30 mai 2017

La survie des organismes communautaires menacée

Partout à travers le Québec, les organismes communautaires autonomes en santé et services sociaux (OCASSS), incluant les membres du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, participent à un die-in devant les bureaux de leurs députéEs provinciaux.



15 mai 2017

Arrêtons l’extradition de madame M. M.

[Appel à l’action] Depuis 2011, une femme victime de violence conjugale est menacée d’extradition pour avoir voulu protéger ses enfants. Malgré les nombreuses demandes du Regroupement, la ministre de la Justice refuse toujours d’exercer son pouvoir discrétionnaire pour mettre fin au processus d’extradition.

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8 octobre 2014

Lettre d’opinion: Le registre des armes sauve des vies, par conséquent de l’argent

Monsieur Couillard, Mesdames Vallée et Thériault, je constate ce matin avec frayeur que votre gouvernement refuse de s’engager, comme l’ont fait tous les gouvernements précédents, à mettre sur pied un registre québécois des armes à feu si la Cour suprême oblige Ottawa à lui remettre les données québécoises contenues dans feu le registre canadien.

Depuis des années, et encore maintenant, les policiers québécois peuvent compter sur les données du registre pour moduler leurs interventions. Appelés pour une situation de violence de violence conjugale, ils vérifient si l’auteur présumé possède des armes. Dans l’affirmative, ils agissent de façon à protéger la vie de la ou des victimes et la leur. Sans cette information, le Québec risque de faire face à un nombre accru de mort tant chez les femmes victimes que chez les policiers et policières.

Le registre est aussi utile lorsque le tribunal ordonne à un conjoint violent de remettre ses armes. Les services policiers savent alors combien d’armes ils doivent saisir. Rappelons que la grande majorité des citoyens avaient enregistré leurs armes. Le registre a fait ses preuves.

Et il ne faut pas oublier que des vies perdues, ce sont aussi des frais pour la société. Récemment on apprenait qu’un étude réalisée par des économistes de l’Université Oxford estimait les coûts de la violence à l’égard des femmes, le plus souvent conjugale, à 4 400 milliards à l’échelle mondiale, 5,2 % du PIB mondial. À l’échelle du Québec, cela équivaudrait à plus de 15 milliards. Ces coûts englobent les soins de santé, les pertes de productivité, le processus judiciaire, les impacts sur la réussite scolaire, les perspectives d’emploi, la pauvreté, le risque de reproduire la violence.

Reculer sur la création d’un registre québécois des armes au nom de l’équilibre budgétaire, c’est creuser une dette sociale et financière à long terme.

Louise Riendeau, Coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

 



1 octobre 2014

Forum contre l’intimidation : les maisons espèrent des retombées concrètes !

Montréal, le 1er octobre 2014 – « Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue l’initiative du gouvernement de tenir demain le Forum sur l’intimidation et il espère qu’il entraînera des retombées concrètes pour lutter contre l’intimidation, particulièrement chez les jeunes » déclare la présidente, madame Sylvie Langlais.

Prévenir l’intimidation, c’est aussi prévenir la violence conjugale

« On peut se surprendre de voir les maisons pour femmes victimes de violence conjugale se préoccuper de la question de l’intimidation et de la violence à l’école. La raison en est simple : prévenir l’intimidation, c’est aussi prévenir la violence conjugale », ajoute madame Langlais. En effet, plusieurs études le démontrent, les jeunes qui commettent des actes d’intimidation auprès de leurs camarades de classe seront nombreux à exercer de la violence dans leurs relations amoureuses à l’adolescence et de la violence conjugale ou sexuelle à l’âge adulte. En d’autres mots, c’est leur mode de fonctionnement dans l’ensemble de leurs rapports aux autres. Ainsi, nombre d’auteurs de violence à l’égard des femmes, des aînés ou même en milieu de travail, ont été de jeunes intimidateurs auprès de qui aucune intervention efficace n’a été faite.

Un souci pour les victimes

On constate un phénomène semblable chez les victimes. La honte, la peur, le sentiment d’humiliation et parfois même la blessure physique subséquentes à l’intimidation ont un effet cumulatif. Si rien n’est mis en place pour aider les victimes à reprendre du pouvoir sur leur vie et sur leur situation, elles risquent d’en porter les traces longtemps et de finir par croire qu’il est peut-être normal d’être violentées. Les intervenantes des maisons d’aide et d’hébergement le constatent chaque jour : les femmes qui ont subi de multiples victimisations, par exemple lorsqu’elles ont été harcelées, intimidées ou violentées durant l’enfance ou par plusieurs conjoints, finissent par croire qu’il en va ainsi dans la vie de couple et elles ont plus de difficultés à surmonter l’impact de ces violences, à retrouver confiance en elles, bref à s’en sortir. C’est pourquoi le Regroupement estime qu’il faut se préoccuper des victimes dès le plus jeune âge. Or, dans le cadre des interventions contre l’intimidation à l’école, on les oublie souvent.

Agir rapidement

« C’est dès l’enfance qu’on apprend à établir nos rapports avec les autres : des rapports égalitaires, de respect, ou, au contraire, des rapports de pouvoir. Plus on réussit à intimider d’autres enfants, plus on a le sentiment d’y gagner en pouvoir, en popularité, même en biens matériels. En contrepartie, les jeunes qui ont été harcelés parce qu’ils étaient trop bons à l’école, obèses, immigrants, différents… s’en rappellent toute leur vie », souligne madame Langlais. Il importe donc d’agir rapidement pour mettre fin à de telles conduites. C’est pourquoi le Regroupement et ses maisons membres ont développé depuis de nombreuses années une démarche de prévention de l’intimidation pour le primaire, puis plus récemment pour le secondaire. En plus d’aider à distinguer ce qui est de l’intimidation du manque de respect, du conflit ou de l’agressivité, ces démarches visent à guider le personnel scolaire et les parents pour que tous puissent intervenir de manière cohérente auprès des auteurs d’intimidation, des victimes et des témoins.

Des retombées concrètes attendues

« Le Regroupement avait salué l’adoption de la Loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école en 2012. Il y voyait là un premier pas pour amener toutes les écoles à agir pour contrer ce phénomène. Il espère maintenant que des actions concrètes découleront du Forum, notamment la mise en place de protocoles d’intervention et de la formation pour le personnel scolaire pour mieux intervenir tant auprès des intimidateurs que des victimes. C’est le message que portera le Regroupement dans le cadre de ces assises », affirme sa présidente.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 45 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Cet organisme a pour but de sensibiliser à la problématique de la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter leurs membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

Source : Sylvie Langlais, présidente

Pour information : Louise Riendeau, 514 220-1057 (cellulaire) / @RMFVVC



20 août 2014

Offre d’emploi

Le RMFVVC est la recherche d’une nouvelle Coordonnatrice des dossiers liés à l’intervention et à la problématique.  Il s’agit d’un poste permanent dont les conditions et exigences sont précisées sur l’offre d’emploi que vous trouverez en fichier attaché. Nous vous invitons à en prendre connaissance et à la diffuser largement dans vos réseaux.

Notez que les personnes intéressées à présenter leur candidature ont jusqu’au 10 septembre prochain pour le faire.

Au plaisir de recevoir votre candidature !

L’offre d’emploi



17 juin 2014

Violence conjugale : une initiative mauricienne prend de l’ampleur

Trois-Rivières, le 17 juin 2014. – Hier, avait lieu l’assemblée de fondation du Carrefour sécurité en violence conjugale. « Après avoir porté ce projet pilote pour améliorer la sécurité des victimes de violence conjugale pendant plusieurs années, en collaboration avec le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, et l’avoir vu s’implanter sur d’autres territoires, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que je le vois devenir un organisme autonome, prêt à poursuivre son déploiement à travers le Québec », d’affirmer madame Denise Tremblay, directrice de La Séjournelle.

En effet, le modèle d’actions intersectorielles axé sur la sécurité des victimes de violence conjugale et de leurs proches a d’abord été expérimenté à Shawinigan, avec plusieurs partenaires régionaux et provinciaux, tels l’Accord Mauricie, la Direction régionale des services correctionnels, la Commission québécoise des libérations conditionnelles, le Bureau des procureurs aux poursuites criminelles et pénales, le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels et trois postes de la Sureté du Québec. Il a ensuite été implanté à Trois-Rivières, puis récemment à La Tuque. Avec le soutien de professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières, l’outil d’évaluation du niveau de compromission de la sécurité a pu être validé et une recherche exploratoire a démontré les effets positifs de la collaboration des partenaires sur le sentiment de sécurité des victimes.

