Montréal, le 15 juin 2021 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale reçoit avec tristesse et consternation la nouvelle d’un 13e féminicide commis en contexte conjugal, seulement une semaine après le meurtre d’une autre femme, Lisette Corbeil, suivi du suicide de son ex-conjoint.

Chaque histoire révèle à chaque fois plusieurs signes avant-coureurs, que ce soit une séparation difficile, des doutes soulevés par des proches, des rapports à la police, etc. C’est aussi ce que pointait le rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale en décembre dernier : dans 80% des cas étudiés par le comité, il y avait 1 à 10 facteurs de risques identifiés, qui auraient pu permettre de lever un drapeau rouge à temps.

« Derrière chaque féminicide, il y a des facteurs de risque qui devraient pouvoir être repérés rapidement par l’entourage ou les professionnel.le.s impliqué.e.s auprès du couple. Pour sonner l’alarme, il doit y avoir de la formation pour tous les acteurs et de l’information du public pour apprendre à reconnaître les signes. Les cellules d’intervention rapide, là où elles sont implantées, ont fait leurs preuves, mais le premier pas pour prévenir les homicides demeure que la victime ou l’auteur soit mis en contact avec une ressource », souligne la présidente Chantal Arseneault.

Nos maisons sont à pied d’oeuvre pour déployer tous les efforts nécessaires sur le terrain afin de rejoindre les femmes et leurs enfants. Seules, elles ne pourront toutefois pas venir à bout de la violence conjugale.

« Plusieurs chantiers ont été lancés dernièrement, que ce soit pour le Tribunal spécialisé, la réforme de la pratique policière ou encore la bonification de l’offre de services pour les conjoints violents. Mobilisées auprès des femmes et de leurs enfants 24h sur 24, 7 jours sur 7, les maisons d’aide et d’hébergement doivent faire partie des discussions pour parvenir à des solutions adaptées aux besoins des victimes et sécuritaires », précise Chantal Arseneault.

Au-delà des annonces des dernières semaines, plusieurs recommandations du Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale et du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale sont encore en attente d’être déployées, et plusieurs dossiers avancent derrière des portes closes. Le Regroupement veillera à ce que les maisons soient parties prenantes des transformations nécessaires pour que cesse cette violence inouïe dont sont victimes les femmes.

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Information :

Fanny Guérin, responsable des communications et des relations de presse
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

fguerin@maisons-femmes.qc.ca / 514 754-1057

À propos du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale. Dans une perspective de prévention, il déploie un éventail de stratégies pour aider tous les acteurs de la société québécoise à mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale.

En 2019-2020, ses 43 maisons membres ont hébergé quelque 2 700 femmes et 2 200 enfants. C’est sans compter les femmes et les enfants qui ont reçu plus de 17 700 services autres que l’hébergement (consultations externes, accompagnement, suivi post-hébergement, etc.).

 

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