17 avril 2018

La Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF) rencontre l’ONU

Montréal, le 17 avril 2018 – La CFVF rencontre cet après-midi la Rapporteure spéciale de l’Organisation des Nations unies sur la violence contre les femmes. Alors que les taux de dénonciation diminuent (de 30 à 22% en violence conjugale et de 10 à 5% en agressions sexuelles), que les agressions sexuelles et les séquestrations augmentent, que les conditions de vie des femmes se détériorent, et que les groupes qui œuvrent au plus près des femmes luttent pour leur survie faute de financement, l’état des lieux est inquiétant.



19 mars 2018

Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution

Cette recherche s’appuie sur les témoignages de 52 femmes victimes de violence conjugale, d’agressions sexuelles ou d’exploitation sexuelle, vivant dans 10 des 17 régions administratives du Québec. Elle vise à favoriser la recherche, l’information, la sensibilisation et la formation en matière d’aide aux victimes d’actes criminels.

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17 avril 2018

La Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF) rencontre l’ONU

Montréal, le 17 avril 2018 – La CFVF rencontre cet après-midi la Rapporteure spéciale de l’Organisation des Nations unies sur la violence contre les femmes. Alors que les taux de dénonciation diminuent (de 30 à 22% en violence conjugale et de 10 à 5% en agressions sexuelles), que les agressions sexuelles et les séquestrations augmentent, que les conditions de vie des femmes se détériorent, et que les groupes qui œuvrent au plus près des femmes luttent pour leur survie faute de financement, l’état des lieux est inquiétant.

« Nous pensions naïvement que le gouvernement avait pris la mesure, avec #Moiaussi et #Etmaintenant, du nombre de femmes violentées au Québec », s’indigne Stéphanie Tremblay du Regroupement québécois des Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS). « Pourtant, les sommes accordées à la lutte contre la violence dans le budget 2018-2019 sont négligeables », ajoute Manon Monastesse de la Fédération des maisons d’hébergement pur femmes (FMHF).

« Rappelons que l’article 4 de la Déclaration sur l’élimination de la violence envers les femmes appelle les États à « (…) mettre en œuvre sans retard, par tous les moyens appropriés », une politique visant à éliminer la violence à l’égard des femmes », mentionne Louise Riendeau du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC).

« Femmes en situation de handicap, femmes sourdes, femmes immigrantes et racisées, femmes de la diversité sexuelle, femmes ainées, femmes Autochtones, femmes en situation d’itinérance, femmes devant composer avec une problématique de santé mentale : toutes les femmes risquent d’être violentées », d’affirmer Julie Antoine, directrice générale du RLQ-Femmes de la diversité sexuelle. « Pour certaines, échapper à la violence est une véritable course à obstacles », fait remarquer Nathalie Desbois, de la Maison des femmes Sourdes de Montréal.

« Il va s’en dire que, malgré le fait qu’il ait longtemps été à l’avant-garde de plusieurs pays en matière d’action gouvernementale contre la violence envers les femmes, le Québec n’est plus à la hauteur de ses engagements », ajoute Odile Boisclair de l’R des centres de femmes. « Cette rencontre permettra donc de mettre en lumière plusieurs dysfonctionnements québécois en matière de lutte contre la violence envers les femmes », d’affirmer Chloé Deraiche de l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour les femmes et les enfants victimes de violence conjugale.

« Nous évoquerons notamment l’accès et le traitement des femmes dans le système de justice» mentionne Yasmina Chouakri de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI). « Il est essentiel que les femmes victimes obtiennent une réelle écoute du système judiciaire, qui puisse arrimer de manière efficace les différentes procédures pour mettre un terme à la violence institutionnelle que subissent les femmes », continue Vivian Michel, de Femmes autochtones du Québec (FAQ).

« Nous insisterons sur l’égalité de fait pour toutes les femmes », ajoute Selma Kouidri du RAFH-DAWN.

La Coalition évoquera également le refus du Québec d’appliquer l’analyse différenciée selon les sexes et intersectionnelle (ADS+) lors de la production des politiques publiques et l’absence de consensus autour d’une définition claire de la violence conjugale, reconnaissant que les femmes sont les principales victimes, notamment au sein du réseau de la santé et des services sociaux.

La Coalition pointera l’absence de transparence, de collaboration et de reconnaissance de l’expertise des groupes de femmes qui empêche un dialogue réel avec la société civile, notamment dans le cadre des consultations menées par l’appareil gouvernemental. Elle fera finalement état du manque de financement accordé aux groupes qui sont en première ligne dans le soutien aux victimes des multiples formes de la violence envers les femmes.

« En cette période préélectorale, nous espérons que cette rencontre fasse réfléchir les partis à leurs engagements », conclut Jennie Laure Sully de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES).

La Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF)
La Coalition regroupe plusieurs groupes et regroupements œuvrant contre la violence envers les femmes dont les membres sont présents dans toutes les régions du Québec et soutiennent plusieurs dizaines de milliers de femmes annuellement.

-30-

Source et info
Marie Hélène Senay
438 929 2201

Porte-paroles
Action des femmes handicapées (Montréal) – AFHM
Florence Pardo, 514 861 6903, email hidden; JavaScript is required

Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour les femmes et les enfants victimes de violence conjugale
Chloé Deraiche, 514 212 4426, email hidden; JavaScript is required, email hidden; JavaScript is required

Bouclier d’Athéna
Melpa Kamateros, 514 862 4961, email hidden; JavaScript is required

Carrefour pour Elle
Marie-Christine Plante, 514 774 7620, email hidden; JavaScript is required

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)
Jennie-Laure Sully, 438 933 6584, email hidden; JavaScript is required

Femmes autochtones du Québec (FAQ)
Viviane Michel, email hidden; JavaScript is required, 450 632 0088 poste 232

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF)
Manon Monastesse, 438 929 2201, email hidden; JavaScript is required

Maison d’Haïti
Guerda Amazan, 514-326-3022 poste 225, email hidden; JavaScript is required

Maison des femmes sourdes de Montréal
Nathalie Desbois, 514 771 7490
Texto seulement : 613-606-2422
SRV (service relais visuel) : 514-819-9238
email hidden; JavaScript is required

Mouvement contre le viol et l’inceste (MCVI)
Rita Acosta, 514 278 9383, email hidden; JavaScript is required

L’R des centres de femmes
Odile Boisclair, 438 492 8202, email hidden; JavaScript is required

Regroupement des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)
Stéphanie Tremblay, 514 346 5252, email hidden; JavaScript is required

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC)
Louise Riendeau, 514 220-1057
email hidden; JavaScript is required

Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées (RAFIQ)
Yasmina Chouakri, 514 878 1325, 514 504 4400, email hidden; JavaScript is required

Réseau d’action des femmes handicapées (RAFH)
Selma Kouidri, email hidden; JavaScript is required, 514 771 7490

RLQ – Femmes de la diversité sexuelle
Julie Antoine, email hidden; JavaScript is required, 514 232 0604

Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
Yasmina Chouakri, 514 504 4400, email hidden; JavaScript is required

En savoir plus sur les membres de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes.



19 mars 2018

Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution

Télécharger le rapport de recherche : Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution

Fruit d’une recherche financée en 2016 par le Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels dans le cadre du Programme de subvention pour favoriser la recherche, l’information, la sensibilisation et la formation en matière d’aide aux victimes d’actes criminels, le rapport de recherche Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution porte sur les lacunes du système de justice pénale en matière de violence envers les femmes. Il s’appuie sur les témoignages de 52 femmes victimes de violence conjugale, d’agressions sexuelles ou d’exploitation sexuelle, vivant dans 10 des 17 régions administratives du Québec ayant généreusement partagé leur parcours dans le système judiciaire.

Ce projet de recherche a été réalisé en partenariat avec quatre regroupements féministes québécois luttant contre la violence à l’égard des femmes :



6 mars 2018

L’expérience des femmes victimes de violence dans le système de justice pénale : un parcours difficile

Montréal, le 6 mars 2018 — Le rapport Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution rendu public aujourd’hui est le fruit d’une recherche financée en 2016 par le Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels dans le cadre du Programme de subvention pour favoriser la recherche, l’information, la sensibilisation et la formation en matière d’aide aux victimes d’actes criminels.

Les cinquante-deux (52) femmes victimes de violence conjugale, d’agressions sexuelles ou d’exploitation sexuelle, vivant dans 10 des 17 régions administratives du Québec rencontrées dans le cadre de cette recherche ont généreusement partagé leur parcours dans le système judiciaire. Certaines ont choisi de ne pas porter plainte, pour d’autres la plainte a été rejetée alors que d’autres ont cheminé dans le système au moins jusqu’à l’enquête préliminaire.

Les femmes ont témoigné des lacunes auxquelles elles ont fait face : préjugés, manque de connaissance des conséquences de la violence, manque de protection, longs délais, impunité des agresseurs qui contreviennent aux conditions qui leur sont imposées, etc. Elles ont également mis en lumière les bonnes pratiques, telles que l’attitude aidante de certains policier.e.s ou procureur.e.s qui leur ont expliqué les différentes options qui s’offraient à elles, le fait d’être dirigées vers des ressources spécialisées qui oeuvrent contre la violence envers les femmes, l’expertise des équipes policières spécialisées. Tout cela les a aidées. « Par contre, il est particulièrement préoccupant de constater que toutes ces femmes, même celles qui ont trouvé une certaine satisfaction dans le processus qu’elles ont vécu, ont déclaré qu’elles ne recommenceraient pas la démarche si c’était à refaire », déclare Michèle Frenette, l’auteure principale de cette recherche. Un besoin saillant des participantes est d’améliorer leurs relations (empathie, prise en compte de leurs expériences de violence et des impacts concrets de celle-ci, etc.) avec les différent.e.s acteurs et actrices rencontré.e.s lors de leur parcours judiciaire.

« La parole des femmes et les recommandations qu’elles ont émises pour améliorer le système judiciaire sont riches de leur expérience et devraient inspirer tous ceux et toutes celles qui cherchent à améliorer l’accès à la justice pour les femmes violentées », ajoute Madame Frenette. Parmi ces recommandations, notons un meilleur accueil par les policiers et policières, plus d’accompagnement et de soutien, une meilleure formation des acteurs et actrices judiciaires sur la violence à l’égard des femmes, une réaction rapide du système en cas de bris de conditions par les contrevenants, la formation d’équipes spécialisés au sein es services de police.

Ce projet de recherche a été réalisé en partenariat avec quatre regroupements féministes québécois luttant contre la violence à l’égard des femmes (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle) soutenus par le Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (SAC-UQAM), ainsi par des chercheur.e.s de différentes universités (Rachel Chagnon et Myriam Dubé, UQAM ; Marie-Marthe Cousineau, Université de Montréal ; Simon Lapierre et Elizabeth Sheehy, Université d’Ottawa). Malheureusement, la subvention demandée pour donner suite à cette recherche et explorer des pistes de solution avec les intervenantes psychosociales qui soutiennent les femmes violentées, les policier.e.s et les procureur.e.a a été refusée par le Ministère de la Justice du Québec.

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Pour des renseignements additionnels :

Manon Monastesse, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes
email hidden; JavaScript is required, 438 929 2201

Louise Riendeau, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
email hidden; JavaScript is required, 514 220-1057

Mélanie Sarroino, Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel
email hidden; JavaScript is required, 514 346 5252

Carole Boulebsol, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle
email hidden; JavaScript is required,

Eve-Marie Lampron, Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)
email hidden; JavaScript is required, 514 987-3000, poste 4883

Michèle Frenette, chargée de projet et auteure principale de l’étude
email hidden; JavaScript is required, 819 743-8083

Simon Lapierre, professeur à l’École de service social, Université d’Ottawa
email hidden; JavaScript is required, 819 210-8850



4 mars 2018

Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF) : #etmaintenant? Des groupes promettent de talonner la classe politique!

Des groupes promettent de talonner la classe politique!

Montréal, le 4 mars 2018 – À la veille de la journée internationale des droits des femmes, dans le contexte actuel des dénonciations d’agressions et en année électorale, plusieurs groupes annoncent la formation de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes. « Notre objectif est de talonner le gouvernement et les partis politiques pour leur rappeler leurs obligations et responsabilités envers TOUTES les femmes violentées! », indique Viviane Michel, de Femmes autochtones du Québec.

Femmes en situation de handicap, femmes sourdes, femmes immigrantes et racisées, femmes de la diversité sexuelle, femmes ainées, femmes autochtones, femmes en situation d’itinérance, femmes devant composer avec une problématique de santé mentale : toutes les femmes risquent d’être violentées. Pour certaines, échapper à la violence est une véritable course à obstacles.