« L’implantation en cours dans Charlevoix constitue la première étape du déploiement provincial envisagé par le Carrefour sécurité en violence conjugale. Les homicides conjugaux et intrafamiliaux qu’a connu le Québec ces dernières semaines montrent la nécessité d’initiatives comme celles du Carrefour pour prévenir de tels drames », souligne madame Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. En effet, comme le mentionnait le Comité d’expert sur les homicides intrafamiliaux, pour soutenir les professionnels qui doivent prendre des décisions rapides dans des situations à haut risque « il importe que les intervenants puissent estimer le potentiel de dangerosité le plus rapidement possible. Pour ce faire, ils doivent bien maîtriser les outils d’évaluation du risque pour pouvoir évaluer adéquatement les situations. Un repérage précoce des éléments de risque permet ainsi d’approfondir l’évaluation en allant chercher un maximum d’informations. Ensuite, la concertation de tous les partenaires concernés est un élément clé dans la prévention des homicides intrafamiliaux ». C’est exactement ce que propose le Carrefour sécurité en violence conjugale qui a remis hier, trois mentions d’honneur à madame Claire Morin de la Commission québécoise des libérations conditionnelles, à madame Nancy Corriveau de la direction régionale des services correctionnels – Établissement de détention de Trois-Rivières et à madame Josée Trudel, du Centre de santé et de services sociaux de Trois-Rivières pour leur contribution à l’application et au développement du Modèle du CSVC dans leur organisation.

Élu dans le cadre de cette assemblée, le nouveau conseil d’administration du CSVC est composé de mesdames Denise Tremblay de la maison La Séjournelle, Louise Riendeau du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Synda Ben Affana de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Julie Colbert de Centraide Mauricie, Deicy Mezquita Ortiz de la maison La Montée à La Malbaie, de madame Nadine Ducharme, représentante de la communauté et de monsieur Daniel Bellemare de Maison Radisson. Deux autres personnes complèteront sous peu le conseil, dont le premier défi sera de doter le Carrefour des ressources nécessaires pour poursuivre son implantation sur d’autres territoires.

Le modèle d’actions intersectorielles Carrefour sécurité en violence conjugale (CSVC) a pour finalité l’amélioration de la sécurité des victimes de violence conjugale et de leurs enfants, ainsi que celles de leurs proches, incluant le conjoint (risque suicidaire). Ce modèle novateur intègre des outils d’évaluation du niveau de compromission de la sécurité et des mécanismes de collaboration intersectoriels structurés entre les partenaires. Bien que le filet social ainsi créé ne puisse garantir la sécurité de toutes les personnes, il contribue à améliorer l’efficacité et la cohérence des interventions afin de réduire l’incidence de la violence conjugale et en prévenir l’intensification.

Source : Carrefour sécurité en violence conjugale (CSVC)

 



6 juin 2014

Drame à Saint-Liboire : Lettre d’opinion du Regroupement

Reconnaître la violence conjugale, le premier pas pour sauver des vies

« Chicane de couple qui a mal tourné », « guerre entre les parents », sont les expressions qu’on entendait cette semaine suite à ce qui semble bien être un homicide-suicide. Récemment, dans la Presse, une série d’articles sur les parents qui se séparent parlait aussi de « parents en guerre » et des conséquences des « conflits de séparation » sur les enfants. Au fur et à mesure que les informations s’ajoutent, on apprend que le drame qui s’est joué à Saint-Liboire aurait pour cause la violence conjugale.

Ces décès auraient-ils pu être évités? C’est la question que se posent à chaque fois les intervenantes auprès des femmes victimes de violence conjugale. Les professionnels qui entouraient ce couple ont-ils eux aussi pensé qu’il ne s’agissait que d’une interminable chicane de couple ? Ont-ils la formation et les outils pour distinguer les conflits de la violence conjugale? A-t-on conseillé à Madame, comme dans bien des cas, d’accepter que Monsieur ait des droits de garde pour montrer qu’elle était prête à collaborer avec lui ?

Les médias nous apprennent qu’il était interdit à Monsieur de contacter Madame et que les échanges de garde se faisaient par l’intermédiaire de tiers. On estimait donc qu’il pouvait représenter un danger pour Madame. A-t-on évalué s’il y avait un risque pour la sécurité du bambin à voir son père? Pourquoi l’échange de garde ne se faisait-il pas dans une ressource de supervision de droits d’accès où le personnel aurait pu être à l’affût du comportement trouble du père? Est-ce parce que ces ressources sont insuffisantes? Est-ce aussi parce qu’on préfère penser que les choses se tasseront? Pourtant, dans ce cas comme dans d’autres qui ont défrayé la chronique ces dernières années, on constate que certains hommes décident d’infliger la violence ultime à leur ex-conjointe en tuant leur(s) enfant(s). Il est temps que tous les intervenants, particulièrement ceux du système de justice, arrêtent de se mettre la tête dans le sable et prennent acte de cette réalité : la violence postséparation existe, certains conjoints profitent de leurs droits de visite ou de garde pour continuer de harceler leur ex-conjointe, certains retournent leur violence sur leurs enfants.

Et nous ne sommes pas les seules à le dire. Une analyse sur près de 10 ans (2003 à 2011) de tous les homicides intrafamiliaux faite par le bureau du Coroner en Ontario montre que les trois quarts des cas mettaient en cause un couple qui avait des antécédents de violence familiale, qui était séparé ou sur le point de l’être. Et, dans 50 % des situations, on observait un comportement obsessif de l’agresseur, des menaces ou tentatives antérieures de suicide, une crainte intuitive de la victime à l’égard de l’agresseur.

Le gouvernement du Québec s’est doté d’un plan d’action en matière de violence conjugale. Quand se dotera-t-on, ici aussi, d’un mécanisme pour analyser tous les homicides conjugaux et intrafamiliaux et ainsi améliorer les connaissances sur ces phénomènes? Surtout, quand formera-t-on tous les intervenants, particulièrement ceux qui interviennent en droit de la famille, à reconnaître la présence de violence conjugale et à prendre les mesures appropriées pour assurer la sécurité des membres des familles touchées? Quand mettra-t-on en place un réseau de services de supervision de droits d’accès, accessibles dans toutes les régions du Québec, dont les intervenants seront formés pour évaluer les risques à la sécurité? Il ne s’agit pas là de « luxe », mais de mesures pour sauver des vies.



28 mai 2014

Communiqué remise du Prix Colette-Breton à Mme Danielle Leblanc

Lutte contre la violence conjugale :
Danielle Leblanc de la Maison d’Ariane de Saint-Jérôme honorée

Québec, le 27 mai 2014 – Dans le cadre des célébrations de son 35e anniversaire, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale a décerné le Prix Colette-Breton 2014 à madame Danielle Leblanc, intervenante à la Maison d’Ariane de Saint-Jérôme. Le prix lui a été remis par Madame Stéphanie Vallée, ministre de la Justice et de la Condition féminine. Des membres de l’Assemblée nationale et quelque 130 déléguées des maisons membres du Regroupement participaient à l’événement tenu à la Bibliothèque de l’Assemblée nationale.

Un prix qui souligne l’engagement

Colette Breton a connu un parcours peu banal. Femme victime de violence conjugale, elle a été hébergée à Auberge Transition, puis à la maison du Réconfort, où, par la suite, elle est elle-même devenue intervenante auprès des femmes victimes de violence conjugale. Elle a aussi agi à titre de présidente du Regroupement de 1993 à 1995. Le Regroupement l’a souvent sollicitée pour faire des témoignages (médias, conférences, etc.) et, chaque fois, elle était une porte-parole extrêmement pertinente. Décédée en juin 2003, le Regroupement lui a dédié ce prix pour garder sa mémoire présente et pour souligner son travail et sa grande générosité.

Créé en 2004, ce prix, vise donc à souligner l’implication d’une femme ou celle d’un collectif pour son travail exceptionnel au plan local, régional ou provincial, de près ou de loin, auprès des femmes victimes de violence conjugale. « Parmi des candidatures de grande qualité, celle de madame Leblanc se démarquait par sa capacité à défendre les droits des femmes victimes de violence conjugale sur tous les fronts, et ce, en s’appuyant sur tous les moyens mis à sa disposition : recherches, lois, engagements ministériels, etc. Tour à tour intervenante jeunesse et intervenante auprès des femmes, Danielle Leblanc est toujours prête à partager sa connaissance fine des besoins des mères et des enfants victimes de violence conjugale. D’une grande diplomatie, elle sait créer des alliances avec d’autres partenaires », rapporte Madame Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement et membre du jury.

