 %
Amérique du Sud 1,3 %1,7 %1,3 %2,1 %
Amérique Centrale0,2 %0,5 %0,7 %0,5 %
Antilles/Caraïbes0,5 %1,4 %0,5 %1,2 %
Océanie0,5 %0,4 %0,3 %0,7 %
Inconnu2 %2,7 %0,8 %2,2 %
Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

Si on avait présenté ces statistiques au niveau régional, on aurait pu constater que l'hébergement des femmes immigrantes se fait principalement dans les grandes villes (Montréal et Québec), là où s'installent généralement les immigrants et là où se trouvent les maisons d'hébergement pour femmes immigrantes. On aurait pu voir aussi que les femmes amérindiennes vivent principalement en région.

Ces statistiques mettent en évidence le fait que la violence conjugale dépasse les frontières et les cultures. Elle n'est ni pire, ni mieux ailleurs !

Toutefois, pour une femme immigrante au Québec, la situation peut être encore plus complexe. En effet, comment quitter un conjoint violent quand c'est lui qui exerce les droits de parrainage sur elle ? Quand elle est profondément isolée du fait qu'elle ne connaît pas les lois du pays, ni la langue, le fonctionnement des institutions ou les démarches ? C'est pour répondre à leurs besoins spécifiques que se sont implantées des maisons d'hébergement pour femmes immigrantes.



REVENU FAMILIAL ANNUEL

RÉSULTAT37 maisons en 2002-200343 maisons en 2004-200543 maisons en 2005-200639 maisons en 2006-2007
Moins de 10 000 $33,7 %34,1 %35,4 %33,6 %
Entre 10 000 $ et 20 000 $23,1 %20,6 %22,5 %22,5 %
Entre 20 000 $ et 30 000 $12,7 %11,4 %11,2 %13,4 %
Entre 30 000 $ et 50 000 $11,5 %10,6 %9,8 %9,3 %
50 000 $ et plus 5,1 %5,9 %6,7 %6,8 %
Inconnu 14 %17,4 %14,4 %14,5 %
Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

Quand 56 % des femmes ont un revenu inférieur à 20 000 $ et 116,1 % supérieur à 30 000$, il est aisé de parler de la grande pauvreté des femmes hébergées et de leurs enfants (et non pas des femmes victimes de violence conjugale en général). Par contre, il est notable que la pauvreté des femmes hébergées n'est pas nécessairement en chute libre. En effet, si l'on se reporte aux chiffres de 1988-89, on constate qu'il y avait seulement 1 % de femmes ayant un revenu de plus de 50 000 $ contrairement à 6 % en 2006-2007. On note aussi qu'il y avait 75 % des femmes qui avaient un revenu familial en dessous de 20 000 $, contrairement à 63% en 2000-2001 et 56 % en 2006-2007. Toutefois, en raison de l'augmentation du coût de la vie, ce 20 000 $ vaut moins qu'il ne valait. De plus, ce revenu est familial et nécessairement il changera après le séjour des femmes en maison, comme quoi se soustraire de la violence n'est en rien une démarche rentable financièrement.



PRINCIPALE SOURCE DE REVENU DES FEMMES
À L'ARRIVÉE ET AU DÉPART DE LA MAISON D'HÉBERGEMENT


RÉSULTAT 
À SON ARRIVÉE
38 maisons en 2002-200343 maisons en 2004-200540 maisons en 2005-200640 maisons en 2006-2007
- Travail17,3 %18,7 %18,6 %19,3 %
- Assurance-emploi7,4 %7,8 %7,8 %6,7 %
- Aide sociale40,3 %39,9 %42,4 %40,5 %
- Revenu du conjoint17 %13 %11,9 %11 %
- Pension alimentaire1,4 %1 %1,1 %1 %
- Autre8,4 %8,2 %9,2 %11,6 %
- Aucune3,2 %4,5 %4,2 %5 %
- Inconnue4,9 %7 %4,8 %5 %
Total100 %100 %100 %100 %

RÉSULTAT 
À SON DÉPART
38 maisons en 2002-200343 maisons en 2004-200540 maisons en 2005-200640 maisons en 2006-2007
- Travail16 %16,6 %16,7 %18 %
- Assurance-emploi8,8 %7,1 %7,5 %7,6 %
- Aide sociale46,5 %48,1 %49,4 %45,7 %
- Revenu du conjoint8,5 %6,5 %5 %5 %
- Pension alimentaire2 %1,1 %1,1 %0,9 %
- Autre8,5 %7,3 %8 %10,3 %
- Aucune2,4 %2,6 %2,4 %3,2 %
- Inconnue7,4 %10,8 %9,9 %9,4 %
Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