« Elles ne veulent plus faire partie des notes de bas de pages mais doivent être au centre de nos préoccupations », note Bonnie Brayton, du Réseau d’action des femmes handicapées. « Pour ce faire, nous exigeons une réelle prise en compte des réalités des femmes violentées dans la production des politiques publiques », réclame Manon Monastesse, de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes. « Nos propositions, restées lettres mortes au fil des consultations, doivent enfin être mises à contribution! », insiste Odile Boisclair, de l’R des centres de femmes.

Ce sera l’essentiel du travail de la Coalition durant l’année à venir. Dès cette semaine, dans le cadre des consultations, nous répéterons nos revendications en matière de violence conjugale. Il est primordial de reconnaitre que la grande majorité des victimes sont des femmes et l’allocation des ressources doit être pensée en conséquence. Lors de sa visite en avril prochain, nous informerons la Rapporteure spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes des difficultés vécues au Québec, notamment en lien avec le système de justice. Nous solliciterons aussi une rencontre avec les chef.fe.s des différents partis pour qu’ils s’engagent à combattre vigoureusement la violence à l’égard des femmes.

« Les partis politiques nous trouveront sur leur chemin pendant la campagne électorale. Nous prendrons tous les moyens pour nous faire entendre », affirme Stéphanie Tremblay du Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. « C’est le seul moyen d’éradiquer cette pandémie! », complète Yasmina Chouakri, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.

12 milliards de dollars annuellement : c’est l’estimation de ce que coûtent les conséquences de la violence envers les femmes (violence conjugale1 et agressions sexuelles2) au Canada. « Et cela sans compter la question de l’exploitation sexuelle! », s’indigne Jennie-Laure Sully, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). « Agir en prévention favoriserait l’économie, mais surtout permettrait que TOUTES les femmes puissent vivre une vie exempte de violence », insiste Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Les femmes en ont assez de subir la perte de leurs acquis. « Le désengagement continuel de l’État et le refus des gouvernements successifs de reconnaître les nouvelles réalités avec lesquelles elles doivent composer les mettent en danger », s’exclame Rita Acosta, du Mouvement contre le viol et l’inceste. « La stagnation du financement des groupes féministes œuvrant auprès des femmes ne peut plus durer », complète Nathalie Desbois, de la Maison des femmes sourdes.

La démographie change, l’économie aussi. Le filet social que le Québec a mis 40 ans à construire est en effritement continuel faute de volonté politique. L’égalité de fait pour toutes les femmes est loin d’être atteinte et la violence spécifique qu’elles subissent toujours, parce qu’elles sont des femmes, en est la preuve incontestable autant qu’un mécanisme de maintien des inégalités.

#Et maintenant : il faut de la volonté politique et des moyens concrets. Nous serons là pour le rappeler toute l’année !

La Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF)
La Coalition regroupe une quinzaine de groupes et regroupements œuvrant contre la violence envers les femmes. Leurs membres sont présents dans toutes les régions du Québec et soutiennent plusieurs dizaines de milliers de femmes annuellement.

[1] Une estimation de l’incidence économique de la violence conjugale au Canada en 2009

[2] Une estimation de l’incidence économique de la violence conjugale au Canada en 2009

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Source et info : Marie Hélène Senay, 438 929 2201

Porte-paroles :

Action des femmes handicapées (Montréal) – AFHM
Florence Pardo, 514 861 6903, email hidden; JavaScript is required

Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour les femmes et les enfants victimes de violence conjugale
Chloé Deraiche, 514 212 4426, email hidden; JavaScript is requiredemail hidden; JavaScript is required

Bouclier d’Athéna
Melpa Kamateros, 514 862-4961, email hidden; JavaScript is required

Carrefour pour Elle
Marie-Christine Plante, 514 774-7620, email hidden; JavaScript is required;

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)
Jennie-Laure Sully, 438 933-6584, email hidden; JavaScript is required

Femmes autochtones du Québec (FAQ)
Viviane Michel, 450 632-0088 poste 232, email hidden; JavaScript is required

Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF)
Manon Monastesse, 438 929-2201, email hidden; JavaScript is required

Maison d’Haïti
Guerda Amazan, 514 326-3022 poste 225, email hidden; JavaScript is required

Maison des femmes sourdes de Montréal
Nathalie Desbois, 514 771-7490, texto seulement : 613 606-2422, SRV (service relais visuel) : 514 819-9238, email hidden; JavaScript is required

Mouvement contre le viol et l’inceste (MCVI)
Rita Acosta, 514 278-9383, email hidden; JavaScript is required

L’R des centres de femmes
Odile Boisclair, 438 492-8202, email hidden; JavaScript is required

Regroupement des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)
Stéphanie Tremblay, 514 346-5252, email hidden; JavaScript is required

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC)
Louise Riendeau, 514 220-1057, email hidden; JavaScript is required

Réseau d’action des femmes handicapées (RAFH)
Selma Kouidri, 514 771-7490, email hidden; JavaScript is required

RLQ – Femmes de la diversité sexuelle
Julie Antoine, 514 232-0604, email hidden; JavaScript is required

Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI)
Yasmina Chouakri, 514 262-6060, email hidden; JavaScript is required

Revue de presse



13 février 2018

OFFRE D’EMPLOI : Co-responsable des dossiers politiques

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il développe des stratégies de sensibilisation pour mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale. Il intervient pour promouvoir et défendre les droits et intérêts des femmes et des enfants violentés. Il assure à ses membres un lieu de réflexion et de formation continue et les représente auprès des instances publiques et gouvernementales.

SOMMAIRE DU POSTE

De concert avec le conseil d’administration et l’équipe de travail, la titulaire du poste aura la responsabilité de développer et mettre en œuvre des stratégies d’action et de communication visant à contrer la violence conjugale et à défendre le droit à la protection et la sécurité des femmes et des enfants victimes.

 

PRINCIPALES RESPONSABILITÉS

  • En cohérence avec les orientations du Regroupement et priorités établies par les instances, concevoir et mettre en œuvre différentes stratégies visant à contrer la violence conjugale.
  • Assurer le développement et la diffusion des prises de positions politiques du Regroupement
    • Rédaction de mémoires, d’avis, d’argumentaires, de communiqués de presse; présentation de conférences; soutien des autres porte-parole du Regroupement (rédaction d’allocutions)
  • Analyser et commenter l’impact de projets de loi, politiques et programmes gouvernementaux dans la vie des femmes victimes de violence conjugale et de leurs enfants.
  • Représenter le Regroupement auprès des instances gouvernementales et ministères concernés par la problématique de la violence conjugale; des partenaires et groupes alliés; des médias.
  • Conseiller, informer et former les instances et les maisons membres sur des enjeux politiques liés à la problématique de la violence conjugale.
  • Effectuer une veille constante de l’actualité afin d’identifier les opportunités d’interventions politiques ou médiatiques nécessaires à l’avancement des dossiers et mandats priorisés par le Regroupement.
  • Créer du contenu rédactionnel sur une base régulière, notamment pour le site web du Regroupement, le site intranet et le bulletin mensuel des membres.
  • Gérer la présence du Regroupement dans les médias sociaux et développer des stratégies de contenu numérique.
  • Collaborer à la réalisation de certains projets de recherche.
  • Contribuer à l’organisation des activités inhérentes à la vie associative du Regroupement (assemblée générale, colloque, rassemblement, etc.)

 

PROFIL

La candidate recherchée est une femme engagée, féministe, dotée d’un grand sens politique et d’excellentes capacités d’analyse et de communication écrite et verbale.

 

EXIGENCES

  • Baccalauréat dans une discipline pertinente (sociologie, science politique, sciences juridiques, organisation communautaire, études féministes) ou acquis expérientiels équivalents.
  • Cinq années d’expérience significative dans un poste similaire (impliquant représentation politique et intervention médiatique).
  • Connaissance des enjeux sociaux, politiques et juridiques en matière de violence envers les femmes et plus spécifiquement de violence conjugale.
  • Excellentes aptitudes rédactionnelles.
  • Aisance à communiquer en public et dans les médias (en français et anglais).
  • Grande expérience en gestion des médias sociaux.
  • Jugement, diplomatie, autonomie et leadership.
  • Capacité de mener plusieurs dossiers à la fois et de travailler sous pression.
  • Aptitude à travailler en équipe.

 

CONDITIONS D’EMPLOI

  • Poste régulier avec période de probation
  • Semaine de travail de 31,5 heures (horaire flexible)
  • Salaire annuel : 49 000$ + avantages sociaux concurrentiels
  • Lieux de travail situé à Montréal

 

Faites parvenir votre lettre d’intention et votre CV avant 17h, le 2 mars 2018 à : email hidden; JavaScript is required

Nous remercions toutes les candidates qui nous enverront leur CV, cependant seules celles retenues pour une entrevue seront contactées.



7 février 2018

Réinvestir dans les organismes en santé et services sociaux : une nécessité!

Montréal, le 7 février 2018 – Tout comme les autres organismes communautaires autonomes en santé et services sociaux qui mènent actuellement la campagne CA$$$H, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale participe aujourd’hui aux actions de la campagne Engagez-vous pour le communautaire. Ils réclament un rehaussement significatif du financement à la mission des organismes communautaires autonomes (475 M$). Seulement dans le domaine de la santé et des services sociaux, un rehaussement de 355  millions $ est nécessaire. Engagez-vous pour le communautaire réclame également la reconnaissance de l’action communautaire autonome comme moteur de progrès social et la fin des compressions dans les services publics et les programmes sociaux.

Sans une réponse à ces revendications, les travailleuses en maison s’inquiètent que les femmes qu’elles aident ne trouvent pas le soutien nécessaire une fois qu’elles auront quitté leur conjoint violent. Plusieurs d’entre elles vivront dans une situation de précarité extrême. Auront-elles accès à des cuisines collectives, à des banques alimentaires, à des programmes d’intégration à l’emploi, à des logements à prix abordable, à du soutien psychologique, à des ressources familiales? Entraver l’accès des femmes à ces ressources réduit significativement leurs chances de quitter de façon définitive un conjoint violent et de reprendre du contrôle sur leur vie.

Les intervenantes et les administratrices des maisons savent que le financement des organismes est crucial pour répondre à la demande des nombreux besoins des femmes victimes de violence conjugale. Il y a une dizaine d’années, une hausse substantielle de leur financement leur avait permis de soutenir convenablement les femmes victimes de violence conjugale. Or en l’absence d’une indexation adéquate, elles peinent aujourd’hui à répondre à la demande grandissante et se voient contraintes, dans bien des cas, de réduire la gamme de services offerts.

Les sommes revendiquées par les organismes communautaires autonomes ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Ces investissements assureraient que les services offerts aux femmes portent leurs fruits et qu’ils ne soient pas anéantis par l’isolement, le découragement et la misère.

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement, de concert avec ses 42 maisons membres, contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale. Dans une perspective de prévention, il déploie un éventail de stratégies pour aider tous les acteurs de la société québécoise à mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale.

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Source :

Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Cellulaire : 514 220-1057
Bureau : 514 878-9134 poste 1604



1 février 2018

La décriminalisation de l’avortement : 30 ans déjà!

C’est avec fierté que nous célébrons aujourd’hui le 30e anniversaire du jugement historique de la Cour suprême du Canada, rendu le 28 janvier 1988 dans la cause du Dr Morgentaler, accusé avec les Drs Scott et Smoling, de pratiquer illégalement des avortements dans sa clinique de Toronto. Cette décision invalidait les dispositions de l’article 251 du Code criminel en vigueur depuis 1969 qui légalisait l’avortement pour des raisons thérapeutiques c’est-à-dire uniquement si la continuation de la grossesse mettait en danger la vie ou la santé de la mère.

Dans leur décision, les juges du plus haut tribunal du pays ont estimé que la procédure pour obtenir un avortement thérapeutique portait atteinte au droit à la sécurité de la femme enceinte garanti par l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés mais aussi à son intégrité physique et émotionnelle. Pour sa part, la juge Wilson a affirmé que  le droit à la liberté énoncé dans ce même article « garantit à chaque individu une marge d’autonomie personnelle sur les décisions importantes touchant intimement à sa vie privée » et que le droit à l’avortement appartient à cette catégorie de décision. Les juges ont également affirmé que le fœtus n’est pas une personne humaine tant qu’il n’est pas sorti vivant du sein de la mère.