« C’est grâce à des femmes, comme Danielle Leblanc, qui alimentent ses réflexions et ses actions que le Regroupement demeure un mouvement important en faveur du droit à l’égalité pour les femmes du Québec. Depuis 35 ans, portant leur voix, il a participé activement aux débats. Il a ainsi suscité plusieurs changements législatifs et politiques ou actions visant à aider les victimes ou à éradiquer cette problématique. Merci à elles toutes. », conclut Nathalie Villeneuve.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 45 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Cette association a pour but de sensibiliser à la problématique de la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés.

 



10 mars 2014

Plateforme politique 2014 du Groupe des 13

La campagne électorale québécoise bat son plein !

Ce site est une plateforme politique féministe, un incontournable en cette période propice aux engagements de celles et ceux qui font nos politiques.

Pour consulter la plateforme complète : http://politiquesfeministes2014.com/



10 mars 2014

Élections québécoises 2014 : Pas d’avenir sans l’égalité, pas d’égalité sans les femmes !

 

Communiqué

 

Dans le cadre de la campagne électorale en cours au Québec, et à la veille de la Journée internationale des femmes, le Groupe des 13 (plusieurs regroupements féministes) lance aujourd’hui sa plateforme politique afin de faire valoir ses revendications et demande aux partis des engagements clairs et fermes. «Avec cette plateforme, nous questionnons directement les partis de qui, nous attendons des réponses précises! Pas question que la campagne électorale se déroule sans engagements féministes! affirme Sylvie Lévesque, l’une des porte-paroles du groupe.

Sachant que le prochain gouvernement sera celui qui aura à formuler la nouvelle politique en matière d’égalité pour TOUTES les femmes, le Groupe des 13 estime d’autant plus nécessaire que les partis se positionnent sur les enjeux, trop absents du débat public actuel, touchant les femmes.

La lutte à la pauvreté, l’éducation sexuelle pour contrer la culture du viol, la conciliation travail-famille-études, l’accès aux services sociaux et aux soins de santé, la protection de l’environnement, le respect des peuples autochtones et le bien-être des populations qui occupent le territoire figurent parmi leurs préoccupations.

S’il est évident que le Québec a fait de grands pas, au cours des 40 dernières années, en termes d’égalité entre les hommes et les femmes, il est tout aussi manifeste que l’égalité n’est pas une réalité pour toutes les femmes.

«Les partis politiques doivent reconnaître que l’égalité n’est pas encore acquise, pour faire de l’égalité une réalité pour toutes, les partis doivent lui accorder une place prioritaire et répondre aux revendications des groupes de femmes.» explique Mme Alexa Conradi. «L’accès aux services de garde, à du logement abordable et sécuritaire et à un travail non précaire pose problèmes. La pauvreté, l’itinérance, une santé mentale fragilisée, des situations de violence conjugale et familiale ou encore les stéréotypes sexistes nécessitent une action gouvernementale plus importante», conclut-elle.

Quatre enjeux sont mis de l’avant dans cette plateforme : l’autonomie économique des femmes, le contrôle de leur corps et de leur santé, une égalité de fait pour TOUTES les femmes et l’avenir de la planète et du bien commun; des thèmes chers aux groupes de femmes du Québec.

Le Groupe des 13 lance également un microsite qui, en plus de contenir une version adaptée de la plateforme, présentera les réponses des partis politiques aux questions qui leur ont été adressées.

Formé en 1986, le Groupe des 13 est une coalition de groupes, de regroupements et de tables de groupes de femmes qui œuvrent à l’échelle provinciale et régionale à la défense des droits des femmes, dans des domaines aussi variés que l’emploi, l’immigration, la santé, le handicap, l’aide et l’hébergement des victimes de violence conjugale ainsi que des femmes violentées vivant de multiples problématiques sociales, le soutien aux femmes aux prises avec la prostitution, l’accès aux services, la place des femmes en politique, la justice, etc.

 

Pour consulter la plateforme complète et les réponses des partis : http://politiquesfeministes2014.com/

 

Renseignements  :

Sylvie Lévesque, Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ). 514 729-6666 ou cell. 514 710-6661

Alexa Conradi, Fédération des femmes du Québec (FFQ).Pour information, contactez Cybel Richer-Boivin. 514 717-4847 ou email hidden; JavaScript is required



25 février 2014

Budget provincial 2014-2015 !

Déficit zéro : la facture refilée aux familles à faible revenu !

MONTRÉAL, le 21 févr. 2014 /CNW Telbec/ – La Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, la Fédération des femmes du Québec, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, et le Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail déplorent que le budget déposé hier à l’Assemblée nationale appauvrisse encore davantage les familles à faible revenu.

La ministre de la Famille, Mme Léger, avait pourtant promis de ne pas hausser les tarifs de services de garde, ajoutant que si elle devait le faire, elle compenserait cette hausse par des mesures fiscales pour atténuer son impact sur les familles à faible revenu. On ne retrouve aucune mesure dans ce sens dans le budget Marceau. «Ainsi, à partir du 1er septembre 2014, il en coûtera 500$ de plus par année en frais de garde pour deux enfants. L’année suivante, cette augmentation sera doublée, en plus d’une indexation annuelle des frais de garde. La charge financière des familles à faible revenu sera encore plus imposante. C’est tout à fait inacceptable !» s’indigne Mme Sylvie Lévesque, de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec. Ironiquement, pour les familles monoparentales à faible revenu, il demeurera plus avantageux d’envoyer ses enfants dans une garderie non subventionnée, si elles peuvent en dénicher une à 35$ par jour. Rappelons que ces familles ne réussissent toujours pas à trouver une place à contribution réduite.

Cette hausse, imposée par le gouvernement, venant de celle-là même qui avait instauré les centres de la petite enfance (CPE), Mme Pauline Marois, est d’autant plus inadmissible qu’elle nuira à l’accès au travail d’une proportion importante de femmes, notamment des mères monoparentales. En effet, les garderies à contribution réduite ont permis sur 10 ans à près de 70 000 mères d’occuper un emploi. En favorisant la participation des mères au marché du travail, on a contribué à sortir les enfants de la pauvreté.

Les organismes mentionnés précédemment comptent sensibiliser la population à cette réalité, particulièrement à l’occasion de la période électorale pressentie. De même, ils demanderont aux divers partis politiques un engagement ferme à cet égard.

SOURCE : Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec 

Renseignements : Sylvie Lévesque, directrice générale FAFMRQ, (514) 729-6666 ou (514)710-6661



14 janvier 2014

Position commune des tables régionales de groupes de femmes et des regroupements nationaux de femmes sur la Charte

Suite à l’ouverture de la commission parlementaire sur le projet de Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’état ainsi que l’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale appelle la population québécoise à la solidarité. Il invite toutes les Québécoises et tous les Québécois à s’informer, se documenter et débattre dans un esprit d’ouverture et dans le respect.

Le Regroupement est un organisme de défense collective des droits des femmes dans une perspective de plus grande justice sociale et se positionne clairement pour la laïcité de l’état soit pour les principes de séparation de l’État et des institutions religieuses, de neutralité de l’État à l’égard de la croyance et de l’athéisme de même que de la liberté de conscience et de religion.

Dans le débat sur cette Charte, nous nous opposons à l’articulation d’un discours axé autour de la crainte de l’autre selon laquelle la diversité culturelle apportée par les communautés culturelles arrivées ou installées depuis longtemps au Québec, pourrait compromettre la cohésion collective et menacer l’identité québécoise. Nous nous opposons à l’utilisation du discours féministe sur l’égalité des sexes pour justifier un discours hostile envers la population immigrante, pour diviser les femmes et la population québécoise. Nous nous opposons à tout autre facteur d’exclusion sociale susceptible de favoriser des phénomènes de ghettoïsation défavorable aux femmes et qui seraient, par conséquent, contraires au principe d’égalité entre les femmes et les hommes.

Nous tenons à rappeler qu’il existe, dans notre société québécoise qui se veut égalitaire, de grandes inégalités persistantes envers les femmes soit leur situation de pauvreté, la violence qui s’exerce contre elles de même que leur faible représentation politique. Nous rappelons également que, pour certaines femmes, le chemin de l’égalité est plus ardu car elles doivent faire face à d’autres systèmes d’oppression liés à la couleur de leur peau, à leur origine ethnique, à leur orientation sexuelle, à leur handicap, à leur âge pour ne nommer que ceux-là. La question de la laïcité de l’état n’est pas le seul obstacle que les femmes rencontrent dans leur quête d’égalité.