  • Que laisser un conjoint violent appauvrit les femmes : de 40,5 % des femmes qui sont sur l'aide sociale avant leur séjour en maison, elles passent à 45,7 % à leur départ : 5 % des femmes s'ajoutent à l'aide sociale ;
  • Que laisser un conjoint violent appauvrit les femmes : de 39,9 % des femmes qui sont sur l'aide sociale avant leur séjour en maison, elles passent à 48,1 % à leur départ : 8,2 % des femmes s'ajoutent à l'aide sociale (alors que c'était 6,2 % en 2002-2003);
  • Que 46 % des femmes sont à un deuxième ou troisième séjour en maison; elles se sont donc déjà appauvries;
  • Qu'une femme hébergée n'est pas nécessairement à l'image de toutes les femmes victimes de violence. Il est probable qu'une femme provenant d'un milieu aisé n'utilise pas les mêmes ressources que les autres femmes à cause du statut social à maintenir et la honte de se trouver dans un milieu dit inférieur.

Par conséquent, tout nous indique que ce n'est pas la violence conjugale qui est le lot des pauvres, mais plutôt l'inverse : c'est en effet la pauvreté qui attend les femmes victimes de violence voulant s'en soustraire : 1,3 % des femmes perdent leur emploi, 6 % ne vivent plus du salaire du conjoint, 5 % de plus s'inscrivent à l'aide sociale.



SITUATION FAMILIALE AU DÉPART DE LA MAISON D'HÉBERGEMENT

RÉSULTAT38 maisons en 2002-200343 maisons en 2004-200540 maisons en 2005-200640 maisons en 2006-2007
Retour avec le conjoint violent
- Femme seule10,5 %10,8 %10,5 %10,5 %
- Femme sans ses enfants1,2 %1,2 %1,3 %1,3 %
- Femme avec ses enfants13 %12,1 %11,7 %11,7 %
Réinstallation sans le conjoint violent 
- Femme seule23,3 %22,9 %26,3 %26,4 %
- Femme sans ses enfants4,7 %3,8 %3,5 %3,5 %
- Femme avec ses enfants24,5 %26,8 %27,5 %27,5 %
 
- Autre8,7 %6,8 %5 %5 %
- Ne s'applique pas5,2 %6,2 %5,2 %5,2 %
- Inconnue8,8 %9,2 %8,9 %8,9 %
Total100 %100 %100 %100 %

ANALYSE :

On peut constater que le quart des femmes hébergées pour raison de violence retournent avec le conjoint alors que près des deux tiers ou plus de la moitié le quittent. Avec le temps, il semble que les femmes partent de plus en plus seules sans le conjoint. Si l'on compare avec 1987-88, plus de femmes retournaient avec leur conjoint (39 %).

Il est évident que l'orientation au départ ne nous informe que d'une seule chose: là où se trouvera la femme aussitôt après son départ de la maison d'hébergement. Rien ne nous dit que la situation sera la même deux mois plus tard; certaines pourraient en effet décider de retourner avec leur conjoint après avoir vécu quelques mois seules en appartement, tout comme elles pourraient décider de le quitter à nouveau après être retournées avec lui. Par contre, si l'on considère que plus de femmes en sont à un deuxième ou troisième séjour, il est compréhensible qu'il y ait plus de femmes qui quittent leur conjoint. (Voir Nombre d'hébergement).



ACTIVITÉS D'ÉDUCATION DANS LE MILIEU

Les maisons sont actives dans leur milieu d'appartenance. Elles sont souvent appelées à donner des conférences ou des formations sur la violence conjugale dans divers milieux (écoles, clsc, etc). Elles sont aussi présentes dans des structures de concertations sur le plan local et régional ; ces concertations ont pour but de mettre en commun les connaissances, les objectifs et les actions pour lutter contre la violence conjugale.

En 2006-2007, 38 maisons ont réalisé 5 733 activités d'éducation, pour une moyenne de 151 par maison, alors que 38 maisons ont participé en moyenne à 37 activités de concertation.