Ainsi, outre le fait qu’il décriminalisait l’avortement, ce jugement reconnaissait à plus de la moitié de la population canadienne et québécoise, le droit de contrôler son corps, sa capacité reproductive, c’est-à-dire de décider de se reproduire ou non et si oui, de décider du nombre d’enfants et du moment de leur naissance. Plus globalement, cela signifie le pouvoir de contrôler sa vie, ce qui n’est pas rien puisque la responsabilité et la charge des enfants incombaient et incombent encore aujourd’hui principalement aux femmes!

Depuis 1988, la Cour suprême a renforcé et complété ce jugement à quatre reprises : l’arrêt Daigle (1989), l’arrêt Sullivan et Lemay (1991), l’arrêt Office des services de garde à l’enfance et à la famille (1997) et l’arrêt Dobson (1999).  En plus de refuser de reconnaître des droits au géniteur, elle a réaffirmé que le fœtus n’est pas une personne juridique jouissant de droits, que seule la femme peut décider d’interrompre une grossesse et a reconnu aux femmes enceintes le droit à la vie privée, à l’autonomie, à la liberté et à l’égalité.

Nous nous réjouissons de ces gains majeurs sur le plan juridique, mais également des échecs répétés du mouvement anti-avortement, sur le plan législatif, visant à recriminaliser l’avortement. Ainsi, à la suite de la tentative ratée (projet de loi C-43) du gouvernement conservateur de Brian Mulroney en 1991, pas moins de 48 motions ou projets de loi privés furent déposés à la Chambre des communes par des députés « du caucus pro-vie ». Mais aucun  n’a été adopté, pas même sous le gouvernement de Stephen Harper! Bien que la majorité des partis politiques représentés au Parlement canadien soient pro-choix, nous aurions des raisons de craindre l’élection d’un éventuel gouvernement conservateur dirigé par Andrew Scheer, un fervent militant anti-avortement.

Aujourd’hui et depuis toujours, un des principaux enjeux demeure l’accès à des services d’avortement. Aussi, dès le début des années 1980, les militantes regroupées en coalition (groupes féministes, politiques, communautaires et syndicaux) entreprirent la bataille des services : « À quoi ça sert d’avoir un droit si on ne peut l’exercer ». Elles n’ont cessé de réclamer et ont obtenu des services d’avortement de qualité, accessibles partout au Québec. Quant à la gratuité complète, il aura fallu attendre une décision de la Cour supérieure du Québec en 2006, qui concluait que le gouvernement du Québec violait sa propre loi en obligeant les cliniques privées et les centres de santé des femmes à réclamer des frais supplémentaires aux femmes pour des services déjà assurés. Cette décision réparait une injustice exercée à l’endroit des femmes qui goûtaient à la médecine à deux vitesses depuis plus de 30 ans!

Cette longue lutte, soutenue par une opinion publique majoritairement favorable au libre choix, a porté ses fruits. Ainsi en 2016, le Québec dispose d’un peu plus de la moitié des ressources en avortement existant au Canada, soit 50, lesquelles sont désormais protégées par une loi qui interdit aux manifestants anti-choix de s’en approcher à plus de 50 mètres. Nous ne pouvons nier que cette situation soit enviable, mais l’accessibilité ne se mesure pas uniquement au nombre de ressources disponibles. En effet, la FQPN constatait en 2014 leur répartition inégale sur le territoire alors que 12 régions sur 17 disposaient d’un ou deux points de services, que 20 des 48 points de services existants pratiquent des avortements une seule journée par semaine, que le délai d’attente varie de trois à cinq semaines dans 21 d’entre eux, et enfin que 22 d’entre eux ne disposent pas de tables gynécologiques adaptées pour les personnes à mobilité réduite.

À ces obstacles s’ajoutent entre autres, la difficulté d’obtenir de l’information sur les services disponibles ou les démarches à entreprendre, le recours de plus en plus fréquent aux boîtes vocales, les coûts (transport, hébergement à assumer lorsqu’on doit se déplacer en dehors de sa région pour avorter, et ceux reliés à l’avortement lui-même lorsqu’on ne possède pas de carte d’assurance maladie.

L’accès aux services d’avortement est également restreint lorsque ces derniers ne sont pas inclusifs. La discrimination – tout comme le manque de pratiques inclusives explicites dans la prestation de services – peut inciter les personnes à retarder ou à se priver de services de santé nécessaires au point de mettre leur état général de santé en danger. Lorsqu’il s’agit de voir à leurs besoins en matière de santé reproductive, la situation est inquiétante pour les personnes jeunes, sans statut, incarcérées, trans, non-conformistes dans le genre, racisées, autochtones ou en situation de handicap. Le fait d’assurer un accès équitable à la gamme complète de services de santé reproductive – dont l’avortement – nécessite également de tenir compte des barrières complexes auxquelles sont confrontées plusieurs populations et de chercher activement à les démanteler. C’est pourquoi, au cours des dernières années à la suite de nos réflexions dans une perspective de justice reproductive, notre regard s’est déplacé et élargi, nous conduisant à prendre en compte dans nos analyses et revendications la réalité des personnes et des groupes dont les voix sont moins souvent entendues en matière d’avortement.

Bien que le  nombre d’avortement ait diminué au cours des dernières années pour se stabiliser autour de 25 000 annuellement, nous sommes convaincues que l’avortement n’est pas utilisé comme moyen contraceptif ni surutilisé. Mais dans la mesure où il n’existe pas de méthode contraceptive efficace à 100 %, que trop de relations sexuelles sont vécues dans un contexte de violence conjugale, de relations inégalitaires ou imposées par la force, qu’il y aura toujours des femmes cisgenres[1] et des personnes trans ou non binaires, qui ne souhaiteront pas avoir d’enfant et d’autres qui voudront en limiter le nombre, que l’instabilité des couples et la précarité financière ne sont pas des situations exceptionnelles, le recours à l’avortement sera toujours nécessaire et c’est pourquoi, il doit être considéré comme un service essentiel.

Nous continuerons d’exercer une vigilance à l’égard de l’accessibilité et la qualité des services en avortement au Québec, soumis comme les autres services au régime d’austérité du gouvernement libéral.  Nous continuerons de revendiquer la gratuité de la contraception et une éducation à la sexualité qui soit positive, inclusive et émancipatrice, dans le respect de soi et des autres, de réclamer des mesures sociales et économiques permettant d’éduquer des enfants dans des conditions décentes. Et nous disons à M. Legault qu’il ne réussira pas à nous convaincre de peupler le Québec avec des p’tits chèques. Nous lui suggérons plutôt de relire les nombreux mémoires que nous avons présentés au gouvernement depuis des décennies, il y trouvera des solutions très intéressantes mais aucune n’est magique.

Depuis 1977, nous déclarons sans relâche « Nous aurons les enfants que nous voulons » et depuis 1988, face à toute tentative de recriminaliser l’avortement, « Criminel.le.s plus jamais! » et nous n’avons pas changé d’idée !

Groupes signataires

1. La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ)
2. Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF)
3. L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale
4. Le Collectif pour le libre choix de Sherbrooke
5. Head and Hands/ À deux mains
6. SOS-Grossesse Québec
7. Grossesse-Secours
8. Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint- Laurent
9. Condition féminine CSN
10. Clinique Morgentaler de Montréal
11. Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées (RAFIQ)
12. Regroupement des Femmes de la Côte-de- Gaspé
13. Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)
14. Clinique des femmes de l’Outaouais
15. Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec
16. Fédération des femmes du Québec (FFQ)
17. Réseau d’action des femmes handicapées du Canada (DAWN-RAFH)
18. Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF)
19. L’R des centres de femmes du Québec
20. Réseau des lesbiennes du Québec – femmes de la diversité sexuelle. (RLQ)
21. Action santé femmes (RQASF)
22. Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM)
23. Action Canada pour la santé et les droits sexuels
24. Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec−FIQ
25. Centre Au Cœur des Femmes
26. Relais-Femmes
27. Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
28. S.O.S Grossesse Estrie

[1] Se dit d’une personne dont l’identité de genre correspond au sexe qui lui a été assigné à la naissance.



3 décembre 2017

Plus de 300 municipalités du Québec mobilisées contre la violence conjugale

Montréal, le 3 décembre 2017 – Au cours des douze derniers mois, plus de 300 municipalités du Québec, réparties dans 16 régions et 60 MRC, se sont déclarées alliées contre la violence conjugale, par voie de résolution, et se sont engagées à rendre public leur engagement lors des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes, du 25 novembre au 6 décembre 2017.

« Nous sommes très encouragées de constater que les municipalités du Québec prennent cette problématique au sérieux, car nous avons besoin que tous les acteurs de la société québécoise joignent leurs efforts aux nôtres pour mettre fin à la violence conjugale », mentionne Mme Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, qui a initié cette vaste campagne de sensibilisation à pareille date l’an passée.

On peut parler d’un vif succès, car sur les quelque 500 municipalités que les 42 maisons membres du Regroupement desservent, l’objectif d’en rallier au moins 200 dans la première année de la campagne a été atteint et même largement dépassé, en raison de l’enthousiasme des maires et mairesses à se mobiliser.

La réalisation de cette campagne aura permis d’ouvrir un dialogue entre les maisons et leurs élu.e.s et, dans certains cas, de mettre en place d’autres initiatives pour sensibiliser, dénoncer et agir sur la problématique. « Les efforts des municipalités pour contrer la banalisation de la violence à l’égard des femmes contribueront à changer les mentalités et ainsi à aider les femmes qui en sont victimes », dit Mme Langlais.

Personne n’est à l’abri de la violence conjugale. Elle touche des femmes de tous âges, issues de tous les milieux, de toutes les régions. Chacune d’elles doit se sentir soutenue par sa communauté. Pour cette raison, le Regroupement invite aujourd’hui l’ensemble des villes, des villages et des arrondissements du Québec à joindre le mouvement, pour que d’une seule voix, un message fort et concerté se rende à toutes les citoyennes et citoyens du Québec, à l’effet que la violence conjugale, perpétrée dans l’intimité du couple, n’a pas sa place dans nos communautés. Ainsi, la campagne se prolongera jusqu’en décembre 2018 pour permettre à l’ensemble des municipalités du Québec d’adhérer à cette campagne.

Le Regroupement remercie chaleureusement l’Union des municipalités du Québec ainsi que la Fédération québécoise des municipalités qui ont toutes deux soutenu la campagne dans leurs instances respectives et encouragé leurs municipalités à emboîter le pas. Cette campagne est réalisée grâce à la contribution financière du Secrétariat à la condition féminine.

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale. Dans une perspective de prévention, il déploie un éventail de stratégies pour aider tous les acteurs de la société québécoise à mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale.

En savoir plus : maisons-femmes.qc.ca/municipalitesalliees

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Information :

Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Cellulaire : 514 220-1057

Source

Sylvie Langlais, présidente
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Maisons-femmes.qc.ca/municipalites-alliees
Facebook.com/RMFVVC | @RMFVVC



28 novembre 2017

Création d’un Comité d’examen des décès en violence conjugale : une décision saluée!

Nicolet, le mardi 28 novembre 2017 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue la décision du ministre de la Sécurité publique, M. Martin Coîteux, de former un Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale, comité qui sera présidé par Mme Catherine Rudel-Tessier, coroner en chef du Québec et sur lequel siègera notre organisme.

Annoncée dans le cadre de la Journée d’actualisation des connaissances en matière de violence conjugale à l’École nationale de police du Québec, cette décision fait suite aux discussions et préoccupations mises de l’avant, notamment suite au décès de Daphné Boudreault, à Mont-Saint-Hilaire, en mars dernier. Elle vise, entre autres, à mieux déterminer les facteurs de risques pour éviter que d’autres drames ne surviennent.

« Le Regroupement sera heureux de pouvoir mettre à contribution son expertise en matière de violence conjugale. Les travaux de ce comité permettront de mieux comprendre les circonstances entourant les décès des femmes victimes de violence conjugale en vue de les prévenir », se réjouit Mme Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement.

Chaque année, une dizaine d’homicides sont commis en contexte de violence conjugale et pourraient être évités avec une meilleure coordination des ressources et des intervenant.e.s socio-judiciaires.

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale. Dans une perspective de prévention, il déploie un éventail de stratégies pour aider tous les acteurs de la société québécoise à mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale.