 



28 novembre 2013

Entrevue au 98,5 à l’émission d’Isabelle Maréchal

La présidente du Regroupement, Nathalie Villeneuve, était en entrevue avec Isabelle Maréchal, le 27 novembre, entre 10h et 11h. Pour écouter l’entrevue complète :

http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=201178



28 novembre 2013

Lancement de la campagne Vivre la violence conjugale

Montréal, le 27 novembre 2013 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (le RMFVVC) et ses 45 maisons membres lancent aujourd’hui le site web Vivre la violence conjugale, sur lequel se retrouve un contenu inédit : des centaines de témoignages de femmes victimes de violence conjugale. « En incitant les femmes victimes de violence conjugale à prendre la parole, le Regroupement poursuit un double objectif : donner accès à la population à cette réalité méconnue et par le fait même permettre à d’autres femmes de voir qu’elles ne sont pas seules à subir la violence de leur conjoint », explique Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement

 

Pour créer le site Vivre la violence conjugale, les intervenantes des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ont invité les femmes qu’elles soutiennent à témoigner de ce qu’elles vivent et ressentent au quotidien ou des raisons les ayant poussées à demander de l’aide. Quelques enfants ont également voulu participer.  Ces histoires, qui dépassent parfois la fiction, des intervenantes en maisons, des policières, des travailleuses sociales, etc. les entendent au quotidien. Certaines ont tenu à partager ce qui se passe habituellement derrière des portes closes.

 

La parole des femmes victimes de violence conjugale permettra à la population de mieux saisir ce que vivent ces femmes victimes et de constater les traces que laisse la violence. « Face à cette réalité déchirante, le Regroupement espère que plus de personnes se mobiliseront pour aider les femmes à y échapper », souligne Nathalie Villeneuve.

 

En rendant public le site, le Regroupement veut aussi donner un espace aux femmes victimes de violence conjugale où elles pourront s’exprimer en toute confidentialité.  « Ces femmes sont souvent très isolées. Constater que d’autres vivent la même chose qu’elles pourra les aider à demander de l’aide », ajoute madame Villeneuve.

 

L’initiative de Vivre la violence conjugale s’inscrit dans la campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes. Cette campagne nationale, qui se déroule du 25 novembre au 6 décembre, regroupe des organismes féministes à travers la province qui ont à cœur la sécurité et la santé physique et mentale des femmes.

 

De par sa mission d’éducation, de sensibilisation et d’action, le Regroupement contribue à faire évoluer les lois et les politiques afin de rendre plus adéquates les mesures de protection pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale.

 

Site web de la campagne : www.vivrelaviolenceconjugale.ca

 

 

 

 



24 novembre 2013

Lancement de la campagne 2013 des 12 jours d’action contre la violence faite aux femmes

Les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes

Nier les INÉGALITÉS met les femmes en danger !

Des organisations féministes lancent la Campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes sous le thème : « Les femmes sont toujours victimes de violence parce qu’elles sont des femmes. Nier les inégalités met les femmes en danger ! ».

Au cours de ces journées, des activités de sensibilisation sont organisées à travers la province afin de favoriser la réflexion collective. L’édition 2013 de la campagne souhaite mettre en exergue la spécificité de la violence envers les femmes, souvent remise en cause ces dernières années.

Cette année, la campagne sera marquée par la publication du traditionnel appel à l’action dans les principaux médias écrits. Un site Internet dédié à cette campagne sera lancé, comprenant, entre autres, un calendrier des actions réalisées partout au Québec ainsi que la liste des donateurs de la campagne 2013.

Les 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes

S’inscrivant dans une campagne internationale, les 12 jours d’action se déroulent, à travers le Québec, du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 6 décembre, Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Partout, des organisations ayant à cœur la lutte contre la violence envers les femmes interpelleront de diverses façons la société québécoise pour dénoncer cette violence subie par les femmes parce qu’elles sont des femmes.

Nier les inégalités met les femmes en danger !

Des voix se font entendre qui affirment la symétrie de la violence : les femmes seraient aussi violentes que les hommes, qu’il s’agisse de violence physique, psychologique, verbale, économique et, même, sexuelle. De tels discours masquent les inégalités de la violence et allèguent l’égalité atteinte entre les femmes et les hommes.

De plus, au-delà des inégalités entre les hommes et les femmes quant à la fréquence de la victimisation et à la dangerosité des actes, il faut souligner que la position sociale des femmes, ainsi que leurs expériences d’inégalités et de violence, sont structurées par de multiples systèmes d’oppression, susceptibles de les rendre davantage vulnérables aux différentes formes de victimisation.

Quelques chiffres

A ce titre, rappelons que plus de 95% des personnes exploitées sexuellement dans l’industrie du sexe sont des femmes. La traite à des fins d’exploitation sexuelle est la forme de violence envers les femmes la plus en expansion, et souvent oubliée.

De plus, les données policières montrent que les femmes sont majoritaires (80%) parmi les victimes d’infractions commises dans un contexte conjugal (Sécurité publique du Québec,  2012). Outre ce constat, on remarque que les femmes composent la grande majorité des victimes d’agression sexuelle (96%), de séquestration (97%), d’enlèvement (95%) et d’homicides conjugaux (93%).

Les femmes autochtones de 25 à 44 ans sont cinq fois plus susceptibles que les autres femmes du même âge de mourir à la suite d’actes de violence. L’enquête sociale générale (Statistique Canada, ESG, 2009) montre que les femmes limitées dans leurs activités, à cause d’une condition, d’un handicap ou d’un problème de santé, sont quasiment deux fois plus sujettes à la violence conjugale que les autres femmes.

C’est pourquoi il est impératif de rappeler le fait que nier les inégalités en matière de violence met les femmes en danger. Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait, la Campagne des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes offre une très bonne occasion de dénoncer et d’agir concrètement contre cette violence.

Le point final de la campagne : la commémoration de la tuerie de Polytechnique le 6 décembre

L’édition 2013 de la campagne des 12 jours d’action se clôturera lors d’un rassemblement public, le 6 décembre prochain, devant le Palais de Justice de Montréal à 12h30, afin de commémorer le souvenir des victimes de la tuerie de Polytechnique de 1989.

Qu’elles soient femmes immigrantes, autochtones, handicapées, âgées ou vivant de multiples problématiques sociales, ce rassemblement vise à mettre en lumière leur parcours empreint de violence souvent occultée. « À cette occasion, nous rappellerons que, tant qu’il y aura de la violence envers les femmes et que celle-ci sera banalisée et tolérée, notre lutte se poursuivra ! » termine Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec.

 

Sont membres du Comité des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence envers les femmes :
la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES),
la Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec (FRHFVDQ),
la Fédération des femmes du Québec (FFQ),
Femmes Autochtones du Québec (FAQ),
L’R des centres de femmes du Québec,
le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC),
le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS),
le Réseau d’action des femmes handicapées du Canada (RAFH),
SOS Violence conjugale,
la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).



14 novembre 2013

Affaire Turcotte : Redonner confiance dans le système judiciaire

Montréal, le 14 novembre 2013 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue la décision de la Cour d’appel d’ordonner un nouveau procès pour Guy Turcotte. « Nous espérons que cette décision et que le procès permettra à la population, mais plus particulièrement aux victimes de violence conjugale, de retrouver confiance dans le système judiciaire », affirme la présidente du Regroupement, madame Nathalie Villeneuve.

Des victimes craintives

Rappelons que dans les semaines qui ont suivi le verdict de non-responsabilité rendu à l’égard de monsieur Turcotte, plusieurs femmes victimes de violence conjugale ont confié aux intervenantes des maisons avoir été menacées par leur conjoint ou ex-conjoint contrôlant. Plusieurs leur auraient dit : « Je vais tuer les enfants et je vais me faire passer pour fou ». Ces menaces ont augmenté les craintes et le désarroi des femmes.

Des stratégies de déresponsabilisation

Le Regroupement espère qu’un nouveau procès permettra au système de justice de montrer qu’un agresseur ne peut échapper à sa responsabilité du seul fait qu’il invoque des troubles mentaux ou l’intoxication. « Cette démonstration est d’autant plus importante que de nombreux conjoints violents tentent de justifier leurs agressions par l’abus d’alcool et de drogue », souligne madame Villeneuve. Le Regroupement espère donc que la poursuite et les experts sauront mettre en lumière si l’intoxication de monsieur Turcotte relève d’une telle stratégie.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 45 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour but de sensibiliser à la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales.



