30 mai 2017

La survie des organismes communautaires menacée

Partout à travers le Québec, les organismes communautaires autonomes en santé et services sociaux (OCASSS), incluant les membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, participent à un die-in devant les bureaux de leurs députéEs provinciaux.



15 mai 2017

Arrêtons l’extradition de madame M. M.

[Appel à l’action] Depuis 2011, une femme victime de violence conjugale est menacée d’extradition pour avoir voulu protéger ses enfants. Malgré les nombreuses demandes du Regroupement, la ministre de la Justice refuse toujours d’exercer son pouvoir discrétionnaire pour mettre fin au processus d’extradition.

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Un peu d’histoire…

Au Québec, jusqu’aux années 1970, la vaste majorité des femmes vivaient en silence la violence exercée par leur conjoint.

Les coups, les injures, les mauvais traitements psychologiques, les abus sexuels étaient subis par les femmes dans l’indifférence la plus totale de la part de la société.

La femme ne se mariait-elle pas pour le meilleur et pour le pire ?

L’Église et l’entourage familial incitaient d’ailleurs fortement les femmes à endurer leurs maux : «Prends ton mal en patience, pense à tes enfants» ou encore «L’enfer est ici-bas mais ta persévérance sera récompensée» .

Terrorisées, isolées, des femmes ont supporté ces situations de violence avec résignation.

Elles croyaient sans doute atteindre un jour l’idéal familial, espérant que leur conjoint allait changer; ou alors elles se sentaient responsables, elles avaient dû forcément faire quelque chose pour déclencher tout ça.

Les douleurs psychologiques, morales et physiques causaient des torts irréparables.

Des femmes se retrouvaient dans les asiles psychiatriques. Les dossiers des patientes en milieu psychiatrique de l’époque démontrent un nombre effarant de problèmes dont la source remonte à la violence conjugale ou familiale subie. Certaines, en désespoir de cause, quittaient le domicile conjugal au prix de l’abandon de leurs enfants et du reniement de leur entourage.

Dans les cas extrêmes, des femmes étaient assassinées par leur conjoint.

La cause réelle de leur décès était souvent camouflée. Des déclarations telles que «elle était folle et voulait l’attaquer, il s’est défendu et l’a tuée», servaient à la défense du conjoint. Pour s’innocenter, le mari accusait sa femme d’avoir agi de manière à lui faire perdre le contrôle.

La violence conjugale, en 1986, n’appartenait plus au domaine privé, elle concernant la société québécoise, elle était reconnue comme un crime.

Puis, au milieu des années 70, des femmes et des groupes de femmes issues de différents milieux ont décidé de briser le silence et de dénoncer publiquement la violence conjugale.

Leur engagement et leur ténacité menèrent, en 1986, à la judiciarisation des actes commis dans le cadre d’une relation conjugale. Désormais, la violence conjugale n’appartenait plus au domaine du privé, elle concernait l’ensemble de la société québécoise, elle était reconnue comme un crime. La Politique d’intervention en matière de violence conjugale du gouvernement du Québec, parue en 1995, dans la continuité des années précédentes, interpellait l’ensemble des actrices et acteurs sociaux, les invitant à poser des actions concertées.

NAISSANCE D’UN RÉSEAU DE MAISONS D’HÉBERGEMENT

Les deux premières maisons d’hébergement pour femmes en difficulté du Québec ouvrent leurs portes en 1975

Les deux premières maisons d’hébergement pour femmes en difficulté du Québec ouvrent leurs portes en 1975 : l’Auberge Transition de Montréal, jadis associée au Y des femmes, et Carrefour pour Elle de Longueuil. Les années suivantes voient la mise sur pied de cinq autres maisons et l’éclosion de plusieurs projets d’hébergement inspirés du modèle communautaire britannique décrit par Erin Pizzey dans «Crie moins fort les voisins vont t’entendre».

En février 1979, toutes les maisons d’hébergement existantes se réunissent une première fois pour discuter du financement des maisons et échanger sur leur fonctionnement, leurs besoins de formation, le développement de nouvelles ressources, etc. C’est ainsi que le Regroupement provincial des maisons d’hébergement pour femmes en difficulté voit le jour.

Au fil de l’évolution, les maisons préciseront leur mission pour s’adresser spécifiquement aux femmes victimes de violence conjugale. C’est pourquoi, à partir de 1982, le Regroupement change son nom pour le Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence. En 1988, le terme «conjugale» s’ajoute au nom devenant ainsi le Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale. Trente après sa fondation, en 2009, il modifie son nom pour le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

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