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Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Cellulaire : 514 220-1057
Bureau : 514 878-9134 poste 1604



26 septembre 2017

Trois victimes d’actes criminels toujours pénalisées par l’aide sociale

Montréal, 26 septembre 2017 – À la suite d’une audition ayant fait les manchettes en juin 2017, une décision du Tribunal administratif du Québec (TAQ) confirme que les trois victimes d’actes criminels qui sont prestataires de l’aide sociale ne pourront pas conserver leurs indemnités. Une injustice qui a assez duré, s’indignent des groupes communautaires.

« L’état reconnaît la nécessité d’indemniser les victimes, mais lorsque celles-ci sont ou se retrouvent à l’aide sociale en raison d’un traumatisme, elles se font couper leurs prestations. C’est injuste dans la mesure où les autres personnes conserveraient leurs revenus. C’est un réel deux poids deux mesures », souligne Yann Tremblay-Marcotte du Front commun des personnes assistées sociales du Québec.

De plus, il est à noter qu’une victime prestataire d’aide sociale qui reçoit une indemnité de 100 000$ d’un coup ne sera pas nécessairement coupée; ce n’est que lorsque l’IVAC décide de verser les indemnités sous forme d’une rente mensuelle que l’aide sociale les considère comme un revenu.

Les trois victimes ayant contesté la coupure de leurs prestations ont mandaté Me Manuel Johnson, avocat aux services juridiques communautaires de Pointe-Saint-Charles et Petite-Bourgogne, pour porter la décision du TAQ en révision judiciaire devant la Cour supérieure.

« Après avoir survécu à un vol à main armée et, une année plus tard, à des voies de fait à la suite d’un vol de véhicule, je me suis retrouvé dans l’incapacité de travailler et j’ai dû prendre de l’aide sociale. J’avais besoin des indemnités pour payer des médicaments et des soins psychologiques, mais l’aide sociale à tout gardé »,  a déclaré Monsieur Volodomir Sapojnikov.

Cette situation est inacceptable, les groupes soussignés demandent au ministre Blais de procéder à des changements réglementaires afin de mettre fin à cette injustice. Bien que les requérants considèrent leurs arguments juridiques solides et bien fondés, il sera préférable de clarifier la loi et de donner des directives claires aux fonctionnaires chargés de son application dès maintenant, plutôt qu’attendre possiblement des années avant que les tribunaux corrigent le tir.

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Information
 :

Yann Tremblay-Marcotte
Front commun des personnes assistées sociales du Québec

514 577-3279 ou email hidden; JavaScript is required

Aussi signataires :



30 mai 2017

La survie des organismes communautaires menacée

Die-in devant les bureaux des députéEs provinciaux

Montréal, lundi 29 mai 2017 – Entre midi et 13h, partout à travers le Québec, les organismes communautaires autonomes en santé et services sociaux (OCASSS), incluant les membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, participent à un die-in devant les bureaux de leurs députéEs provinciaux. Par cette action, ils veulent démontrer que malgré l’annonce de rehaussement de 10 M$ du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC), les OCASSS se meurent!

Les maisons d’aide et d’hébergement membres du Regroupement collaborent quotidiennement avec d’autres organismes de leur communauté pour aider les femmes victimes de violence conjugale à échapper à la violence. L’écart entre la subvention qu’elles reçoivent et les besoins de la population qui fait appel à elles et à leurs partenaires se creuse d’année en année. Et c’est sans compter le fait que d’autres ressources d’hébergement seraient nécessaires pour accueillir les femmes et les enfants qui ont besoin d’aide et de protection.

Nous invitons les députées et députés de tous les partis à profiter de cette occasion et de tous les autres moments possibles pour porter le message des OCASSS auprès de la ministre responsable du PSOC, madame Lucie Charlebois, et pour la soutenir dans des actions qui éviteront que les OCASSS ne doivent diminuer leurs services ou, même dans certains cas, ne meurent.

Pour réaliser pleinement la mission de l’ensemble des 3 000 OCASSS au Québec qui, même selon le gouvernement, est essentielle, il faudrait investir 355 M$ de plus dès 2017-2018. Cette année, la subvention que les OCASSS recevront du PSOC ne sera indexée que de 0,7 %. Comment les OCASSS pourront-ils faire face aux différentes augmentations qu’ils subissent chaque année (hausse du loyer, des assurances, etc.)? Nos maisons membres qui sont régies par la Loi sur l’équité salariale devront-elles couper des services pour maintenir des salaires équitables? Avec cette maigre indexation, comment pourront-elles éviter le roulement dans leurs équipes de travail?

Les OCASSS sont épuisés. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) doit cesser de concevoir le rehaussement du financement des groupes communautaires comme une dépense, mais plutôt le voir comme un investissement pour le bien-être de la population québécoise. Les OCASSS ont besoin du soutien de l’ensemble des députéEs de l’Assemblée nationale pour convaincre le MSSS de l’importance de leur apport.

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Renseignements :
Louise Riendeau, Coordonnatrice des dossiers politiques, 514 200-1057 (cellulaire)



15 mai 2017

Arrêtons l’extradition de madame M. M.

À diffuser le plus largement possible

Aidez-nous à libérer madame M.M.

Le Regroupement vous invite, membres, intervenantes et militantes, et allié-e-s (organismes et individus), à faire pression auprès de la ministre de la Justice du Canada, madame Jody Wilson-Raybould, pour exiger qu’elle exerce son pouvoir discrétionnaire et mette fin au processus enclenché, depuis maintenant plus de six ans, à l’encontre d’une femme qui a voulu protéger ses enfants.

En 2011, madame M. M.* a trouvé refuge dans une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, au Québec. Elle est menacée d’extradition pour avoir aidé ses enfants à échapper à la négligence et à la violence de leur père. Depuis 2011, cette canado-américaine lutte afin d’éviter l’extradition vers les États-Unis. Malgré les nombreuses demandes du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, la ministre de la Justice refuse toujours d’exercer son pouvoir discrétionnaire pour mettre fin au processus d’extradition.

* Afin de protéger ses enfants mineurs, une ordonnance de non-publication empêche de dévoiler le nom de la femme concernée.

 

DEMANDES DU REGROUPEMENT

Pour le Regroupement, il est clair que la ministre ne semble pas avoir considéré l’impact des violences conjugale et familiale subies par madame M. M. et ses enfants dans sa décision. C’est pourquoi le Regroupement réitère ses demandes :

  • Que la ministre de la Justice du Canada, madame Wilson-Raybould, abandonne l’ordonnance d’extradition et permette à madame M. M. de rester au Canada avec ses enfants, car elle risque une peine de 15 ans de prison si elle est reconnue coupable en Géorgie.
  • Que la ministre entame le plus rapidement possible des discussions avec le gouvernement des États-Unis pour que celui-ci retire sa demande d’extradition de madame M. M.

 

QUE FAIRE

  1. Signez la pétition demandant au gouvernement Trudeau l’arrêt du processus d’extradition de M. M.
  2. Envoyez un résumé de l’histoire de madame M.M. à votre député-e et demandez-lui d’écrire ou de téléphoner à la ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould. Téléchargez la lettre type (Word).

> Pour savoir quel est votre député-e

 

L’HISTOIRE DE MADAME M. M.

En 2010, les enfants de M. M. domiciliés en Géorgie ont fui la violence de leur père qui avait la garde exclusive depuis 2008. Ils ont demandé à leur mère de les aider à échapper à la négligence et à la violence de leur père. Celui-ci avait déjà été accusé de violence conjugale à l’encontre de M. M.  Le père a signalé leur disparition. En 2011, les États-Unis ont demandé l’extradition de M M. pour la traduire devant les tribunaux pour violation de l’ordonnance de garde.

Dans un premier temps, la Cour supérieure du Québec a rejeté la demande d’incarcération en vue de l’extradition et la Cour de la jeunesse a accordé la garde des enfants à M. M. après sa mise en liberté. En 2012, la Cour d’appel du Québec a annulé l’ordonnance de mise en liberté et ordonné l’incarcération de madame M. M. en vue de son extradition. La cause a été portée jusqu’en Cour Suprême. En décembre 2015, la Cour suprême du Canada a jugé, dans une décision partagée, que la mère devait être extradée pour subir son procès. Au cours de ce processus, M. M. a été incarcérée à titre préventif à plusieurs reprises depuis 2011.

En août 2016, la ministre Wilson-Raybould a réaffirmé la position défendue pendant 4 ans par le ministre de la Justice du gouvernement précédent, c’est-à-dire d’extrader madame en Géorgie où elle risque une peine de 15 ans de prison si elle est reconnue coupable.  En attente d’une nouvelle décision de la Cour d’appel du Québec, Madame M.M. doit demeurer dans son domicile 22h sur 24.

 

EN SAVOIR PLUS

Pour information : email hidden; JavaScript is required



27 avril 2017

Stratégie fédérale contre la violence fondée sur le sexe : Des mesures à coordonner avec les provinces

Montréal, le 27 avril 2017 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue les mesures annoncées hier par la ministre de la Justice du Canada, madame Jody Wilson-Raybould, pour améliorer le traitement judiciaire de la violence envers les femmes. «  Nous fondons beaucoup d’espoir sur la formation des juges prévue dans les nouvelles mesures fédérales », de déclarer Sylvie Langlais, présidente du Regroupement.

Un besoin criant
Chaque jour, lorsque les intervenantes accompagnent les femmes au tribunal, particulièrement au Tribunal de la famille, elles constatent à quel point les juges méconnaissent le problème de la violence conjugale et ses impacts sur les enfants. « Beaucoup de juges donnent des droits d’accès sans supervision, ou même une garde partagée, au conjoint violent en négligeant totalement le fait que celui-ci pourra en profiter pour continuer de menacer ou de harceler son ex-conjointe ou même se venger de la séparation en tuant les enfants », souligne madame Langlais. « Bien que cette question ait été documentée, les juges semblent bien souvent ignorer que c’est au moment de la séparation que les risques d’homicides intrafamiliaux sont les plus élevés », ajoute-t-elle. Il importe donc que la formation planifiée par le gouvernement fédéral vise non seulement les magistrats en matière criminelle, mais aussi ceux en matière familiale ou en protection de la jeunesse, et qu’elle inclue l’évaluation des risques pour l’ensemble des membres de la famille.

D’autres mesures sont nécessaires
S’il est essentiel que les juges soient mieux formés, la confiance des femmes victimes dans le système de justice repose sur plusieurs autres éléments. Dès le premier contact avec les policiers et les policières, les victimes doivent se sentir accueillies et respectées. Et leur situation doit être bien évaluée. Il s’agit d’une compétence provinciale et le Regroupement rencontrera des membres de la direction des Affaires policières du ministère de la Sécurité publique du Québec et du cabinet du ministre Coiteux pour en discuter dans les prochains jours.

Aussi, on parle beaucoup de l’importance pour les contrevenants de diminuer les délais dans le système judiciaire. Accélérer le processus est encore plus crucial pour les victimes qui doivent garder en tête les détails des agressions vécues pour en témoigner dans le cadre du procès. Elles ne peuvent passer à autre chose et plusieurs vivent dans la crainte de voir leur agresseur exonéré de tout blâme. « Les deux paliers de gouvernement doivent collaborer pour réduire les délais judiciaires et pour éviter que des hommes puissent violenter des femmes en toute impunité », affirme madame Langlais. Le Regroupement réitère la nécessité que les mesures à venir dans le cadre de la Stratégie contre la violence fondée sur le sexe soient coordonnées avec les efforts à faire dans chaque province et territoire, pour assurer que les femmes puissent exercer leur droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de leur personne.

Le Regroupement
Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, il contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

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Source : Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Information : Louise Riendeau, 514 220-1057 (cellulaire)
Nous suivre : Facebook.com/RMFVVC et @RMFVVC

 



13 avril 2017

Le gain féministe

Mme Ravary, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale se permet de vous écrire pour rectifier certains faits mentionnés dans votre chronique parue le 13 avril intitulé « L’échec féministe ».

Il est vrai que les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses à dénoncer les cas de violence conjugale. Or, il ne s’agit pas d’un constat d’échec, mais bien d’un gain important. Cela nous indique qu’elles connaissent mieux leurs droits et qu’elles sont plus nombreuses à se tourner vers des ressources d’aide.

Il faut savoir qu’aujourd’hui, les femmes quittent un conjoint violent beaucoup plus rapidement qu’autrefois; les unions durent plus souvent de 1 à 5 ans, comparativement à 10 ans et plus dans les années 1980. De plus, si le nombre de plaintes a triplé depuis les 30 dernières années – près de 19 000 en 2014 – , c’est, entre autres, parce que les femmes ont davantage confiance dans le système de la justice, bien que celui-ci doit impérativement être amélioré.