4 novembre 2013

La violence sexiste contre les femmes : atelier aux États généraux du féminisme

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17 octobre 2013

Violence conjugale : prévenir ou guérir?

On apprenait hier dans les médias que la famille de Maria Altagracia Dorval poursuivait la Ville de Montréal pour « fautes et négligence » de ses policiers. Assassinée par son ex-conjoint en 2010, après avoir demandé l’aide de la police à trois reprises, Madame Dorval avait trois enfants, aujourd’hui orphelins. 

Une telle poursuite n’est pas une première au Québec. À l’automne 2012, la Cour d’appel confirmait un jugement de première instance reconnaissant la faute par omission de patrouilleurs du Service de police de Laval dans une affaire de violence conjugale. La Ville de Laval avait été tenue responsable de la faute de ses policiers, lesquels avaient considéré non fondé l’appel d’urgence fait par une femme menacée de mort par son ex-conjoint. Ce meurtre a eu lieu en 2001.

 

Incluant Madame Altagracia Dorval, au cours des sept dernières années, au moins sept femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint ne semblent pas avoir reçu la protection qui s’imposait dans leur situation. Sept femmes qui ont laissé derrière elles 8 enfants qui n’ont plus de mère pour les protéger, pour les chérir et pour les guider dans la vie. Plusieurs ont assisté à l’agonie de leur mère et en conserveront longtemps les images.

 

Le 6 décembre 2012, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale demandait à la Première ministre Marois d’intervenir pour qu’une enquête du coroner soit tenue. L’objectif recherché : identifier les lacunes dans l’intervention policière, judiciaire ou autre afin d’éviter que d’autres femmes ne trouvent la mort dans des circonstances semblables. La réponse est venue du ministre de la Sécurité publique : une telle enquête était prématurée. Par la suite, il balayait du revers de la main, la demande que des enquêtes indépendantes soient tenues lorsque la mort d’une femme semble résulter de l’omission d’agir des policiers. En mai, des intervenantes de maisons de tout le Québec manifestaient devant les bureaux de Madame Marois pour réitérer la demande d’enquête du coroner. Silence radio du côté du gouvernement.

 

Faudra-t-il que toutes ces familles endeuillées intentent des poursuites au civil pour que le gouvernement se demande si on peut prévenir de telles morts?  La politique d’intervention en matière de violence conjugale Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale s’incarne-t-elle dans la réalité?  Ou, au fond, préfère-t-on guérir, c’est-à-dire à l’occasion payer, plutôt que prévenir?  On parle abondamment du droit à l’égalité des femmes ces temps-ci, pourquoi ne se mobilise-t-on pas pour leur garantir un droit égal à la vie?

 

 

 

Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

 

 

 



8 octobre 2013

Un plan d’action canadien contre la violence faite aux femmes

Ottawa, le 8 octobre 2013– Au Canada, en 2010, 593 maisons d’hébergement accueillaient des femmes violentées vivant de multiples problématiques sociales et leurs enfants, ce qui représente 11 461 lits. Il est évident que ces chiffres n’ont pas diminué depuis… Il est également évident aussi que nous ne disposons pas des moyens nécessaires à un tel combat.

Afin d’identifier les lacunes des politiques et des lois liées à la violence faite aux femmes (VFF) au pays, le Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes (RCMHF) a mené, en 2012, le projet Prospectives de politiques et d’opportunités en matière de VFF. Financée par la Fondation canadienne des femmes, l’étude examine en profondeur les politiques, lois et plans d’action concernant la VFF dans l’ensemble des provinces et territoires ; les ressources allouées à la protection et au soutien des survivantes ; les limites des systèmes juridiques et des lois ; l’accès au logement ; la justice sociale et, finalement, la prévention de la VFF.

Les résultats inquiétants de cette étude sont publiés aujourd’hui dans notre rapport Arguments en faveur d’un plan d’action canadien contre la violence faite aux femmes. Les conclusions montrent clairement l’importance d’élaborer et d’implanter un plan national de lutte contre les violences faites aux femmes.

« Le Réseau demande au gouvernement fédéral de prendre de nouveaux engagements, notamment financiers, et de mettre en place de solides mécanismes de surveillance, d’évaluation et de collecte de données. », déclare Manon Monastesse, directrice de la Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec.

En effet, en absence d’un tel plan, les réponses à la VFF sont largement fragmentées, les services d’aide et d’hébergement souvent inaccessibles et la sécurité des femmes souvent plus entravée qu’améliorée par différentes démarches.

Les maisons d’hébergement de tout le pays soutiennent la nécessité de se doter d’un plan d’action national et reconnaissent que la simple création de services ne permettra pas un réel endiguement de la VFF. « Bien qu’au Québec de nombreuses mesures ont été mises en œuvre en matière de violence faite aux femmes et en matière d’égalité, un plan d’action canadien permettrait d’améliorer la prévention et les actions de lutte contre cette violence, particulièrement au niveau des compétences fédérales », de déclarer Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Le rapport montre que le gouvernement fédéral n’identifie pas les femmes (en tant que groupe démographique particulier) comme une population à risque en termes de violence par un partenaire intime ou de violence sexuelle, négligeant ainsi certaines variables fondamentales, notamment les causes profondes de la VFF.

Holly Johnson, chercheuse principale, souligne que « de plus en plus, le gouvernement fédéral aborde la sécurité des femmes sans tenir compte d’une dynamique de genre et, par conséquent, ne fait pas de lien entre la violence et le sexe. C’est la raison pour laquelle le Canada n’a pas de politique positionnant la VFF dans un contexte d’inégalité entre les sexes, décuplée par beaucoup d’autres inégalités sociales. »

Voici quelques conclusions percutantes de ce rapport :

• Dans plusieurs provinces et territoires, la sécurité des femmes est compromise par une insuffisance de fonds gouvernementaux ;

• Un changement d’orientation s’impose en vue de fournir des services aux femmes autochtones ;

• Les systèmes juridiques au Canada sont coûteux, inaccessibles, fragmentés et doivent être améliorés en vue de mieux contrer la VFF et de bénéficier aux survivantes ;

• Il n’existe que peu d’évaluations des méthodes efficaces pour contrer la VFF ou pour transformer les attitudes et les comportements face à la VFF.

Un plan d’action canadien de lutte contre la VFF au Canada devrait avoir comme priorités : la cohérence en matière de politiques et de lois concernant la VFF ; une vision commune des causes profondes de la VFF ; des approches cohérentes en matière de prévention et de réponse à la VFF ; la recherche collective des solutions les plus appropriées et, finalement, la généralisation de services et de systèmes coordonnés, clairs et efficaces, au service du respect effectif des droits des femmes violentées.

« Un plan progressiste d’envergure nationale aurait dû être créé depuis longtemps », affirme Lise Martin, directrice générale du Réseau. « Il est absolument crucial que la vision et les savoirs des maisons d’hébergement et de leurs intervenantes soient au cœur du plan d’action canadien que nous espérons bientôt. »

Cet automne, le Réseau amorce avec des partenaires et des organisations alliées l’élaboration d’un modèle de plan d’action canadien sur la VFF, y compris un processus axé sur les survivantes qui tienne véritablement compte de l’expertise développée au fil des ans par les maisons d’hébergement.

Le Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes (RCMHF) est une coalition de 12 réseaux provinciaux et territoriaux de maisons d’hébergement pour femmes représentant plus de 350 maisons d’hébergement au Canada. Le Réseau présente une voix unifiée à des fins de collaboration, d’éducation et d’innovation en vue d’impulser des changements systémiques qui mettront fin à la violence faite aux femmes.

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Le sommaire exécutif et les recommandations

Arguments en faveur d’un Plan d’action canadien contre la violence faite aux femmes est en ligne au http://contrevff.ca/sites/default/files/sommaire_-_arguments_en_faveur_dun_plan_daction_canadien_contre_la_vff.pdf

Pour commentaires :

Professeure Holly Johnson, Département de criminologie, Université d’Ottawa

Lise Martin, directrice générale, Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes

Manon Monastesse, directrice, Fédération de ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec et co-présidente du Réseau canadien des maisons d’hébergement pour femmes

Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques, Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Pour les médias :

Lise Martin

(613) 680-5119

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@endvawnetwork

https://www.facebook.com/endvawnetwork



4 octobre 2013

Offre d’emploi : poste d’agente de projet au RMFVVC !

