Montréal, le 8 décembre 2020 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale accueille favorablement les recommandations du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale, lesquelles mettent l’accent sur la prévention et la sensibilisation et viennent confirmer de nombreux constats et analyses du Regroupement et de ses maisons membres. « Alors qu’on apprenait hier encore un nouveau féminicide en contexte conjugal à Laval, ce rapport fournit des leviers essentiels pour prévenir collectivement ce type de décès en agissant en amont et en impliquant une grande variété d’intervenant.e.s. Le Comité n’omet pas non plus d’inclure la population en général, en favorisant une meilleure distinction entre la violence conjugale et les conflits conjugaux » commente Mathilde Trou, coresponsable des dossiers politiques au Regroupement.

Basées sur l’analyse de dix événements de violence conjugale ayant causé dix-neuf décès, les recommandations interpellent plusieurs ministères et visent autant les services policiers que le réseau de la santé et des services sociaux, en passant par les acteurs judiciaires, les ordres professionnels et les universités. « L’accent mis sur la formation continue pour tous ces acteurs, comme nous le demandons depuis longtemps, nous permet d’espérer un continuum d’interventions cohérentes, où chaque professionnel.le sait quoi faire et comment le faire, chacun.e à son niveau. » précise Édith Ouellet, intervenante à la Maison des femmes de Québec et membre du conseil d’administration du Regroupement.

Acteurs clés dans l’intervention auprès des victimes de violence conjugale, que ce soit en amont ou après les faits, les services policiers font l’objet de neuf recommandations qui recoupent plusieurs de nos revendications. « Comme le Comité, nous réitérons la nécessité de mettre à jour le Guide de pratique policière ou encore d’offrir de la formation pour outiller les corps de police à mieux dépister la violence conjugale et évaluer les risques d’homicide ou de suicide » ajoute Mathilde Trou, qui présentait vendredi passé le mémoire du Regroupement dans le cadre des consultations sur la réalité policière.

Parmi les mesures recommandées, plusieurs visent également l’amélioration des moyens d’intervention en milieu autochtone et auprès des personnes immigrantes, dans le respect des pratiques et des caractéristiques propres à leurs milieux de vie.

Ces recommandations s’inscrivent en complémentarité du Plan d’action 2020-2025 annoncé la semaine dernière, tout en apportant de nouveaux éléments pour aller plus loin. « Les actions préconisées viendraient notamment pallier le manque de formation constaté dans le Plan. Elles renforcent par ailleurs le bien-fondé de plusieurs mesures phares, comme l’élargissement des mécanismes d’évaluation et de gestion collective des risques ou le Service d’évaluation des conjoints violents au stade de la mise en liberté provisoire » souligne Édith Ouellet.

Mettant en lumière des facteurs de risque identifiés de longue date par les intervenantes des maisons (antécédents de l’agresseur, non-respect de conditions du tribunal, séparation du couple en présence de violence conjugale, etc.), ce rapport constitue un outil de travail pragmatique et fidèle aux réalités du terrain. Le Regroupement n’hésitera pas à s’en saisir pour travailler avec les différents ministères interpellés. Rappelons que les maisons d’aide et d’hébergement, implantées dans toutes les régions du Québec, sont là pour aider les victimes autant que les professionnel.le.s à identifier la violence conjugale et à intervenir adéquatement. Donnons-nous les moyens de sauver des vies en devenant, chacun dans son domaine, un maillon de la lutte contre la violence conjugale.

 

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale. Dans une perspective de prévention, il déploie un éventail de stratégies pour aider tous les acteurs de la société québécoise à mieux comprendre, dépister et agir en matière de violence conjugale. En 2018-2019, ses 43 maisons membres ont hébergé près de 2 800 femmes et plus de 2 200 enfants. C’est sans compter les femmes et les enfants qui ont reçu plus de 17 000 services autres que l’hébergement (consultations externes, accompagnement dans les démarches, suivi post-hébergement, etc.).

 

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Information :

Fanny Guérin, responsable des communications et des relations de presse
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Courriel : fguerin@maisons-femmes.qc.ca
Cellulaire. : 514 754-1057

Source

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

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Rapport du Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale : Vers un continuum d’interventions pour prévenir, dépister et contrer la violence conjugale


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