Nous constatons que les femmes victimes de violence conjugale, autant que leurs proches, se mobilisent pour mettre fin à une relation contrôlante. Nous les soutenons dans cette démarche pour que le moment de la séparation se fasse de façon sécuritaire, de façon à éviter des drames, tels que celui de Daphné Boudreault survenu le mois dernier.



7 avril 2017

Arrêt Jordan : La ministre Vallée doit agir pour préserver la confiance des femmes violentées

Montréal, le 7 avril 2017 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale presse la ministre de la Justice, Madame Stéphanie Vallée, de tout mettre en œuvre pour éviter que d’autres meurtriers ou auteurs de violence envers les femmes soient libérés des accusations qui pèsent contre eux, comme cela a été le cas du meurtrier libéré hier en vertu de l’arrêt Jordan. « Nous nous rappelons de la mort d’Anuja Baskaran, en 2012. Face à de tels drames, le seul espoir est que la justice joue son rôle. Mais la libération de ce conjoint violent, de surcroit récidiviste, nous place devant un triste constat d’échec », souligne la présidente du Regroupement, madame Sylvie Langlais.

La confiance des femmes dans le système de justice

Le Regroupement s’inquiète de l’effet de cette libération sur les femmes victimes de violence. Les crimes contre les femmes sont sous-dénoncés. Pour la violence sexuelle, on estime que seulement 5 % des agressions sont rapportées à la police. Pour les infractions commises en violence conjugale, le taux de dénonciation varie entre 20 et 30 %. « Des décisions comme celle rendue hier risquent d’amener les femmes à se dire que ça ne vaut pas la peine d’aller à la police, de déballer leur intimité, alors que leur agresseur pourrait s’en tirer sans aucune conséquence », indique Madame Langlais.

Mettre fin au sous-financement du système de justice

En octobre dernier, lors de la sortie de la stratégie gouvernementale en matière de violences sexuelles, le Regroupement s’inquiétait déjà de la pauvreté du système de justice, notamment du nombre insuffisant de procureurs pour accompagner les victimes et des délais de traitement des causes par les tribunaux[1]. « Nous l’avons souligné lors du meurtre de Daphné Boudreault, il ne suffit pas que le gouvernement élabore des plans d’action pour contrer la violence envers les femmes, il doit les accompagner de ressources financières suffisantes et s’assurer qu’ils soient mis en œuvre », rappelle Madame Langlais.

Le Regroupement presse la ministre Vallée et le Directeur des poursuites criminelles et pénales de s’assurer qu’aucune cause liée à la violence conjugale ou à d’autres types de violence envers les femmes ne sera abandonnée ou traitée avec moins de sévérité. « S’il est nécessaire d’invoquer la clause nonobstant, le temps de traiter ces dossiers et d’injecter les budgets nécessaires pour que le système de justice fonctionne adéquatement, nous demandons à la ministre de la Justice de le faire. La vie des femmes vaut bien cela », ajoute Sylvie Langlais.

Le Regroupement

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, il contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

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Source : Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Pour information : Lucie Poulin, 514 220-1057 (cellulaire)
Pour nous suivre : www.facebook.com/RMFVVC et @RMFVVC

Voir la revue de presse

[1] http://maisons-femmes.qc.ca/strategie-pour-prevenir-et-contrer-les-violences-sexuelles-le-quebec-aura-t-il-les-moyens-de-ses-ambitions/



23 mars 2017

Enquête du BEI sur l’homicide conjugal à Saint-Hilaire, une première à saluer

Communiqué de presse 
Pour diffusion immédiate

Montréal, le 23 mars 2017 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue la décision de mener une enquête indépendante sur le travail des policiers suite à l’homicide de Daphnée Boudreault, survenu hier à Saint-Hilaire. « Ce n’est pas la première fois qu’une femme est tuée par son conjoint peu après avoir demandé la protection de la police, pour éviter d’autres morts, il est nécessaire d’identifier les mailles dans le filet de sécurité et d’améliorer la pratique policière », affirme Madame Sylvie Langlais, présidente du Regroupement.

L’omission d’agir questionnée

En effet, dès 2013, dans le cadre des consultations sur le projet de loi visant à créer le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) (lire le communiqué Pour protéger la vie des femmes, des enquêtes indépendantes s’imposent ainsi que le mémoire sur le bureau des enquêtes indépendantes), le Regroupement avait demandé que cet organisme ait le mandat d’enquêter sur l’omission d’agir des policiers dans des situations où des femmes étaient menacées par leur conjoint ou ex-conjoint, ayant constaté que plusieurs femmes avaient été tuées sans que leur appel de détresse à la police n’ait été entendu.

L’enquête du BEI devrait permettre de vérifier si le travail des policiers respecte le Guide de pratique policière en matière de violence conjugale élaboré par le ministère de la Sécurité publique. Il devrait aussi permettre de voir si les différents outils d’évaluation des risques d’homicide conjugal ont été utilisés par les policiers. Et enfin, si en fonction de la loi et de leur mandat, les policiers ne pouvaient effectivement pas agir, le BEI pourrait vérifier si la victime a été dirigée vers un organisme qui aurait pu élaborer avec elle un scénario de sécurité, telle une maison d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Une expertise disponible

Le Regroupement des maisons et son partenaire le Carrefour sécurité en violence conjugale, qui a développé un modèle d’action intersectorielle pour prévenir les homicides conjugaux, sont entièrement disponibles pour soutenir le BEI dans cette enquête.

Le Regroupement

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, il contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

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Source : Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Pour information : Lucie Poulin, 514 220-1057 (cellulaire)
Pour plus d’information : maisons-femmes.qc.ca
http://csvc.ca/a-propos/

Pour nous suivre : www.facebook.com/RMFVVC et @RMFVVC

Voir la revue de presse du Regroupement



11 janvier 2017

Des propos irrespectueux

« Se faire tapocher peut rapporter gros aux femmes », dit le Doc Mailloux.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale condamne les propos tenus par le Doc Mailloux en entrevue hier avec Josey Arseneault sur les ondes de 93 FM, radio de Québec. Il est inadmissible qu’encore aujourd’hui des individus puissent s’exprimer publiquement de façon si odieuse.

D’abord, rappelons que dans un cas de violence conjugale, contrairement à une chicane de couple, un rapport de force s’installe. Cette forme de violence prend place dans l’intimité du couple relève d’une problématique sociale d’inégalité entre les hommes et les femmes. L’homme violent cherche le contrôle, le pouvoir et la domination sur sa conjointe. Les stratégies peuvent être multiples pour miner l’estime de leur conjointe, la dénigrer, semer le doute, etc. Les intervenantes des maisons pour femmes victimes de violence conjugale rencontrent chaque jour des femmes profondément humiliées et blessées, qui peinent à retrouver confiance en elle.

Les raisons pour lesquelles une femme reste avec un conjoint violent peuvent varier. Parfois, elle espère le changer, croit à ses promesses, se sent coupable de dénoncer ou de briser le noyau familial. Elle peut aussi avoir peur des menaces, ou encore, ne trouve pas les ressources pour s’en sortir. Peu importe les raisons, se libérer d’un conjoint violent demande beaucoup de courage. Penser que certaines femmes pourraient tirer bénéfice d’une telle condition, comme le suppose le Doc Mailloux, est tout à fait inapproprié. Cela indique une mauvaise compréhension de la problématique. La violence, quel qu’elle soit, n’est justifiable d’aucune façon.


Un cycle à quatre temps se répète et renforce l’emprise de l’agresseur sur la victime, laissant ainsi de graves séquelles psychologiques. Source : Et si c’était de la violence conjugale?

Écoutez la réaction du Regroupement : 98.9FM

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Lucie Poulin, chargée de communication
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
514 878-9134 | 514 220-1057 (cell.)



1 décembre 2016

500 municipalités du Québec sollicitées pour s’allier contre la violence conjugale

Lancement d’une vaste campagne de sensibilisation

Montréal, le 4 décembre 2016 – Dans le cadre des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale ainsi que ses 42 maisons membres invitent les villes et villages du Québec à se proclamer municipalité alliée contre la violence conjugale, par voie de résolution, et à rendre public leur engagement.

  • Les conseils municipaux des 500 municipalités desservies par nos membres seront invités à se positionner contre la violence conjugale, tout comme le gouvernement provincial l’a déjà fait.
  • Il leur sera demandé d’adopter une résolution en ce sens et de s’afficher publiquement.
  • Chacune des municipalités recevra un certificat qu’elle pourra afficher à l’hôtel de ville.
  • Au cours de l’édition 2017 des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes, les municipalités seront conviées à manifester leur adhésion à cette campagne par le moyen qui leur semblera le plus approprié : par exemple, en hissant un drapeau, en installant une bannière, en achetant un encart dans leur journal local ou en le mentionnant sur leur site web.
  • Au fur et à mesure des adhésions, le Regroupement publiera le nom des municipalités alliées sur son site web.

Cette vaste campagne, réalisée grâce à une contribution financière du Secrétariat à la condition féminine, permettra d’envoyer un message fort et concerté aux Québécoises et Québécois à l’effet que ces agressions, perpétrées dans l’intimité du couple, sont inacceptables.

À ce jour, déjà une douzaine de municipalités ont accepté de participer à cette campagne. En effet, les municipalités de Baie-St-Paul, Clermont, Isle-aux-Coudres, La Malbaie, Les Éboulements, Notre-Dame-des-Monts, Petite-Rivière-St-François, St-Hilarion, St-Irénée, St-Urbain, St-Siméon ont répondu à l’appel de La Maison La Montée qui dessert Charlevoix. Leur engagement a été rendu public le 21 novembre. La Ville de Montréal a également adopté une résolution en ce sens. La ville de Châteauguay, en Montérégie, compte présenter une motion semblable à son conseil dans les prochains jours. « Le Regroupement est certain que cette solidarité sera contagieuse », déclare Mme Sylvie Langlais, présidente du Regroupement.

« La violence conjugale est un problème de relations de pouvoir qui peut entraîner des séquelles physiques et psychologiques graves, pouvant aller jusqu’à la mort. Nous avons besoin de l’appui de tous les acteurs de la société québécoise pour la combattre », rappelle Mme Langlais. En 2014, le ministère de la Sécurité publique a enregistré 18 746 infractions commises en contexte conjugal, dont 11 homicides.

Le message que les municipalités enverront à leurs citoyennes et citoyens aura un impact positif, d’abord sur les victimes elles-mêmes. Se sentant soutenues par leur communauté, on peut penser qu’elles seront plus enclines à trouver le courage de dénoncer et auront davantage confiance que les policiers, les intervenantes et intervenants sociaux à qui elles s’adresseront prendront au sérieux leur situation. Ce message interpellera également les auteurs de cette violence.

En outre, les municipalités participantes seront perçues comme de véritables partenaires des organismes, comme les maisons qui travaillent au quotidien sur le terrain. Leurs efforts pour contrer la banalisation de la violence faite aux femmes et aux filles seront sans doute mieux reconnus et valorisés aux yeux de leur communauté. Conséquemment, la portée de leur action pour changer les mentalités et les comportements s’en trouvera accrue.

Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

En 2014-2015, ses membres ont accueilli 2 885 femmes et 2 177 enfants. Elles ont offert près de 12 000 services externes (consultations sans hébergement ou posthébergement, accompagnement dans les démarches, etc.) à des femmes violentées et ont répondu au total à plus de 49 000 demandes d’aide ou d’information, de la part de victimes, de proches ou de professionnels. Mais au-delà des services directs, les maisons d’aide et d’hébergement travaillent à sensibiliser la population au problème de la violence conjugale et à le prévenir.

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Source :
Sylvie Langlais, présidente
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Maisons-femmes.qc.ca/municipalites-alliees
Facebook.com/RMFVVC | @RMFVVC

Information :
Linda Lévesque
514 242-8909 (cellulaire)
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18 novembre 2016

Val d’Or : une enquête publique s’impose

Montréal, le 18 novembre 2016 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale joint sa voix à Femmes autochtones du Québec et à de nombreux autres acteurs autochtones et allochtones qui réclament depuis plusieurs mois une enquête publique, indépendante, sur les rapports entre les services de police et les populations autochtones, rapports dont les femmes font trop souvent les frais. « À la veille des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes, le gouvernement du Québec doit montrer aux femmes autochtones de Val-d’Or et des autres communautés qu’il les a entendues, qu’il les croit et qu’il est prêt à les protéger en déclenchant un examen systémique de la situation », soutient Madame Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement.