L’agente de projet assurera la mise en œuvre d’un plan d’action sur 3 ans visant à améliorer les mesures de soutien et de protection offertes aux mères victimes de violence conjugale dont les enfants sont suivis par le système de protection de la jeunesse. La stratégie consistera essentiellement à développer, au plan local et régional, des conditions et mécanismes favorables au travail de collaboration entre les maisons d’hébergement et les Centres jeunesse et à une intervention concertée, garante à la fois de la protection des enfants et de celle de leur mère victime.

 

Pour appliquer ou pour plus d’informations sur le poste

 



2 octobre 2013

Nouvelle démarche d’intervention contre la violence dans les écoles secondaires !

Dans le cadre de la semaine contre l’intimidation et la violence à l’école, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale est heureux de lancer sa toute nouvelle démarche d’intervention contre la violence à l’école secondaire ENLIGNONS-NOUS VERS DES MOTS SANS MAUX !

Dépliant MSM final recto-verso HRSur le même modèle que la démarche de prévention contre la violence à l’école primaire BRANCHONS-NOUS SUR LES RAPPORTS DE FORCE, le Regroupement formera dès la semaine prochaine des intervenantes de toutes les régions du Québec qui, dans les écoles, iront implanter la démarche auprès de l’ensemble du personnel scolaire et des élèves. Pour en savoir davantage, consulter le dépliant ci-joint.



25 septembre 2013

Nominations au Conseil du statut de la femme : le gouvernement n’a pas respecté la loi

MONTRÉAL, le 25 sept. 2013 /CNW Telbec/ – Des regroupements et groupes nationaux féministes réunis au sein du Groupe des 13 dénoncent le fait que le gouvernement du Québec n’ait pas respecté la composition du Conseil du statut de la femme prévue par la Loi, témoignant ainsi de sa volonté de contrôler l’instance conseil en matière de condition féminine. Ils demandent donc à la ministre Maltais de refaire le processus de nomination.

Composition illégale

La Loi sur le Conseil du statut de la femme prévoit que ce dernier, compte dans sa composition quatre personnes parmi celles recommandées par les associations féminines. Or à la suite des dernières nominations ministérielles, elles ne sont plus que deux à provenir de ce secteur. En contrepartie, il y a présentement 4 femmes issues du milieu socio-économique, alors que la Loi prescrit que 2 femmes soient recommandées par ce milieu. «L’altération illégale de la composition du Conseil témoigne de l’intention gouvernementale d’en contrôler la composition», explique Sylvie Lévesque, directrice générale de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ), membre du G13.

Ingérence

En ne respectant pas le processus légal de nomination, madame la ministre Maltais a compromis l’indépendance du Conseil, de façon à favoriser le point de vue gouvernemental. « En s’ingérant, dans la composition, le gouvernement prive le Québec d’une instance non-partisane capable de conseiller le gouvernement et d’informer la population en matière d’égalité et de respect des droits et du statut des femmes », affirme Blanche Paradis, coordonnatrice du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, également membre du G13.

Étude d’impacts

Les groupes et regroupements féministes membres du G13 sont d’avis qu’il est nécessaire de procéder à une analyse différenciée selon les sexes (ADS) des impacts que la Charte des « valeurs québécoises » aurait sur les femmes. Le G13 trouve d’ailleurs surprenant que le gouvernement ne l’ait pas fait avant de lancer son projet. En l’absence de cette étude, les groupes tiennent absolument à ce que le CSF en produise une.

Les groupes signataires :
Alliance des femmes handicapées du Québec (AFHQ)
Centre de documentation sur l’éducation des adultes et la condition féminine (CDÉACF)
Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT)
Femmes autochtones du Québec (FAQ)
Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ)
Fédération des femmes du Québec (FFQ)
Fédération des ressources d’hébergement pour femmes violentées et en difficulté du Québec
Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN)
L’R des centres de femmes du Québec (L’R)
Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale
Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RCALACS)
Regroupement Naissance-Renaissance (RNR)
Relais-femmes
Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec (RAFIQ)
Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec
Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF)

SOURCE : Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec



10 septembre 2013

Séance d’information sur la parentalité et la médiation familiale : à proscrire en présence de violence conjugale !

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec ont déposé un mémoire conjoint à la Commission des institutions chargée d’étudier le projet de loi 28 – Loi instituant le nouveau Code de procédure civile. Le Regroupement et la FAFMRQ interviennent pour demander au législateur de tenir compte du fait que les séances de parentalité et la médiation familiale ne sont pas appropriées en présence de violence conjugale. Ils suggèrent donc des amendements qui feront en sorte que les victimes puissent plus facilement se prévaloir de l’exemption prévue par le projet de loi 28.

 

Pour lire le mémoire : RegrMaisonsFemmes&FAFMRQ PL28



9 septembre 2013

Lettre d’opinion sur le Registre des armes à feu : on parle de nous dans les médias !

Trois médias ont publié notre lettre d’opinion :

Le Métro

http://journalmetro.com/opinions/courrier-des-lecteurs/364508/courrier-des-lecteurs-du-29-aout-2/

Journal de Montréal

http://www.journaldemontreal.com/2013/08/29/un-registre-indispensable

La Presse

http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/carrefour/201308/30/01-4684820-le-gouvernement-conservateur-et-le-registre-des-armes-a-feu.php

 



26 août 2013

Le gouvernement conservateur et le registre des armes à feu

LETTRE D’OPINION

Si je prends le temps de vous écrire aujourd’hui c’est pour partager mes craintes en lien avec le combat du gouvernement du Québec en Cour Suprême.

Le gouvernement conservateur de Monsieur Harper n’a fait que diminuer et éliminer une après l’autre toutes les protections et les contrôles sur les armes à feu. En plus d’éliminer le registre des armes d’épaules, il a enlevé l’obligation pour les commerçants de tenir un registre des ventes d’armes à feu. Aussi, il a affaiblit la vérification par les vendeurs de la validité du permis d’arme à feu des acheteurs de fusils. En continuant sur cette fois, on risque un retour dans le temps et une nouvelle période de Far West ne me plaît guère. 

Un tel constat me fait peur, surtout lorsqu’on sait que le registre des armes à feu avaient fait ses preuves, particulièrement dans le cadre des interventions des policiers dans des situations de violence conjugale.  Nos maisons membres le constataient chaque jour.

Par conséquent, j’espère que le gouvernement du Québec réussira à récupérer ces données afin qu’un registre provincial puisse être créé. Le Ministre Blaney a déjà accepté de ne pas détruire les données en attendant la décision de la Cour Suprême, ne sera-t-il pas plus simple de redonner simplement les données au gouvernement du Québec ?

 

Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

 



30 mai 2013

Une enquête du coroner est réclamée : on parle de nous dans plusieurs médias !

Voici une liste provisoire des entrevues et articles publiés en lien avec notre rassemblement du 29 mai (enquête du coroner réclamée).

http://maisons-femmes.qc.ca/wp-content/uploads/2013/05/liste-entrevues-rassemblement-enquête-coroner.pdf



30 mai 2013

Une enquête est réclamée pour mettre au jour les obstacles à une protection des victimes

Montréal, le 29 mai 2013 – Plus de 200 intervenantes auprès des victimes de violence conjugale se sont rassemblées, ce midi, devant les bureaux de la première ministre, madame Pauline Marois. Provenant des quatre coins du Québec, ces travailleuses des maisons d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ont réaffirmé haut et fort l’importance d’ordonner une enquête du coroner sur les circonstances du décès de sept femmes survenu peu de temps après qu’elles eurent fait appel aux policiers. Une enquête publique, indépendante et impartiale est requise afin de porter un regard neutre sur ces situations. Les recommandations qui en ressortiraient permettraient de renforcer les mesures concernant l’intervention policière prévues dans le 3e plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale et d’atteindre réellement les objectifs fixés.

Les freins doivent être identifiés

Il importe de mettre en lumière les obstacles qui auraient pu mener à la faute d’omission d’agir des différents services policiers. En effet, ces sept femmes décédées au cours des six dernières années, dont quatre en 15 mois, ne semblent pas avoir reçu la protection qui s’imposait dans leur situation, et cela, malgré le fait qu’elles aient demandé de l’aide à la police, comme leur recommandaient d’ailleurs de le faire les dernières campagnes gouvernementales contre la violence conjugale!

