Montréal, le 14 mai 2021 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale se réjouit du déploiement de nouvelles mesures structurantes en violence conjugale qui répondent à plusieurs de nos demandes. Parmi elles : élargissement des cellules d’intervention rapide à la grandeur du Québec, 236 unités supplémentaires en maisons de 2e étape et accès au programme Supplément au loyer pour les femmes ayant recours aux services des maisons d’hébergement.

« Ces nouvelles mesures auront un impact direct sur le filet de sécurité autour des victimes de violence conjugale mais aussi sur leur reprise de pouvoir » souligne Chantal Arseneault, présidente du Regroupement. 

 

Intervention rapide et concertée en cas de danger imminent  

Déployées dans régions seulement jusqu’ici, les cellules d’intervention rapide ont fait leurs preuves sur le terrain pour protéger les femmes victimes de violence conjugale. Lorsqu’une situation à risque est rapportée, les partenaires locaux de ces cellules se mobilisent conjointement pour tisser un filet de sécurité autour de la personne concernée et de la famille.

« Les maisons d’aide et d’hébergement, la police, la DPJ, les groupes pour conjoints violents : tout le monde met l’épaule à la roue pour éviter le pire. L’impact de ce travail minutieux de concertation ne se voit pas : ce sont toutes les vies qu’on peut sauver en travaillant ensemble, tous les titres de journaux qui ne paraîtront pas demain » illustre Chantal Arseneault, qui co-dirige également le groupe A-GIR à Laval, pionnier dans ce domaine.

 

Un continuum de services à garantir pour toutes les femmes 

Après un séjour en maison d’aide et d’hébergement, certaines femmes ont besoin de davantage de temps dans un environnement sécurisé et d’un accompagnement prolongé afin de réorganiser leur vie. Les maisons d’hébergement de 2e étape prennent alors le relais pour permettre à ces femmes de réaliser une transition à moyen terme dans un logement abordable et sécuritaire, pour une durée de plus ou moins un an. 

« Le moment de la séparation est particulièrement critique en contexte de violence conjugale. Dépendamment de leur cercle social, des démarches entreprises et des obstacles systémiques qu’elles vivent, un séjour en maison de 2e étape peut être crucial pour les protéger d’un ex-conjoint et pour repartir du bon pied » souligne Chantal Arseneault, présidente du Regroupement. 

Actuellement, ces ressources n’existent pas partout au Québec, créant des trous de services dans certaines régions. Lorsqu’elles sont pleines ou inexistantes, cela a pour effet de prolonger le séjour des femmes en maison d’aide et d’hébergement alors qu’elles seraient prêtes à passer à une autre étape. 

 

Accès au logement pour les femmes victimes de violence conjugale 

Le séjour moyen des femmes dans nos 43 maisons membres va de quelques jours à quelques mois, pour une moyenne de 30 jours en 2019-2020. Or plusieurs de nos maisons constatent une augmentation de la durée de l’hébergement faute d’accès à des logements abordables et à des unités en maison de 2e étape. Cette pénurie a un impact non seulement sur la trajectoire des femmes directement concernées qui ne parviennent pas à se reloger, mais également sur l’accès d’autres femmes aux maisons, dont les places sont alors occupées 

« Face au manque de logements sociaux et de HLM, elles doivent se tourner vers le marché locatif privé, qui est souvent au-dessus de leurs moyens et où sévit de la discrimination de la part des propriétaires » explique Chantal Arseneault. À ce chapitre, l’annonce de 100 unités du programme de Supplément au loyer offre une alternative aux HLM pour lesquels les listes d’attente sont immenses, mais demeure toutefois insuffisante face à l’ampleur de la crise du logement actuelle. 

Afin de garantir le droit au logement et le droit à la sécurité, notre Regroupement continue de réclamer, au côté du FRAPRU et du RCLALQ, plus de logements sociaux mais aussi un meilleur contrôle des prix des logements privés et des pratiques discriminatoires de certains propriétaires. 

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Information :   

Fanny Guérin, responsable des communications et des relations de presse
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale 

fguerin@maisons-femmes.qc.ca / 514 754-1057 

 

À propos du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale    

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale. Dans une perspective de prévention, il déploie un éventail de stratégies pour aider tous les acteurs de la société québécoise à mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale. 

 

En 2019-2020, ses 43 maisons membres ont hébergé quelque 2 700 femmes et 2 200 enfants. C’est sans compter les femmes et les enfants qui ont reçu plus de 17 700 services autres que l’hébergement (consultations externes, accompagnement, suivi post-hébergement, etc.). 

 

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Nouvelles mesures pour renforcer le filet de sécurité et la reprise de pouvoir des femmes victimes de violence conjugale


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