Le gouvernement doit prendre ses responsabilités

En effet comme le souligne Me Fannie Lafontaine, l’observatrice indépendante nommée par Québec, il importe de mettre au jour les « pratiques policières discriminatoires » et « l’existence d’un racisme systémique au sein des forces de l’ordre à l’égard des Autochtones ». « Le gouvernement du Québec est responsable du bien-être et de la sécurité de toutes les personnes vivant sur le territoire du Québec, il ne peut déléguer ses responsabilités à la commission d’enquête, chargée par le gouvernement fédéral, de faire la lumière sur les cas de femmes disparues et assassinées. Il est responsable du travail des forces de l’ordre au Québec et, à ce titre, il a le devoir d’agir », rappelle Madame Riendeau.

Soutenir et protéger les femmes de Val-d’Or

Depuis le début, les organismes communautaires du milieu ont soutenu les femmes autochtones de Val-d’Or qui ont dénoncé les sévices dont elles ont été victimes. Ces dernières ont été exposées publiquement et pourraient faire l’objet de représailles ou d’intimidation, d’autant plus qu’aucune poursuite ne découlera de leurs témoignages. « Le Regroupement demande au gouvernement de s’assurer que les organismes communautaires de la région auront les moyens de soutenir ces femmes et de les accompagner si elles avaient besoin de protection », ajoute Madame Riendeau

 Le Regroupement

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, il contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

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Source : Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Pour information : Louise Riendeau, 514 220-1057 (cellulaire)

Pour plus d’information : http://maisons-femmes.qc.ca/

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28 octobre 2016

Stratégie pour prévenir et contrer les violences sexuelles : le Québec aura-t-il les moyens de ses ambitions?

Montréal, le 28 octobre 2016 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale accueille avec espoir la stratégie gouvernementale en matière de violences sexuelles dévoilée ce matin. « Cette stratégie contient plusieurs mesures qui pourraient améliorer la lutte contre les violences sexuelles, mais les ressources financières seront-elles suffisantes pour faire une réelle différence? » se questionne Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement.

Investissements requis pour faciliter la dénonciation

Le Regroupement croit que la dénonciation des agressions et de l’exploitation sexuelles devant les tribunaux fait partie de la solution. Il constate avec satisfaction la volonté de mieux accompagner les victimes, de leur donner confiance dans le système judiciaire et de faciliter leur témoignage par visioconférence. Il applaudit à l’idée d’outiller et de former les policières et les policiers, de même que les procureures et les procureurs. Ces mesures permettent d’espérer que leurs interventions tiendront mieux compte des défis particuliers que représente le processus judiciaire pour ces victimes.   « Des questions importantes restent toutefois en suspens : ces formations seront-elles offertes à tous, ou seulement à ceux et celles qui démontrent déjà un intérêt et une sensibilité? » demande madame Riendeau. Dans le même ordre d’idée, la stratégie prévoit un programme de rencontre systématique de la victime par le procureur ou la procureure aux poursuites criminelles et pénales pour les informer du déroulement des procédures. Il s’agit d’une mesure essentielle! « Mais y aura-t-il plus de procureurs dédiés à ces causes, auront-ils le temps de voir les victimes au début du processus et non pas seulement juste avant qu’elles témoignent, comme c’est trop souvent le cas? », ajoute Madame Riendeau. « De plus, les ressources du système de justice, seront-elles suffisantes pour traiter les causes dans des délais acceptables? Autrement, les auteurs de ces violences pourront demander que les procédures soient arrêtées et ainsi continuer à faire des victimes en toute impunité », renchérit-elle.

Coordonner les mesures et mobiliser les expertises

La stratégie propose à très juste titre des campagnes de sensibilisation auprès du grand public, des proches et de groupes ciblés. Les ministères concernés auront tout intérêt à s’appuyer sur l’expertise des groupes de femmes qui travaillent chaque jour avec les victimes et qui connaissent bien les mythes et préjugés auxquels elles se heurtent au moment de dévoiler l’agression subie. Si ces campagnes sont bien ciblées, elles devraient concourir à diminuer la culture du viol, sa banalisation et la culpabilisation des victimes. Ces dernières pourraient plus facilement demander de l’aide et dénoncer leur agresseur. Évidemment, il faudra que les services de première ligne comme les centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle aient les moyens financiers pour répondre à la demande.

Le Regroupement

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, il contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale. La violence sexuelle est une forme courante de violence conjugale, trop souvent passée sous silence.

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Source : Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Pour information : 514 220-1057 (cellulaire)

Pour plus d’information : http://maisons-femmes.qc.ca/

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13 octobre 2016

Derrière les chiffres : des femmes terrorisées, violentées, blessées et tuées

Dans le récent reportage Violence conjugale : « Elle a pris le couteau à deux mains et a visé ma poitrine » diffusé par Ici Radio-Canada Colombie-Britannique-Yukon, Julie Landry rapportait l’histoire d’un homme agressé par sa conjointe il y a une trentaine d’années. S’appuyant sur cette histoire, la journaliste rapporte les propos d’un professeur de psychologie de l’Université de Colombie-Britannique qui affirme que les hommes sont tout autant victimes de violence conjugale que les femmes et que la société le nie.

Si d’entrée de jeu on reconnaît facilement que des hommes peuvent être victimes de violence de la part de leur conjoint ou de leur conjointe, il faut être très prudent lorsqu’on affirme une symétrie de la victimisation sur la base des données de l’Enquête sociale générale (ESG) de Statistique Canada. En effet, lorsqu’on ne regarde que le nombre d’hommes et de femmes qui déclarent avoir été violentés, on sait peu de choses de la violence vécue. Est-ce un événement isolé? Ou la personne a-t-elle été contrôlée, terrorisée par son ou sa partenaire? Des recherches montrent que les hommes sont victimes de violence situationnelle comme les femmes, alors que ces dernières sont les principales victimes de la violence coercitive, aussi appelée terrorisme intime.

L’analyse doit être plus fine. Lorsque l’ESG rapporte que les femmes subissent davantage de blessures, qu’elles ont des impacts plus grands de la violence vécue, qu’elles rapportent plus avoir été victimes d’un ex-partenaire dont elles ont réussi à échapper, on peut facilement constater que les femmes sont davantage victimes de la violence des hommes que le contraire. De plus, quand on examine le phénomène des homicides conjugaux et intrafamiliaux, là aussi ce sont majoritairement des femmes et des enfants qui sont tués par un conjoint ou par un père. Quiconque a déjà travaillé dans une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale peut témoigner de la peur qui habite ces femmes et ces enfants et des séquelles qui l’accompagnent. Encore aujourd’hui, beaucoup de femmes n’identifient pas la violence à laquelle elles sont soumises chaque jour, beaucoup de femmes hésitent à demander de l’aide. Malheureusement certaines sont tuées sans avoir obtenu le soutien nécessaire en temps utile. Ce n’est pas une « idéologie politique », mais la triste réalité encore vécue en 2016.

Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Téléphone : 514 220-1057



24 août 2016

Procédures d’extradition contre une mère de famille : La ministre de la Justice du Canada interpellée à être en cohérence avec les engagements de son gouvernement à l’endroit des femmes violentées

Montréal, le 24 août 2016 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale réclame que la ministre de la Justice du Canada, madame Wilson-Raybould, entame immédiatement des discussions avec le gouvernement des États-Unis pour que celui-ci retire sa demande d’extradition de madame M.M.[1] « Depuis 6 ans, les enfants de madame vivent dans le stress constant de voir leur mère déportée, la ministre de la Justice doit profiter de l’engagement du président américain et du premier ministre canadien contre la violence envers les femmes pour mettre fin à cette situation », déclare madame Sylvie Langlais, présidente du Regroupement.

Une saga qui a trop duré

Le 2 août dernier, la ministre Wilson-Raybould a choisi de maintenir la décision de son prédécesseur de permettre l’extradition de M.M., une citoyenne canado-américaine qui, en 2010, a cherché refuge avec ses trois enfants en Estrie, sa région natale. Domiciliés en Géorgie, ces derniers avaient fui le foyer paternel et avaient demandé à leur mère de les aider à échapper à la négligence et à la violence de leur père. Celui-ci avait déjà été accusé de violence conjugale à l’encontre de M.M. En 2011, les États-Unis ont demandé l’extradition de madame pour la traduire devant les tribunaux pour violation de l’ordonnance de garde exclusive accordée au père. La ministre a réaffirmé la position défendue pendant 4 ans par le ministre de la Justice du gouvernement précédent, c’est-à-dire d’extrader madame en Géorgie où elle risque une peine de 15 ans de prison si elle est reconnue coupable. Bien que quatre juges de la Cour suprême du Canada sur sept aient considéré comme « raisonnable » la décision du ministre conservateur d’autoriser l’extradition, cela ne garantit pas qu’il s’agisse de la meilleure décision. Lors de la révision de cette décision, la ministre libérale aurait pu rendre une nouvelle décision tout aussi raisonnable et d’une tout autre nature comme en font foi les arguments évoqués par les juges dissidentes de la Cour suprême.

Prendre en considération la violence

Tout comme son prédécesseur, la ministre Wilson-Raybould semble avoir évalué ce dossier dans une perspective strictement légale, sans prendre en considération les violences conjugales et familiales subies par cette femme et par ses enfants. C’est d’autant plus surprenant que le gouvernement libéral a entrepris d’élaborer une stratégie fédérale sur la violence fondée sur le sexe. En effet, la ministre de la Condition féminine du Canada, Patricia A. Hajdu, a tenu cet été plusieurs séances de consultation à travers le pays afin de remplir ce mandat que lui a confié le Premier ministre Trudeau. Dans le cadre de ces rencontres, l’incapacité du système de justice à protéger les victimes de violence a été soulevée. « Nous, qui travaillons chaque jour auprès des femmes et des enfants victimes, avons espoir que le plan d’action fédéral permettra de mieux sensibiliser les avocats et les juges aux impacts de la violence conjugale et à sa persistance, même après la séparation. Mais pour M.M. et sa famille, cette stratégie arrivera trop tard », affirme madame Langlais. « Les enfants de madame sont maintenant adolescents et jeunes adultes, ils doivent pouvoir faire des projets d’avenir, se consacrer à leurs études sans avoir à se demander si leur mère sera arrêtée et emprisonnée. Ils doivent pouvoir se rétablir des traumatismes vécus », ajoute madame Sylvie Morin, de la maison d’aide et d’hébergement La Bouée régionale de Lac-Mégantic, qui soutient cette famille.

Ouvrir le dialogue avec les États-Unis

C’est pourquoi, en conformité avec la volonté affirmée de son gouvernement de travailler à rompre le cycle de la violence, le Regroupement demande à la ministre d’interpeller immédiatement les États-Unis, dont le président actuel, Barak Obama, a lui-même signé en 2013 une version améliorée de la loi américaine contre la violence envers les femmes (le Violence Against Women Act), pour qu’ils retirent leur demande d’extradition. Rappelons que tout comme Justin Trudeau, monsieur Obama s’est récemment dit féministe. Des discussions entre les deux pays devraient donc être possibles.

Faire preuve de courage et de compassion

« Et en cas de refus, nous demandons à la ministre de faire preuve de courage et de compassion et d’utiliser le pouvoir discrétionnaire que lui donne la loi pour mettre fin au processus d’extradition. Il faut aller au-delà du légal pour estimer ce qui est moralement nécessaire, soit garder cette famille ensemble », insiste madame Langlais.

Tout comme les trois juges dissidentes de la Cour suprême, le Regroupement croit fermement que « le préjudice que subiraient les enfants privés de leur mère en pareilles circonstances est profond et manifestement inéquitable. »[2] Ce serait punir une deuxième fois ces enfants, qui ont besoin de stabilité et d’amour, et aller totalement à l’encontre de leur intérêt supérieur.

Le Regroupement

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, il contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

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Source : Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Pour information : Linda Lévesque, 514 242-8909 (cellulaire)

Pour plus d’information : http://maisons-femmes.qc.ca/

Pour nous suivre : www.facebook.com/RMFVVC et @RMFVVC

[1] Afin de protéger ses enfants mineurs, une ordonnance de non-publication empêche de dévoiler le nom de la femme concernée.

[2] Extrait de la dissidence des juges Abella, Karakatsanis et Côté, M.M. c. États-Unis d’Amérique, 2015 CSC 62



6 avril 2016

Communiqué : Immatriculation des armes à feu, Un pas de plus s’impose !