« Combien d’autres femmes, qui n’auraient pas fait les manchettes, ont pu être confrontées à cette même absence de protection? Il faut comprendre ce qui s’est passé, pourquoi on n’a pas répondu à leur appel au secours et, surtout, comment on pourrait éviter d’autres morts semblables », souligne Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Pour l’heure, il est impossible de répondre à ces questions puisqu’au meilleur des cas, lorsque des enquêtes ont eu lieu, elles se sont déroulées à huis clos, entre policiers. Ainsi, ni les citoyennes et citoyens, ni les spécialistes de la violence conjugale ne sont informés des changements qui s’en sont suivis, ou même, si de tels changements ont été effectués. 

Des lacunes qui semblent systémiques

Loin d’être anecdotique, l’omission d’agir semble systémique. Les lieux, les dates et les services de police varient, mais plusieurs membres du Regroupement des maisons ont signalé l’omission d’agir, ou encore, des interventions erratiques de la part de policiers. Il relève donc de la plus haute importance de comprendre pourquoi les politiques ministérielles et les directives qui en découlent sont trop souvent inappliquées. « Soyons claires, notre demande d’enquête du coroner n’a pas pour but de trouver des coupables, sur le plan individuel, mais plutôt de comprendre ce qui aurait pu être fait, sur le plan organisationnel, afin de prévenir d’autres décès, de sauver des vies. S’agit-il d’un manque de ressources pour que soit  appliquée la pratique policière recommandée, d’une banalisation de la violence conjugale, d’une place trop grande laissée au jugement discrétionnaire, d’un manque de formation, de difficultés à recueillir la preuve, de pressions autres? Pourquoi le gouvernement tarde-t-il à aller chercher cet éclairage indépendant? », questionne Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement.

Une enquête aux multiples bénéfices

Depuis plus de 10 ans, ni les coroners en chef ni les ministres de la Sécurité publique n’ont cru bon d’ordonner une enquête à la suite des nombreux décès liés à la violence conjugale. Pourtant, l’apport d’une instance extérieure est indispensable pour recueillir des témoignages, faire le point sur les manquements persistants et proposer des voies concrètes de solution aux lacunes constatées sur le terrain. Un autre gage de succès réside dans la mise en place de mécanismes de suivi rigoureux et régulier avec les groupes spécialisés en violence conjugale.

Qui plus est, la tenue d’une enquête spéciale du coroner permettrait d’informer les policiers et de trouver des façons d’améliorer leur action. De plus, cette enquête publique pourrait contribuer à une prise de conscience collective sur ce qui doit être fait pour aider à la protection des victimes. Rappelons notamment les enquêtes des coroners Anne-Marie David, Gilles Perron et Jacques Bérubé, dans les années 90. « Un nouveau coroner en chef sera nommé sous peu, le Regroupement demande donc à madame Marois de lui confier comme premier mandat l’instauration d’une enquête du coroner sur ces cas d’homicides conjugaux », de conclure madame Villeneuve.

Mission du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 47 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour buts de sensibiliser à la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés ainsi que de représenter ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

Source : Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Nathalie Villeneuve, présidente

Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques



29 mai 2013

Une enquête du coroner est réclamée pour mettre au jour les obstacles à une protection des victimes

Montréal, le 29 mai 2013 – Plus de 200 intervenantes auprès des victimes de violence conjugale se sont rassemblées, ce midi, devant les bureaux de la première ministre, madame Pauline Marois. Provenant des quatre coins du Québec, ces travailleuses des maisons d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale ont réaffirmé haut et fort l’importance d’ordonner une enquête du coroner sur les circonstances du décès de sept femmes survenu peu de temps après qu’elles eurent fait appel aux policiers. Une enquête publique, indépendante et impartiale est requise afin de porter un regard neutre sur ces situations. Les recommandations qui en ressortiraient permettraient de renforcer les mesures concernant l’intervention policière prévues dans le 3e plan d’action gouvernemental en matière de violence conjugale et d’atteindre réellement les objectifs fixés.

 

Les freins doivent être identifiés

 

Il importe de mettre en lumière les obstacles qui auraient pu mener à la faute d’omission d’agir des différents services policiers. En effet, ces sept femmes décédées au cours des six dernières années, dont quatre en 15 mois, ne semblent pas avoir reçu la protection qui s’imposait dans leur situation, et cela, malgré le fait qu’elles aient demandé de l’aide à la police, comme leur recommandaient d’ailleurs de le faire les dernières campagnes gouvernementales contre la violence conjugale!

 

« Combien d’autres femmes, qui n’auraient pas fait les manchettes, ont pu être confrontées à cette même absence de protection? Il faut comprendre ce qui s’est passé, pourquoi on n’a pas répondu à leur appel au secours et, surtout, comment on pourrait éviter d’autres morts semblables », souligne Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Pour l’heure, il est impossible de répondre à ces questions puisqu’au meilleur des cas, lorsque des enquêtes ont eu lieu, elles se sont déroulées à huis clos, entre policiers. Ainsi, ni les citoyennes et citoyens, ni les spécialistes de la violence conjugale ne sont informés des changements qui s’en sont suivis, ou même, si de tels changements ont été effectués. 

 

Des lacunes qui semblent systémiques

 

Loin d’être anecdotique, l’omission d’agir semble systémique. Les lieux, les dates et les services de police varient, mais plusieurs membres du Regroupement des maisons ont signalé l’omission d’agir, ou encore, des interventions erratiques de la part de policiers. Il relève donc de la plus haute importance de comprendre pourquoi les politiques ministérielles et les directives qui en découlent sont trop souvent inappliquées. « Soyons claires, notre demande d’enquête du coroner n’a pas pour but de trouver des coupables, sur le plan individuel, mais plutôt de comprendre ce qui aurait pu être fait, sur le plan organisationnel, afin de prévenir d’autres décès, de sauver des vies. S’agit-il d’un manque de ressources pour que soit  appliquée la pratique policière recommandée, d’une banalisation de la violence conjugale, d’une place trop grande laissée au jugement discrétionnaire, d’un manque de formation, de difficultés à recueillir la preuve, de pressions autres? Pourquoi le gouvernement tarde-t-il à aller chercher cet éclairage indépendant? », questionne Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement.

 

Une enquête aux multiples bénéfices

 

Depuis plus de 10 ans, ni les coroners en chef ni les ministres de la Sécurité publique n’ont cru bon d’ordonner une enquête à la suite des nombreux décès liés à la violence conjugale. Pourtant, l’apport d’une instance extérieure est indispensable pour recueillir des témoignages, faire le point sur les manquements persistants et proposer des voies concrètes de solution aux lacunes constatées sur le terrain. Un autre gage de succès réside dans la mise en place de mécanismes de suivi rigoureux et régulier avec les groupes spécialisés en violence conjugale.

 

Qui plus est, la tenue d’une enquête spéciale du coroner permettrait d’informer les policiers et de trouver des façons d’améliorer leur action. De plus, cette enquête publique pourrait contribuer à une prise de conscience collective sur ce qui doit être fait pour aider à la protection des victimes. Rappelons notamment les enquêtes des coroners Anne-Marie David, Gilles Perron et Jacques Bérubé, dans les années 90. « Un nouveau coroner en chef sera nommé sous peu, le Regroupement demande donc à madame Marois de lui confier comme premier mandat l’instauration d’une enquête du coroner sur ces cas d’homicides conjugaux », de conclure madame Villeneuve.

 

 

Mission du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

 

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 47 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour buts de sensibiliser à la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés ainsi que de représenter ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

 

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Source : Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Nathalie Villeneuve, présidente

Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques

 

 

 



22 mai 2013

Protection d’une femme mexicaine – Le Canada se moque de l’ONU

MONTRÉAL, le 22 mai 2013 – « C’est d’une même voix que le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, la Fédération des femmes du Québec, le Comité d’aide aux réfugiés et la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes dénoncent le refus du Canada de donner suite à ses obligations sous la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CÉDEF) », affirme Louise Riendeau porte-parole du Regroupement.  Le 1er mars, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU adressait une lettre au gouvernement du Canada l’informant de sa décision d’ouvrir un dossier pour enquêter sur une plainte de madame Sandra Maria Gomez Olvera. La lettre demandait au gouvernement du Canada de ne pas renvoyer Mme Gomez Olvera au Mexique, et lui donnait jusqu’au 1er mai pour informer l’ONU des mesures prises pour se conformer à cette recommandation. Nous apprenions la semaine dernière, avec stupéfaction, que le Canada n’avait pas encore pris ces mesures, contrairement à sa pratique ces dernières années. « Est-ce que le gouvernement a décidé de ne plus se conformer à ses obligations en tant que signataire de la CÉDEF ? », se questionne Alexa Conradi, présidente de la FFQ.

Un retour vers la violence conjugale

Madame Gomez Olvera est au Canada depuis 2009. Sa situation a fait l’objet d’un Examen des risques avant renvoi (ERAR). Madame a pu expliquer qu’elle a fui son conjoint resté au Mexique, qui a été violent avec elle à plusieurs reprises. La dernière fois, début 2009, elle a été hospitalisée. Elle s’est plainte pour la troisième fois aux autorités, sans résultat. Elle a alors quitté le pays pour revenir au Canada. Après son départ, son ex-conjoint l’a recherchée chez des parents et amis, visitant sa mère deux fois, l’agressant physiquement la deuxième fois.

Durant l’audience, l’agent ERAR a proposé la possibilité d’un refuge interne à la capitale, Mexico Distrito Federal (DF), à quelque 100 km de la ville de Cuatla où vivait madame Gomez Olvera. Des soumissions et des documents ont été présentés pour établir que les autorités au DF ne protègent pas mieux les femmes que celles de Cuatla. Pourtant, on poursuivait dans la même lignée argumentant qu’elle pourrait s’adresser aux 16 centres pour femmes du DF, où l’on offre des conseils juridiques et psychologiques, ainsi que de l’aide à la réinsertion sociale.

La Cour fédérale a refusé de réviser cette décision et le renvoi était programmé le 27 février 2013, donc madame Gomez Olvera s’est plainte à l’ONU. L’intervention de l’ONU montre la gravité de la situation et les périls que risque madame Gomez Olvera si elle est déportée au Mexique, l’ONU n’accordant ce type de protection que de façon très restreinte. « Dans le cas qui nous intéresse, le Mexique est réputé pour ne pas offrir de protection efficace aux femmes violentées » souligne Louise Riendeau.

Le Mexique, vraiment pas un pays sûr… encore moins pour les femmes

En juillet 2012, le Comité sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (ONU) adressait ses observations au Mexique suite à l’étude du rapport périodique du pays relativement à ses engagements en regard de la CÉDEF, se prononçant ainsi.

«Le comité exprime sa profonde préoccupation au sujet du nombre élevé et croissant de femicides commis dans plusieurs états comme le Chiapas, Guanajuato, Jalisco, Nuevo León, Oaxaca, Puebla, l’état de Mexico, Veracruz, et Quintana Roo, ainsi que la Ville de Mexico et Cuidad Juarez.»

Nous sommes préoccupées par le refus apparent de la Cour et des fonctionnaires du gouvernement du Canada de reconnaitre le défaut du Mexique de protéger les femmes victimes de violence conjugale, et d’assumer les obligations qui lui incombent sous la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes (CÉDEF) et la Convention de Genève sur les Réfugiés.

Le 29 avril 2013, au lieu de répondre à la demande de l’ONU, le Gouvernement du Canada demande une extension d’un délai qui n’est pas expiré.

Nous demandons au Gouvernement du Canada de cesser d’utiliser des procédés fallacieux et de donner suite à la demande de l’ONU de ne pas déporter madame Gomez Olvera.

SOURCE : REGROUPEMENT DES MAISONS POUR FEMMES VICTIMES DE VIOLENCE CONJUGALE



14 mars 2013

Pour protéger la vie des femmes, des enquêtes indépendantes s’imposent

Montréal, le 14 mars 2013 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale demandera, cet après-midi, à la Commission des institutions de l’Assemblée nationale du Québec d’élargir le mandat du Bureau des enquêtes indépendantes qui sera créé par le projet de loi 12 actuellement à l’étude. « Le bureau des enquêtes indépendantes doit non seulement examiner les situations où des personnes ont été blessées ou tuées dans le cadre d’interventions policières, mais aussi les décès de femmes victimes de violence conjugale, mortes après avoir demandé en vain la protection de la police », de déclarer Nathalie Villeneuve, présidente du Regroupement.

Une faute par omission systémique

À l’automne, la Cour d’appel confirmait le jugement du tribunal de première instance et maintenait la responsabilité de la Ville de Laval pour la faute d’omission de service de police dans le cas du décès de Lucie Gélinas, en juin 2001. Elle avait alerté les policiers, mais son appel avait été jugé non fondé. Peu de temps après son ex-conjoint, Jocelyn Hotte, un policier de la GRC, la tuait et faisait trois blessés.

Depuis, l’histoire se répète et semble s’accélérer : juin 2007 à Sorel, août 2009 à Saint-Jean-de-Matha, octobre 2010 à Montréal-Nord, novembre 2011 à Longueuil, mars 2012 à Saint-Alexandre de Kamouraska, août 2012 à Rimouski, janvier 2013 à Montréal, des femmes et une enfant ont été tuées après qu’elles ou des proches aient demandé l’intervention de la police. « Parmi les femmes assassinées par leur conjoint ces dernières années, combien d’autres étaient connues des policiers? La question est légitime. En effet, dans les maisons, nous constatons trop souvent que des policiers tentent de dissuader des femmes victimes de violence conjugale de porter plainte », ajoute Madame Villeneuve.

Des enquêtes indépendantes s’imposent

Dans ces cas où la famille, les proches ou les médias ont dénoncé l’inaction des policiers, les services de police visés ont affirmé faire une enquête administrative. Mais ni la famille, ni des organismes comme le nôtre n’ont été informés des résultats. Comment croire alors que la police a modifié ses pratiques pour éviter d’autres pertes de vie. Le Regroupement souhaite donc qu’à l’avenir, dans tous les cas d’homicides conjugaux, on vérifie si la situation était connue du service de police et, dans l’affirmative, que le Bureau des enquêtes indépendantes fasse enquête.

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 47 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour but de sensibiliser à la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

Source : Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Nathalie Villeneuve, présidente

Pour information : Louise Riendeau, 514 220-1057 (cellulaire)

Pour consulter le mémoire : Mémoire PL12 final

 



14 mars 2013

Pourquoi les femmes qui vivent avec un conjoint violent refusent-elles de partir ?

Nathalie Villeneuve, la présidente du Regroupement, ainsi que Nathalie Gauthier, de la Maison Hina, ont participé le 13 mars à l’émission d’Isabelle Maréchal au 98,5 Fm. 

L’émission d’une heure avait pour thème : « Pourquoi les femmes qui vivent avec un conjoint violent refusent-elles de partir ? ».

Pour l’écouter: http://www.985fm.ca/audioplayer.php?mp3=167913

Bonne écoute !

 


 



20 février 2013

Registre québécois des armes

 

Les intervenantes en violence conjugale saluent le dépôt du projet de loi 20

Montréal, le 19 février 2013 – Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale salue l’initiative du ministre de la Sécurité publique, M. Stéphane Bergeron, qui a déposé aujourd’hui le projet de loi sur l’enregistrement des armes à feu.  «Le geste du ministre traduit le consensus qui réunit l’ensemble des partis politiques du Québec ainsi que sa société civile» affirme Louise Riendeau, coordonnatrice des dossiers politiques au Regroupement.

Le projet de loi permettra la mise sur pied rapide du registre québécois lorsque la Cour d’appel aura rendu son jugement et que les données sur les armes déjà enregistrées seront transmises au gouvernement du Québec.

 

Un outil indispensable pour les victimes

Le registre permet chaque jour aux policiers de moduler leurs interventions en tenant compte de la présence des armes, notamment dans des situations de violence conjugale.  Sachant à quoi s’attendre, les policiers peuvent mieux assurer la sécurité des victimes ainsi que la leur. De plus, le registre facilite grandement l’exécution des ordonnances de saisie des armes, généralement prononcées suite à la commission d’un crime en contexte conjugal. 

Les intervenantes des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, surtout en milieu rural, reçoivent chaque jour les confidences de femmes qui craignent que leur conjoint n’atteigne à leur vie ou à celle de leurs enfants en utilisant leur fusil de chasse.  Ces craintes sont fondées puisque près de 80% des homicides conjugaux par arme à feu sont commis avec une arme de chasse. Or, depuis l’adoption de mesures de contrôle des armes à feu, on a vu le nombre d’homicides conjugaux commis avec une arme décroître de 74%, alors que l’ensemble de ces homicides n’a diminué que de 44 %.  «Le registre concourt indéniablement à sauver des vies» souligne Louise Riendeau.

 

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale regroupe 47 maisons d’aide et d’hébergement réparties sur le territoire québécois. Il a pour but de sensibiliser à la violence conjugale, de défendre les droits des femmes et des enfants violentés, de représenter ses membres auprès des instances publiques et gouvernementales.

 

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