Montréal, le 6 avril 2016 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale participe aujourd’hui à la commission parlementaire sur le projet de loi 64, Loi sur l’immatriculation des armes à feu. « Le projet de loi débattu aujourd’hui permettra de sauver des vies, mais nous demandons au gouvernement de faire un pas de plus pour le rendre plus efficace », affirme la présidente du Regroupement, madame Sylvie Langlais.

Le contrôle des armes sauve des vies

Depuis la mise en place de mesures de contrôle des armes à feu, en particulier des armes d’épaule, le taux d’homicides en général, ainsi que le nombre de femmes tuées ont chuté de plus de 60 %. Malheureusement, trop de femmes sont encore victimes de meurtres conjugaux. En 2013, 13 femmes ont été tuées par leur conjoint au Québec. « Ces résultats démontrent sans contredit l’utilité d’un registre des armes et nous sommes heureuses que le gouvernement du Québec ait compris la nécessité de créer un système québécois d’immatriculation des armes », souligne madame Langlais.

Une faille dans le système de contrôle

Malheureusement, si le projet de loi n’est pas amendé un conjoint violent qui aurait vu son permis de possession d’armes révoqué et ses armes saisies, en raison des menaces proférées envers sa conjointe et ses enfants, pourrait frauduleusement prendre possession d’une arme sans que le marchand (ou autre propriétaire d’armes) ne soit obligé de vérifier s’il possède un permis valide. Malgré le registre, si cette faille n’est pas comblée, des armes pourraient donc tomber dans de mauvaises mains. « Le Regroupement demande donc instamment au ministre Coiteux d’amender le projet de loi pour s’assurer que la vérification du permis soit faite en bonne et due forme avant de remettre l’arme à l’acheteur », ajoute madame Langlais.

Le Regroupement profitera de son passage en commission parlementaire pour rappeler aux élus que mettre fin à la violence envers les femmes et prévenir les tragédies exige des gestes concrets et efficaces. Pour l’organisme, doter le Québec d’un registre des armes à feu, c’est contribuer à la sécurité des femmes et des enfants.

Le Regroupement

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, il contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

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6 avril 2016

Mémoire : Doter le Québec d’un registre des armes à feu, c’est contribuer à la sécurité des femmes et des enfants

Pour avoir accès au mémoire :

Mémoire présenté à la Commission des institutions dans le cadre des consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi no 64, Loi sur l’immatriculation des armes à feu

Voici un extrait :

« Actuellement, le Regroupement travaille à implanter un modèle d’actions intersectorielles pour améliorer la sécurité des victimes de violence conjugale, femmes et enfants, ainsi que celles de leurs proches incluant le conjoint violent. Ce modèle d’action développé par le Carrefour Sécurité en violence conjugale invite les partenaires qui y sont associés (maison d’hébergement, groupes d’intervention auprès des conjoints violents, services policiers, procureurs, services correctionnels, etc.) à évaluer les risques d’homicides ou de blessures graves liés à la violence et à collaborer pour diminuer ces risques. Le contrôle des armes à feu est un des outils qui peut être utilisé pour y arriver ».

De plus, si vous désirez visionner notre présentation en commission parlementaire le 6 avril, à 15h45 : http://www.assnat.qc.ca/fr/video-audio/en-direct-webdiffusion.html



8 mars 2016

Droits des femmes, violence et armes à feu: un coquetel explosif

Montréal, le mardi 8 mars 2016. En cette journée internationale des droits des femmes, les membres du G13 (21 groupes nationaux et regroupements provinciaux féministes) soutenus par l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes (AQPV) souhaitent rappeler le lien bien documenté existant entre les violences envers les femmes et la possession d’armes à feu. Nous réitérons surtout notre appui au projet de loi 64 (« Loi sur l’immatriculation des armes à feu »). Nous rappelons également au gouvernement notre volonté d’êtres des alliées dans le cadre de tels enjeux qui touchent toutes les femmes.

Les armes tuent

Preuve est faite depuis longtemps que la possession d’arme à feu est un facteur de risque important dans les cas d’homicides conjugaux et de filicides familiaux. Au Québec (1997-2006), les armes à feu ont été utilisées dans 32% des cas homicides conjugaux et dans 23% des homicides entre conjoints au Canada (2000-2009).

L’enregistrement des armes permet une meilleure protection des victimes potentielles, de leur entourage et des policiers. Il devient ensuite plus facile pour la police de connaître le nombre et le type d’armes potentiellement détenues par l’agresseur ainsi que de retrouver le présumé meurtrier. L’enregistrement rend également plus difficile l’acquisition illégale d’une arme d’épaule par un individu potentiellement dangereux, puisque la police peut retracer toute arme liée à son propriétaire, qui en est légalement responsable.

Nos groupes souhaitent d’autre part faire remarquer que le projet de loi 64 est l’un des plus progressistes de ce gouvernement. Nous soutenons donc la création de ce registre et rappelons au gouvernement notre position commune à l’effet que le contrôle des armes, et leur enregistrement en particulier, sont d’une importance cruciale pour la sécurité des femmes et des enfants. « L’expertise de nos groupes, notamment en matière de violence conjugale, de violence post-séparation et de prévention des homicides conjugaux, est incontestable et repose sur l’expérience terrain, incluant d’innombrables interventions dans le cadre desquelles des armes à feu ont fait l’objet de retraits préventifs », d’ajouter Manon Monastesse, directrice générale de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes.

Le contrôle des armes à feu sauve des vies

La Loi sur les armes à feu a conduit à d’importants progrès en diminuant notamment le nombre d’agressions armées dans un contexte de violence conjugale. Ainsi, le nombre de femmes tuées par balle a chuté de près de 50% entre 1995 et 2008, dernière année où les données sont disponibles, alors que le nombre d’homicides sans armes à feu ne baissait que de 6% durant la même période. Selon l’ONU, deux tiers des victimes d’homicide en contexte conjugal sont des femmes. Ces chiffres indiquent clairement l’importance et l’efficacité d’un tel registre.

Nous réaffirmons que nous n’avons rien contre les chasseurs. Le registre n’est pas une forme d’oppression ni de criminalisation des propriétaires d’armes. Nous croyons que la grande majorité des hommes ne sont pas violents. Nous en appelons donc à cette majorité qui doit se prononcer clairement et soutenir cette revendication : l’objectif n’est pas d’empêcher les chasseurs de chasser, mais plutôt de prévenir l’utilisation des armes à feu dites récréatives à des fins de destruction de la vie des conjointes et de leurs enfants.

D’ailleurs, l’ensemble des associations de services de police ont toujours appuyé la création d’un tel registre, tant au plan canadien que québécois. Rappelons que le registre avait été mis en place après la tuerie sexiste de Polytechnique dont nous avons souligné le triste 26e anniversaire le 6 décembre dernier.

En ce moment où le féminisme fait couler beaucoup d’encre, reconnaissons collectivement l’universalité des luttes féministes qui œuvrent sans relâche, depuis de nombreuses décennies, à faire valoir les droits des femmes. Ce dossier des armes à feu est un exemple concret du fait que les revendications féministes bénéficient à l’ensemble de la société.

En cette journée des droits des femmes, renouvelons nos vœux pour une société sans violence!

 

Les groupes et regroupements membres du G13

  • L’Alliance des femmes handicapées du Québec (AFHQ)
  • Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale
  • La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)
  • Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDEACF)
  • Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)
  • Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ)
  • Fédération des femmes du Québec (FFQ)
  • Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF)
  • Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)
  • Femmes autochtones au Québec (FAQ)
  • L’R des centres de femmes du Québec
  • Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ)
  • Regroupement Naissance-Renaissance
  • Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC)
  • Regroupement québécois des CALACS (centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel)
  • Relais-femmes
  • Réseau d’action pour la santé des femmes
  • Réseau des lesbiennes du Québec (RLQ) –  Quebec Lesbian Network
  • Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec
  • Avec l’Association québécoise Plaidoyer-Victimes

 



28 novembre 2015

Une clé pour votre liberté et votre sécurité Une campagne pour les femmes victimes de violence conjugale

Montréal, le 29 novembre 2015 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et ses membres lancent aujourd’hui une campagne d’information à l’intention des femmes victimes de violence conjugale. « Dans les prochains jours, aux quatre coins du Québec, les intervenantes distribueront un feuillet en forme de clé. Une clé qui donne accès à toute l’information sur le soutien et les services offerts aux femmes violentées dans leur région spécifique », déclare madame Sylvie Langlais, présidente du Regroupement.

Rejoindre les femmes avant que l’irréparable n’arrive
Des maisons d’aide et d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale existent depuis près de 40 ans. Malgré cela, certaines femmes ne connaissent pas leur existence ou croient qu’il faut avoir été sévèrement battue ou craindre pour sa vie pour s’y adresser. « Or, si les maisons sont là pour permettre à des femmes de fuir les coups, ce sont résolument plus que des refuges. Elles offrent une grande variété de services. Ces ressources sont aussi là pour les aider à échapper au contrôle de leur conjoint. Cette campagne est donc lancée dans l’espoir de rejoindre ces femmes ou leurs proches avant que l’irréparable n’arrive », souligne madame Langlais.

Il n’est pas rare d’entendre des témoignages comme celui-ci : « Lors de mon arrivée à la maison d’hébergement, je ne me considérais pas comme une victime de violence. Après tout, il ne m’avait jamais frappée. Le pire qu’il avait fait était de m’avoir empêchée de sortir de la chambre en me bloquant la sortie. Mais avec l’aide de mon intervenante, j’ai découvert l’aspect méconnu et destructif de la violence psychologique, verbale, du contrôle monétaire et sexuel. Plus les jours passaient, plus il devenait évident que j’étais bel et bien une victime de violence conjugale. » (La Vivace, 2014) « Encore cet été, le Québec a connu une série d’homicides conjugaux. Dans la plupart des cas, les femmes assassinées ne semblaient pas avoir reçu l’aide de ressources spécialisées », précise Sylvie Langlais.

Des services méconnus
« Vous êtes séparée de votre conjoint violent, mais il continue à vous harceler? Vous avez besoin de parler à quelqu’un en toute confidentialité? Vous vous interrogez sur vos droits? Les démarches juridiques s’accumulent et vous avez besoin d’accompagnement? Vous vous demandez si votre conjoint a le droit de vous traiter comme il le fait? » Voilà quelques-unes des questions choisies pour interpeller directement les femmes violentées et les inviter à visiter le site web www.contrelaviolenceconjugale.ca.
Elles y découvriront les multiples services offerts par les maisons d’aide et d’hébergement : l’accompagnement dans les démarches (juridiques ou autres), le suivi après une séparation, les consultations téléphoniques, les services jeunesse, la défense des droits et évidemment l’hébergement pour les femmes et leurs enfants.

« Si les maisons peuvent devenir temporairement un deuxième chez soi, les femmes peuvent y trouver une écoute, un lieu sûr où déposer leur trop lourd fardeau, une expertise pour élaborer un scénario de sécurité. C’est pourquoi nous voulons leur en donner la clé, la clé de leur liberté et de leur sécurité », ajoute madame Langlais. Cette action s’inscrit dans le cadre de la Campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes qui se déroule du 25 novembre au 6 décembre.

Cette campagne nationale d’information est réalisée grâce au soutien financier du Secrétariat à la condition féminine.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 42 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour but de sensibiliser à la problématique de la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter leurs membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

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Source : Sylvie Langlais, présidente, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale



27 octobre 2015

Justice pour les femmes autochtones

Montréal le 27 octobre 2015 – Les regroupements d’organisations travaillant directement auprès des femmes violentées souhaitent exprimer publiquement leur solidarité avec les femmes autochtones et lancent un appel à la mobilisation de la population afin que les femmes autochtones aient accès à plus de justice. Nous joignons notre voix à ces femmes réclamant justice et saluons l’immense courage qu’il leur a fallu pour poser le geste salutaire de dénoncer l’intolérable. Nous invitons la population à utiliser la campagne #OnVousCroit pour leur manifester leur appui et appelons à la participation à la Vigile organisée par Idle No More – Québec qui aura lieu le jeudi 29 octobre à 18h00 à la Place des arts. Nous soutenons leurs demandes pour une enquête indépendante sur les gestes posés par des policiers de la Sûreté du Québec de Val d’Or et souhaitons la mise en place rapide d’une commission d’enquête sur la disparition et les meurtres de femmes autochtones au coeur de laquelle les femmes autochtones doivent tenir un rôle prépondérant.

Les responsables de l’administration de la justice, la ministre en tête, les corps policiers, les procureurEs, les juges doivent revoir leurs pratiques et briser les barrières se dressant entre les femmes, tout particulièrement les femmes autochtones et la justice. Toutes les formes de violence envers les femmes, peu importe qui en sont les auteurs, peu importe là où elles se pratiquent, sont des entraves à la sécurité et à la liberté de toutes les femmes et un obstacle majeur à l’égalité de fait pour toutes.

Nos groupes travaillent au quotidien et ce, 365 jours par année depuis souvent 40 ans, pour dénoncer la violence envers les femmes et offrir des alternatives à celles aux prises avec la violence physique et sexuelle. Nous sommes trop souvent témoins de l’indifférence dans laquelle les femmes dévoilant les agressions subies se retrouvent ou encore de l’impunité dont bénéficient trop d’agresseurs. Nous travaillons au quotidien pour que la honte change de camp et que la société assume ses responsabilités pour faire cesser cette violence.

Aujourd’hui, c’est avec nos soeurs autochtones que nous nous élevons pour réclamer justice. Cette justice suppose, dans un premier temps, que nous reconnaissions l’impact du colonialisme sur les communautés autochtones et que nous soutenions les demandes de réparation légitimes qu’elles portent.

Les femmes autochtones, cibles de mépris et de racisme, connaissent trop bien l’impact du silence et du désintérêt envers la violence qu’elles subissent. Certaines se sont levées, comme d’autres femmes autochtones avant elles, pour nommer l’injustice et les horreurs qui en découlent depuis trop longtemps. Leurs voix s’élèvent et un mouvement doit les suivre.

Diane Matte, Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)

Manon Monastesse, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF)

Sylvie Langlais, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC)

Nathalie Duhamel, Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)

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16 octobre 2015

2e concours OFFRE D’EMPLOI : CHARGÉE DE PROJET

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale est à la recherche d’une chargée de projet pour la mise en œuvre du projet Travaillons en partenariat pour améliorer la sécurité des femmes victimes de violence conjugale.

SOMMAIRE DU POSTE

La chargée de projet assurera la mise en œuvre d’un plan d’action sur 3 ans visant à

1- Mobiliser et soutenir les partenaires dans le développement et l’implantation d’actions intra et intersectorielles concertées, pour assurer la sécurité des victimes de violence conjugale, dans deux régions du Québec.

2- Transférer les connaissances aux maisons des 14 autres régions, en vue de l’implantation de nouvelles pratiques concertées, pour assurer la sécurité des victimes de violence conjugale.

La stratégie consistera essentiellement à développer, au plan local et régional, des connaissances sur l’évaluation du risque ainsi que des conditions et mécanismes favorables au travail de collaboration entre les maisons d’hébergement, les centres de femmes et des partenaires tels les centres d’aide aux victimes d’actes criminels, les services policiers, les procureurs, les services correctionnels, la Commission québécoise des libérations conditionnelles, les centres intégrés de santé et de services sociaux, des intervenants auprès des conjoints violents, etc. en vue d’une intervention concertée axée sur la sécurité des femmes victimes de violence conjugale et de leurs proches.

Avec le soutien de la coordonnatrice des dossiers politiques et des membres d’un comité conseil, la chargée de projet aura pour principales responsabilités de :

  • Organiser des rencontres multisectorielles avec les partenaires dans les régions de la Capitale nationale et du Bas-Saint-Laurent afin de les mobiliser et de favoriser leur engagement dans le projet;
  • Rencontrer chacun des partenaires afin de dresser avec eux des états de situation pour identifier leurs besoins en matière d’évaluation des risques et de partenariat;
  • Collaborer à l’élaboration d’une trousse d’outils à partir des outils d’évaluation du risque développés par le Carrefour sécurité en violence conjugale;
  • Concevoir un système de conservation et de suivi des évaluations des situations à risque;
  • Coordonner les activités de formation du personnel de chacun des partenaires aux outils d’évaluation des risques en matière de violence conjugale et aux règles entourant l’échange d’informations entre les partenaires;
  • Élaborer avec les partenaires de chacune des régions les mécanismes de communication intersectorielle et les procédures d’implantation d’actions intra et intersectorielles à appliquer selon le niveau de risque;
  • Offrir un soutien personnalisé (à distance) à l’application des nouvelles procédures implantées dans leur organisation et leur région en jouant un rôle conseil auprès des partenaires et en organisant des rencontres intersectorielles favorisant un meilleur partenariat;
  • Organiser un focus group avec des femmes ayant bénéficié du projet dans chacune des régions;
  • Mettre en place avec les partenaires des conditions pour assurer la pérennité des actions intra et intersectorielles dans ces région (tel un protocole);
  • En collaboration avec une formatrice, assurer le transfert des connaissances auprès des maisons des 14 autres régions du Québec (formation de formatrices), afin de modifier les pratiques intra et intersectorielles, et assurer leur maintien à long terme;
  • Mettre en place des mécanismes de soutien des formatrices et des équipes des maisons (communautés de pratique) afin qu’elles soient capables de mobiliser les partenaires de leur région;
  • Assurer la rédaction des comptes-rendus de rencontres intersectorielles et participer à la rédaction des différents rapports;
  • Effectuer toutes autres tâches connexes en collaboration avec l’équipe de travail.

EXIGENCES

  • Diplôme d’études collégiales ou universitaires dans une discipline pertinente
  • Expérience significative en développement de projets mobilisant des partenaires des milieux communautaire et institutionnel
  • Expérience significative dans l’organisation d’activités de formation et l’élaboration d’outils
  • Grandes capacités d’analyse, de synthèse, de rédaction et d’animation, sens de l’organisation, initiative, leadership et autonomie
  • Jugement, diplomatie et habiletés relationnelles
  • Disposer ou avoir accès à une voiture pour se déplacer à une dizaine reprises vers les régions visées par le projet durant la première année et à quelques reprises les années suivantes
  • Des atouts :
  • Expérience en lien avec la problématique de la violence conjugale (recherche, intervention, formation, etc.)
  • Connaissance du fonctionnement des maisons d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale
  • Connaissance des moyens de communication électronique

 CONDITIONS

Poste contractuel de 28 à 35 heures/semaine (à discuter), horaire flexible

Salaire et avantages sociaux : selon les politiques en vigueur

Durée du contrat : novembre 2015 à octobre 2018

Entrée en fonction souhaitée le 23 novembre 2015

Faites parvenir votre lettre d’intention et votre CV, avant 17 heures, le 6 novembre 2015 à : email hidden; JavaScript is required

Nous remercions toutes les candidates qui enverront leur CV, cependant seules celles retenues pour une entrevue seront contactées.



29 septembre 2015

Intimidation à l’école : Les maisons font leurs devoirs

Montréal, le 30 septembre 2015 – À l’occasion de la Semaine nationale contre l’intimidation et la violence à l’école — du 28 septembre au 2 octobre 2015 — les maisons membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale « font leurs devoirs et se mêlent de la violence à l’école ! ». De concert avec ses membres, le Regroupement en profite pour souligner l’importance d’agir dès le plus jeune âge pour contrer la violence. « Notre organisme peut apporter son soutien aux divers intervenants du milieu de l’éducation dans la mise en place d’activités de prévention grâce à des outils ciblés et cohérents », rappelle madame Sylvie Langlais, présidente du Regroupement.

Prévenir l’intimidation, c’est aussi prévenir la violence conjugale

« On peut se surprendre de voir les maisons pour femmes victimes de violence conjugale se préoccuper de la question de l’intimidation et de la violence à l’école. La raison en est simple : prévenir l’intimidation, c’est aussi prévenir la violence conjugale », précise Madame Langlais. Plusieurs études l’ont démontré, les jeunes qui commettent des actes d’intimidation auprès de leurs camarades de classe seront plus nombreux à exercer de la violence dans leurs relations amoureuses à l’adolescence et de la violence conjugale ou sexuelle à l’âge adulte. Nombre d’auteurs de violence à l’égard des femmes, des aînés ou même en milieu de travail, ont été de jeunes intimidateurs auprès de qui aucune intervention efficace n’a été faite.

Un souci pour les victimes

On constate un phénomène semblable chez les victimes. La honte, la peur, le sentiment d’humiliation et parfois même la blessure physique subséquentes à l’intimidation ont un effet cumulatif. Si rien n’est mis en place, le plus tôt possible, pour aider les victimes à reprendre du pouvoir sur leur vie, elles risquent d’en porter les traces longtemps et de finir par croire qu’il est normal d’être violentées. Les intervenantes des maisons d’hébergement le constatent chaque jour : les femmes qui ont subi de multiples victimisations, ont plus de difficultés à surmonter l’impact de ces violences, à retrouver confiance en elles, bref à s’en sortir. C’est pourquoi le Regroupement estime qu’il faut se préoccuper des victimes dès le plus jeune âge. Or, dans le cadre des interventions contre l’intimidation à l’école, elles sont souvent les grandes oubliées.

Des outils pour agir

Le Regroupement et ses maisons ont développé depuis de nombreuses années une démarche de prévention de l’intimidation pour le primaire et le secondaire. Elle vise le personnel scolaire et les parents pour que tous puissent intervenir de manière cohérente auprès des auteurs d’intimidation, des victimes et des témoins. « Aux quatre coins du Québec, notre association et ses membres profiteront de la Semaine nationale contre l’intimidation et la violence à l’école pour distribuer une trousse pour informer le personnel scolaire et les directions sur le soutien qu’ils peuvent recevoir via cette démarche », ajoute madame Langlais.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 45 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Cette association a pour but de sensibiliser à la problématique de la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter leurs membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

 

Source : Sylvie Langlais, présidente

Plus d’information sur la démarche de prévention :

http://maisons-femmes.qc.ca/?page_id=208



7 juillet 2015

Homicide suicide à Anjou – De l’aide pour prévenir de tels drames

Montréal, le 7 juillet 2015 — Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale tient à offrir ses condoléances à la famille du bambin et de l’homme décédés à Anjou dimanche aux mains de ce dernier. « Mais par-dessus tout, le Regroupement espère que de tels drames soient évités », souligne la présidente Sylvie Langlais.

Des indices à connaître et à reconnaître

Il est encore trop tôt pour faire l’analyse de la situation qui s’est passée à Anjou, mais les médias rapportent des éléments qu’on trouve souvent lors d’homicides intrafamiliaux : conjoint contrôlant, séparation imminente, crainte du père. En effet, en Ontario, le Comité d’examen des décès dus à la violence familiale analyse depuis plus de dix ans tous les cas d’homicides intrafamiliaux. De 2003 à 2012, 164 cas totalisant 251 décès ont été examinés. Dans ces situations (55 % d’homicides et 45 % d’homicides suicides), plusieurs facteurs de risque étaient présents et décelables avant le décès des personnes. Parmi les plus fréquents, on retrouvant : des antécédents de violence familiale (73 %), une séparation effective ou prochaine (72 %), un comportement obsessionnel (54 %), un agresseur déprimé (55 %), des antécédents de menaces ou de tentatives de suicide (52 %), une escalade de la violence (45 %), des antécédents de menaces de mort à l’égard de la victime (45 %), des tentatives antérieures d’isoler la victime (42 %), la crainte intuitive de la victime à l’égard de l’agresseur (40 %).

« Il faut informer les femmes pour qu’elles puissent être attentives à ces signes précurseurs et qu’au besoin elles consultent. Les intervenantes des maisons d’aide et d’hébergement peuvent les aider à évaluer la situation et, si nécessaire, à prendre des mesures pour assurer leur sécurité et celle de leurs enfants, bref à prévenir de tels drames », insiste Madame Langlais

La violence, ce n’est pas toujours physique

Beaucoup de femmes ne considèrent pas qu’elles sont victimes de violence conjugale parce que leur conjoint ne les a jamais frappées. Pourtant, le contrôle exercé par le conjoint sur leurs faits et gestes et sur leurs choix peut prendre différentes formes : attitudes et propos méprisants, humiliants, dénigrement de leur apparence ou de leurs capacités intellectuelles, critique de leur façon d’éduquer les enfants ou de cuisiner, interdictions, chantage, ordres, éclats de voix, cris, insultes, injures, menaces, hurlements envers la conjointe ou envers les enfants. Ce sont là autant de manifestations de violence.

« Les proches et les professionnelLEs peuvent aider les femmes à se protéger en les encourageant à demander de l’aide; les médias peuvent aussi aider en les informant », rappelle Madame Langlais.

Le Regroupement

Par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

Pour connaître les différents services des maisons : http://www.contrelaviolenceconjugale.ca/

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Source : Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

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